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Dominique Blain interroge notre rapport aux oeuvres d’art au CCC OD

Le centre d’art contemporain tourangeau présente une exposition de l’artiste québécoise Dominique Blain dans la Galerie Blanche. Cette dernière y interroge notre rapport aux œuvres d’art…

Comment et pourquoi préserve-t-on notre patrimoine artistique ? C’est la question qui se cache derrière l’exposition « Déplacements » de l’artiste Dominique Blain, actuellement visible dans la toujours grande et impressionnante Galerie Blanche du Centre de Création Contemporaine Olivier Debré.

En partant de clichés du livre Les monuments italiens et la guerre, publié par le journaliste et écrivain italien Ugo Ojetti en 1917, Dominique Blain s’est intéressée en effet aux efforts de la population pour protéger et sauver les œuvres d’arts en temps de conflit.

Dans ce livre, Ugo Ojetti publiait notamment des clichés montrant comment à Venise, les habitants ont cherché à protéger les œuvres des bombardements. Déplacements de tableaux, donnant l’air de processions, sarcophages en bois protégeant des édifices… l’artiste s’est replongée dans ces photos qu’elle reproduit en négatifs sur grands formats.

Des œuvres qui existent grâce à ces efforts toujours aujourd’hui, et dont l’artiste retranscrit donc une partie de leur histoire, pas la plus connue, mais pourtant essentielle. Au centre de la galerie on retrouve une grande caisse en bois, sur le modèle de celle ayant servi à protéger la peinture L’assomption de la Vierge, de Titien, que l’on peut voir aujourd’hui dans la basilique Santa Maria Gloriosa dei Frari, à Venise. Face à cette caisse, répond une des grandes photographies négatives, de ce déplacement.

Venise pendant la Première Guerre Mondiale, le Louvre à Paris pendant la Seconde Guerre Mondiale. Deux lieux, deux périodes mais le même procédé de sauvegardes que l’artiste retranscrit. De ses tableaux photographiques, il ressort une atmosphère étrange d’une période pour laquelle l’artiste se dit fascinée : « On peut s’interroger sur ce qui a poussé à protéger ces œuvres alors qu’au même moment des humains meurent sous les bombes » dit-elle. « Où sommes-nous prêts à aller pour sauver des œuvres et les transmettre aux générations futures ? » poursuit Dominique Blain qui explique les anecdotes et péripéties de ces voyages d’œuvres.

Cette dernière s’est attachée également à prolonger sa réflexion sur notre période contemporaine. Dans les coursives de la Galerie Blanche, on retrouve ainsi de la couleur avec un montage vidéo de photos d’embarcations de réfugiés sur la mer Méditerranée. Un assemblage subtil, comme un tableau, dont on comprend le sens que lorsque le vent simulé, soulève les images et que l’on découvre le drame humain qui se joue… Là encore, un parallèle entre art et temps de crises. Comme une certaine envie de passation et de transmission mémorielle… patrimoniale mais aussi et surtout humaine.

Un degré en plus :

> « Déplacements » de Dominique Blain, à voir jusqu’au 20 septembre 2020 au CCC OD.

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