Culture

[EXCLU 37 degrés] The Drafts : le voilà, le printemps !

Traditionnellement repus jusqu’à la moëlle au retour du Printemps de Bourges, il nous faut toujours plusieurs jours – voire une bonne semaine – pour que nos oreilles retrouvent un semblant de virginité. Il aura donc fallu ce 3 titres (on hésite pour l’appellation EP, on penche pour le triple single) pour foutre cette routine en l’air : une écoute et une claque, direct. On y réentend l’excellente reprise anglaise du Mambo d’Ephèbe déjà repérée dans la petite collection de remixes et covers sortie en décembre, en point final bruyant de cette audacieuse trilogie. Et on découvre deux énormes morceaux, «Alternative facts» et «Stuck», petites bombes mêlant avec fougue rock brut à la White Stripes et new wave torturée à la Sisters of Mercy ou Siouxsie and the Banshees, même si Jules annonce des influences plus récentes.

DSC_7852(c) Laurent Geneix

Certes pas nés de la dernière pluie malgré leur relativement jeune âge (de 22 à 25 ans), The Drafts s’imposent néanmoins d’entrée de jeu comme l’un des groupes «à l’anglo-saxonne» les plus impressionnants de la scène locale, réponse ambitieuse aux déjà très talentueux LVOE. Nous les avons rencontrés la veille de la sortie de ces trois pépites qui arrivent à point nommé pour briser le froid polaire de cette fin avril et pour rappeler avec force que la politique c’est important, mais que la musique c’est pas mal non plus.

37 degrés : Qui êtes-vous tous les 4 ?

Lucas (batteur) : Je suis depuis 3 ans dans How Low, qui est mon premier projet musical vraiment abouti.

Jules (compositeur, chanteur, guitariste) : Je fais de la musique depuis l’âge de 14 ou 15 ans au collège, puis j’ai eu un groupe de rock avec Axel qui était à Paul-Louis Courier et moi à Balzac et à Descartes. On s’appelait The A et on faisait déjà un style assez proche de The Drafts, il y a donc une sorte de continuité aujourd’hui. Entre les deux il y a eu Peter Pitches, en gros entre 2012 et 2015. Au départ, Axel n’était pas là, il est arrivé fin 2016. Tout est allé très vite puisque 6 mois plus tard, voici notre premier EP et le premier concert arrive le 19 mai.

Axel (guitariste) : Mon principal projet c’est Ephèbe, mais je participe avec beaucoup d’envie à ce projet de mon vieux copain Jules. Il a une écriture très particulière et j’ai un rôle à jouer, je suis ses idées, d’une certaine manière cela me repose de mon autre projet dont l’atmosphère est vraiment très différente.

Cédric (bassiste) : J’ai pas mal de projets, je suis musicien professionnel, j’enseigne. J’ai notamment un projet musical personnel qui s’appelle Tiâa et qui va sortir bientôt. Ce qui me plaît dans The Drafts c’est que ça me permet de jouer une musique que j’adore, mais que je serais incapable de composer et que Jules fait super bien.

37 degrés : Comment travaillez-vous ensemble malgré les autres projets de chacun ?

Jules : Pour moi, c’est le seul projet, donc j’y suis à 100 %. J’envoie mes morceaux ou idées de morceaux aux autres, ils bossent un peu dessus puis on peaufine en répétition. C’est une musique simple, avec quasiment que des instruments et seulement quelques parties de synthé, pas de programmation sur ordinateur, sauf sur la batterie au départ. En gros, une fois que le morceau est calé, on n’a pas besoin de quinze répétitions pour le jouer sur scène. On se voit une fois par semaine en moyenne au Temps Machine et ça nous suffit.

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(c) Laurent Geneix

37 degrés : Alors la scène justement, vous l’appréhendez comment ?

Jules : Le plus simplement possible. On est tous habitués à jouer depuis des années et comme les compositions de The Drafts sont relativement simples, on peut jouer partout avec assez peu de matériel. On tient beaucoup à ce côté brut, on peut même faire passer la voix dans un ampli de guitare, ça ne pose aucun problème. On n’a qu’une date prévue pour l’instant, mais on devrait en trouver d’autres parce qu’on a envie de jouer et notre musique nous semble adaptée à des formats très simples, comme dans les bars par exemple.

37 degrés : Votre set est au point ?

Jules : Il reste deux morceaux à finaliser, mais oui on est quasiment prêts. On a une dizaine de titres pour une heure de set environ. Il y a pas mal de vieux morceaux que j’ai écrits il y a un moment, alors que les deux premiers morceaux de l’EP sont assez récents.

37 degrés : Comment tu en es venu à reprendre «Mambo» d’Ephèbe ?

Jules : Au départ c’est une idée d’Axel de faire reprendre ou remixer ce morceau par des groupes locaux et des potes. J’ai tout de suite trouvé que cette mélodie et cette structure pouvaient s’adapter au son de The Drafts et ce qui est bien c’est qu’Axel m’a vraiment laissé carte blanche dans mon interprétation de son morceau.

37 degrés : Pourquoi seulement trois titres alors que vous en avez une dizaine de prêts et d’autres encore en réserve ?

Jules : Il faut vivre avec son époque je pense. Souvent dans les stats sur internet quand tu publies un album ou un gros EP, il n’y a que 2 ou 3 morceaux qui sont vraiment très écoutés. Alors, autant n’en sortir que 2 ou 3 à la fois, du coup. Il y en aura d’autres, mais pareil : distillés au compte-gouttes, avec un mélange entre anciens et nouveaux titres. L’idée est de proposer des choses qui s’enchaînent bien et fonctionnement ensemble, dans un certain ordre. On a mûrement réfléchi cette tracklist pour ce 3-titres.

37 degrés : Y a-t-il une grosse différence entre les anciens titres que tu gardais au chaud depuis plusieurs années et tes compos de 2016 ou 2017 ?

Jules : Oui, c’est beaucoup plus sombre aujourd’hui et c’est sans doute pour ça qu’on a décidé de faire l’impasse sur les anciens morceaux pour l’instant, pour vraiment donner d’entrée de jeu le ton de The Drafts à ce moment précis dans cet EP. D’un autre côté je ne renie pas du tout les anciens morceaux et leur son a aussi évolué vers quelque chose de plus sombre, d’un peu moins sale aussi, et l’ensemble me paraît cohérent.

2018 EP Artwork

37 degrés : Vous avez enregistré avec qui ?

Jules : C’est moi qui ai tout mixé, j’ai l’habitude, je participais déjà beaucoup au son avec les Peter Pitches. Mais c’est surtout une question de moyen parce qu’aujourd’hui avec l’énergie qu’on a, ce serait génial de pouvoir passer en studio et de tout enregistrer en prise directe en même temps. On est prêt.

Propos recueillis à Tours le 27 avril 2017.

Un degré en plus

> Le Facebook de The Drafts

> Une seule date annoncée pour l’instant : le vendredi 19 mai au Pale, rue Colbert. Avec LVOE, hein : si t’aimes pas l’indé anglaise à guitare, tu resteras chez toi !

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