Culture

Galerie Olivier Rousseau : Attention peintures fraîches

Ouverte en septembre dernier, cette nouvelle galerie de la rue de la Scellerie apporte un vent de renouveau dans les arts plastiques en Touraine, en donnant notamment une place de choix à la peinture contemporaine dans une ville où on ne la voit guère. En proposant pour sa sixième exposition la première personnelle à Tours de Michel Saint-Lambert – un artiste local aussi rare que prolifique – Olivier Rousseau confirme son attachement aux paysages au sens large, aux jeux de matières et à la profondeur d’univers artistiques complexes et puissants. Rencontre.

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«Je n’ai rien contre l’art conceptuel ou les installations, mais ça ne me parle pas trop, c’est la peinture et l’art sacré qui me fascinent d’abord» nous raconte ce galeriste affable de 46 ans, orginaire de la Drôme. Pendant tout notre entretien, les grands formats habités de Michel Saint-Lambert nous entourent de leur chaleur et leurs personnages plus ou moins effacés semblent à l’écoute de nos mots.

Michel Saint-Lambert : un Tourangeau à découvrir

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Saint-Lambert n’est pas né de la dernière pluie, mais sur l’Ile de la Réunion il y a presque 60 ans et c’est d’ailleurs autour de cette notion d’insularité que se décline une partie des œuvres présentées dans «Islands» : de l’Ile de Gorée au Sénégal, saisissant témoignage de la traite négrière, à Houat au large du Golfe du Morbihan, où l’artiste travaille régulièrement, on voyage dans différentes histoires plus ou moins mystérieuses, d’une toile à l’autre. Des animaux pas toujours identifiables y côtoient des silhouettes et des visages dans des paysages oniriques et énigmatiques ; on trouve aussi des écritures, des signes et on pense pêle-mêle à différentes mythologies, à Lascaux, à des déserts baignés de lumière ; le noir et le rouge de certaines compositions évoque vaguement l’Espagne des corridas et du flamenco. Dans tous les cas, on suppute pas mal, on fantasme beaucoup, tout en se sentant le bienvenu dans les tableaux de Saint-Lambert qui, grâce à un accrochage compact et à une sélection pertinente, semblent se renvoyer indéfiniment la balle dans des dialogues murmurés qui nous happent et nous échappent.

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«Michel Saint-Lambert est un peintre instinctif, qui est plus dans le geste et l’approfondissement des matières que dans une démarche pensée et organisée. Il peint tous les jours depuis 40 ans, alors résumer ça en une douzaine de tableaux c’est forcément d’une incroyable densité» s’enthousiasme Olivier Rousseau, passionné par «ses» artistes (il en représente douze) et son nouveau métier.

Un «jeune» galeriste aux goûts déjà très sûrs

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C’est avec simplicité qu’Olivier Rousseau explique qu’il est venu sur le tard au commissariat d’exposition, ouvrant sa propre galerie à Tours en septembre 2014 après avoir créé comme collaborateur la Galerie du Lion à Orléans, spécialisée dans la photographie animalière. Il vient du monde de la communication et du marketing et assume sa reconversion tardive. «Je suis le travail de plusieurs artistes depuis des années dans la Drôme et il est évident que certaines rencontres ont fait naître en moi ce projet, petit à petit.»

Logique donc que l’on retrouve dans le «catalogue» de la galerie au moins deux artistes liées à cette région comme Noémie Adda, l’auteur des enivrants paysages vus dans la précédente exposition et qui nous habitent encore, ou Hélène Duclos. Mais on trouve aussi rue de la Scellerie de beaux spécimens d’une autre passion du maître des lieux : l’art sacré et notamment l’art sacré asiatique, avec des sculptures et des objets liés aux cultures himalayennes. «Le lien entre ces pièces et celles des artistes contemporains que je représente, c’est la profondeur ou la hauteur des œuvres, le fait qu’elles touchent au premier regard à la fois des choses enfouies en nous, comme des choses simples et tangibles.»

Côté artistes locaux, on aura à cœur de découvrir dans les mois et les années à venir le travail de la Sarthoise Corinne Héraud et celui de la Tourangelle Nathalie Bourdreux. Dans tous les cas, des voyages dont on ne revient jamais vraiment tout à fait.


 

Un degré en plus :

> Exposition du 5 juin au 11 juillet 2015, 48 rue de la Scellerie – Ouvert du mercredi au vendredi de 15h à 19h, le samedi de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 19h et sur rendez-vous.  www.olivier-rousseau.com

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