CultureReportage-Culture

Dans les coulisses de l’Espace Malraux

Samedi 26 et dimanche 27 janvier 2019, l’Espace Malraux de Joué-lès-Tours revêtira ses habits de lumière, à l’occasion de ses 30 ans. Au programme, un samedi soir festif avec notamment le concert de Martha High (la soirée affiche complet), mais aussi un dimanche familial avec des spectacles jeunes publics ou encore des visites guidées dans les entrailles de l’espace culturel jocondien.

PM2_7905
Les signatures d’artistes passés par l’Espace Malraux, sur les plafonds de la cafétéria

Quand on entre dans le complexe, le premier regard s’arrête forcément sur le hall d’entrée, son sol en marbre de carrare et ses volumes imposants. Un hall dans lequel depuis plusieurs années, le public peut profiter du début de soirée grâce aux avant-scènes programmées, ou en se restaurant à la cafétéria aux murs et plafonds remplis de signatures d’artistes passés par la salle jocondienne depuis 30 ans. Et ils sont nombreux comme le rappelle le poster anniversaire affiché dans ce même hall. 30 ans d’une histoire riche, où la salle jocondienne a réussi à se frayer une place de choix dans le monde de l’événementiel et de la culture en Touraine.

Pensé par la municipalité de Raymond Lory, dans les années 80, l’Espace Malraux c’est à la fois l’idée d’une salle municipale, d’un complexe culturel, mais aussi d’un mini centre des congrès. Un projet ambitieux dès le départ avec une architecture audacieuse qui a finalement plutôt bien vieilli.

En se baladant dans les dédales de couloirs et d’escaliers, on se rend compte en effet que l’Espace Malraux a très peu vieilli en 30 ans et reste très moderne pour son âge. « Les investissements ont été faits au fur et à mesure » explique Laurent Brétéché, le directeur technique du site depuis 15 ans avant de préciser en nous montrant les cintres qui servent à monter et descendre les décors sur scène : « Certaines pièces sont encore d’origine, un signe de la qualité conçue alors ».

Scène à l’origine pensée  pour le théâtre et les musiques classiques et baroques, l’auditorium est le symbole de l’évolution connue en 30 ans. S’il est aujourd’hui sonorisé pour les musiques amplifiées, ce n’était pas le cas au départ, ce qui explique les murs latéraux conçus pour optiliser la diffusion du son acoustique. « De la scène jusqu’en haut de la salle, il y a deux secondes de réverbe » explique Laurent Brétéché. Entre les deux, 40 mètres de distance. Pas étonnant dès lors que la régie a finalement été descendue au milieu des gradins, alors qu’à l’origine elle se trouvait en fond de salle en hauteur. Et si la vue était imprenable, « ce n’était pas idéal pour les régisseurs au niveau du son » explique notre guide.

Laurent Brétéché

Question hauteur, Malraux est bien servi également. L’auditorium a ainsi des dimensions impressionnantes à commencer par sa hauteur qui culmine à 17,50 mètres sous plafond. Question scène, le plateau n’est pas en reste avec une ouverture de 18 mètres (26 mètres de mur à mur) et une profondeur de 15 mètres. Un plateau autour duquel se dissimulent tous les éléments techniques nécessaires. Et point de vue matériel, le stock de celui-ci se révèle également important, la politique de la maison étant de privilégier l’investissement en équipements plutôt que de recourir à de la location. De quoi être opérationnel sans problème sur tous types de spectacles, nous explique-t-on.

L'auditorium vu de la scène
L'auditorium vu de la scène
L'auditorium vu de l'ancienne cabine régie et la nouvelle régie au milieu des gradins.
L'auditorium vu de l'ancienne cabine régie et la nouvelle régie au milieu des gradins.

Des éléments techniques qui ont également leurs petites histoires à l’instar de ce monte-charge à l’arrière de la scène, créé spécialement pour pouvoir faire descendre et ranger le piano à queue grand concert de 2,75m. « Ce n’était pas prévu au départ » explique Laurent Brétéché, tout en nous montrant l’accès à l’arrière plateau, là où le matériel est déchargé (ou chargé c’est selon), directement au niveau de la scène. Un signe là encore qui montre que cet Espace Malraux a été bien pensé dès le départ.

Vue plongeante sur la salle, à partir des coursives sous plafond.
Vue plongeante sur la salle, à partir des coursives sous plafond.
Vue plongeante sur la salle, à partir des coursives sous plafond.
Vue plongeante sur la salle, à partir des coursives sous plafond.

Ce piano grand concert, on le retrouve désormais stocké au sous-sol, à l’endroit de la fosse orchestre. Si celle-ci ne sert plus aujourd’hui et a été transformée en avant-scène, elle rappelle là encore l’origine classique et baroque qu’avait l’Espace Malraux. Finalement, au fil de son histoire, Malraux s’est mué en espace polyvalent et en a fait une force, un de ses principaux atouts même. « S’il fallait résumer l’Espace Malraux, je dirai que c’est un lieu de convergence » explique ainsi son directeur actuel Sébastien Garcia.

« Je tiens à saluer toute l’équipe de l’Espace Malraux. C’est une équipe très investie et professionnelle, une équipe qui aime ce lieu, c’est le secret de la réussite de l’Espace Malraux »

Sébastien Garcia, directeur de l’Espace Malraux

PM2_8007
La salle Plisson en configuration repas.

Une polyvalence rendue possible grâce aux différents espaces présents. Outre l’auditorium, Malraux possède plusieurs salles entièrement modulables, à commencer par la salle Plisson qui accueille notamment la majorité des spectacles jeune public, des expos ou encore des séminaires… Une salle qui peut passer d’une jauge de 250 places pour un spectacle en un simple prolongement du hall, en passant par une salle de conférences. « C’est la salle la plus modulable et aussi la plus utilisée » explique Laurent Brétéché. Le jour de notre visite, de multiples tables rondes sont de sorties dans le hall et la salle Plisson en vue d’accueillir un repas des anciens de la commune, avec 600 couverts. Ce week-end, le visage des lieux sera tout autre. C’est aussi ça l’Espace Malraux.

Crédits photos : Pascal Montagne pour 37°

Print Friendly, PDF & Email