Culture

Dog Guilty Party nous livrent un été bouillant

Lassé d’attendre, comme il le clame dans son tube «Waitin’», le quartet tourangeau a décidé que cette année, le 21 juin ce sera le 18 juin, date de la sortie de l’EP «Freak out tonight». Sorte de Saturday Night Fever revu et corrigé à la sauce «electro-pop-rock», la musique de Dog Guilty Party (DGP) a pris un virage radical depuis «I shot you» et se retrouve direct sur le dancefloor le plus endiablé.

Interview & écoute track by track.

CSC_3957Pierre (chant, guitariste) ( à droite sur la photo) / Kiefer (basse) (à gauche sur la photo) /
Clément (claviers, machines) / Damien (batterie, samples)

37 degrés : En décembre 2014, on avait terminé notre critique de votre précédent clip «I shot you» par la phrase «Faudra qu’ils nous expliquent ce nom, un jour»… Alors, voilà, c’est à vous.

Dog Guilty Party : On a pris les initiales des trois membres fondateurs, Damien, Guillaume et Pierre, et chacun a choisi un mot, d’où le fait que ça ne veut rien dire. Aujourd’hui l’un des membres a quitté le groupe, mais on a gardé ça quand même, parce qu’on s’y est habitués et attachés. On avait quinze ans quand on a trouvé ça, le groupe a six ans d’existence.

37 degrés : Vous étiez plus rock sur le premier EP, alors qu’avec ce nouvel EP, on vous retrouve quelque part entre Friendly Fires, Concrete Knives, The Juveniles et The Shoes. Comment expliquez-vous ce virage ?

Dog Guilty Party : Déjà le line-up a changé, ce qui bouscule toujours les choses dans un groupe. Clément qui jouait de la guitare et du synthé s’est mis à jouer de plus en plus de synthé, puis il est arrivé avec un deuxième synthé, puis s’est mis à travailler sur différentes machines, ça prenait de plus en plus de place dans la voiture, jusqu’au jour où il nous a déclaré qu’il ne jouerait plus de guitare.

37 degrés : C’est de sa faute, en fait ?

Dog Guilty Party : C’est grâce à lui, plutôt ! C’est le coupable et le sauveur. Je pense qu’on aurait peut-être tourné en rond en restant dans le style précédent. On s’est laissé porter par ce changement. Deux membres ont de grosses influences rock (fans de Pearl Jam, des Red Hot Chili Peppers, de Pink Floyd, des Stereophonics) et à l’inverse les deux autres écoutent beaucoup d’électro. Mais bon Pierre écoute aussi beaucoup de rap US… Le seul groupe sur lequel on est tous les quatre d’accord, c’est The Arctic Monkeys.

37 degrés : Avec Weshokids/Nude et Peter Pitches, vous faites partie de la très jeune scène tourangelle, mais du coup dans un style très différent. Ce sont des artistes que vous connaissez ?

Dog Guilty Party : On ne connaît pas Weshokids, mais on connaît très bien les Peter Pitches, on a dû démarrer nos groupes à peu près en même temps et on a partagé pas mal de scènes. Parmi nos autres groupes préférés sur Tours, on peut citer Chill Bump et Divine Paiste, un groupe très sous-estimé à notre avis (on est d’accord ! – ndr).

37 degrés : Vous êtes assez liés à Tous en Scène, vous répétez actuellement au Temps Machine, pourtant vous êtes beaucoup plus visibles à Orléans ou à Blois qu’à Tours. Pourquoi ?

Dog Guilty Party : C’est un peu un hasard. On a rencontré Hassan Merghani de la Maison de Bégon à Blois et il nous a tout de suite super bien accueillis. Du coup on a joué plusieurs dates là-bas. On a tenté les différents dispositifs sur Tours, mais on n’a pas été retenus. Mais on a évolué, ce nouvel EP est plus abouti, le projet est plus cohérent. On retentera notre chance l’année prochaine. Cet été on fait pas mal de dates à Tours, donc ça peut aussi commencer à décoller par ici.

37 degrés : En 2014, Sapiens Sapiens avaient signé le tube local de l’année avec «Enjoy», vous signez celui de l’été 2015 avec «Waitin’». Pensez-vous que le public tourangeau s’apercevra un jour qu’il a ses tubes de l’été sur place ?

Dog Guilty Party : C’est difficile d’être diffusé localement, c’est un long travail. C’est sûr qu’un morceau comme «Waitin’» s’il est écouté par beaucoup de monde, a toutes les chances de marcher, on a voulu quelque chose d’immédiat, de facile à retenir, à fredonner. On va passer beaucoup de temps à promouvoir cet EP parce qu’il nous tient à cœur, on pense qu’il mérite vraiment d’être défendu bec et ongles. On est super fiers de ce qu’on a fait.

37 degrés : On va pouvoir vous voir sur scène prochainement. A quoi ressemble votre set ?

Dog Guilty Party : Le virage qu’on vient de prendre correspond à nos envies de scène. On veut s’amuser et on veut que le public s’amuse aussi. On assume le fait de chercher à composer des chansons «efficaces» et côté scénographie, on travaille sur quelque chose qui dépasse le simple concert habituel. On a aussi des reprises, notamment «Hot stuff» de Donna Summer, il y a un totem, on se déguise un peu aussi. Bref : il faut venir nous voir pour se rendre compte.

Le Track by track de l’EP «Freak out tonight»

image-0001(6)Ecrit et composé par Dog Guilty Party
Produit par PMG Productions
Enregistré au Studio Hélix (Luynes) & à la maison
Mixé au Studio Pôle Nord (Blois)
Masterisé au Studio Globe Audio (Bordeaux)
  1. If you want me to

«C’est LE morceau de la transition. L’année dernière quand on le jouait en concert au milieu de tous les anciens morceaux, on sentait qu’il annonçait autre chose. Les gens nous disaient qu’ils aimaient particulièrement ce morceau. Il était logique qu’il ouvre cet EP.»

  1. Waitin’

«L’ambiance sur le tournage du clip est à l’image du morceau : assez délirante. On a tourné en un après-midi, le réalisateur PMG Productions, qui est aussi notre producteur musical, avait une idée un peu folle et on est allés au bout, avec ce résultat très sympa.»

On leur souhaite que ce «Waitin’» soit leur «Happy» ou leur «Get lucky». Il en a l’étoffe. Déjà plus de 1000 vues en quelques jours sur YouTube… Si vous l’aimez, partagez-le avec vos amis du monde entier : il pourrait devenir le premier gros tube tourangeau !

  1. So Many Lies

«ça phase un peu au début, mais après ça repart assez électro encore. Il y a même du rap. Pierre est un grand amateur de rap US, il s’en sert pour travailler son accent, sa voix, son phrasé. Après avoir écrit les paroles, il y avait un passage assez long et il a eu l’idée de le rapper plutôt que de le chanter. Tout ça s’est fait très naturellement.»

  1. Let’s groove (tonight)

Encore un bel exemple que Dog Guilty Party est un groupe «à voix», avec celle très pure et entraînante de Pierre, une tessiture dont la douceur peut parfois faire penser à Bernard Summer de New Order, et qui joue un rôle crucial dans la force des compositions du groupe.

«Pierre peut chanter des choses plus mélancoliques, plus «songwriting», mais sa voix se prête aussi très bien à notre nouveau son, à des choses dansantes. Cet équilibre voix/instruments est très important pour nous.»

  1. Zombie night forever

Le voilà ce final flamboyant et son titre à l’humour potache, clin d’œil appuyé à «Thriller», justement très funky/disco 80s dans le son et plutôt new wave dans le chant : un cocktail mortel, aéré à souhait, qui clot un EP qu’on passera «on repeat» sans se lasser pendant les longues soirées d’été. Pas celles chez Mémé, hein.


Deux degrés en plus :

> Les prochaines dates de Dog Guilty Party : le 20 juin à La Riche à 20h, le 21 juin Place des Joulins à 23h, le 12 juillet à Terres du Son (Village, gratuit), le 7 août à la guinguette de Tours-sur-Loire

> Les titres d’EP auxquels vous avez échappé : «Oh my dog!» ou «Saint-Bernard». Mais les 4 lascars n’ont pas dit leur dernier mot 😉

Print Friendly, PDF & Email