Culture

Clip de la semaine, EP de la semaine, «Happy» de la semaine !

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux talentueux et nous en extirpons un clip rien que pour vous.

Cette semaine nous brisons la règle (les règles sont faites pour être brisées, un peu comme les œufs, hein) et nous couplons ce clip avec un EP.

«Happy» de Haxis et «Happy ep» de Haxis

Sex and gun and Rubik’s Cube

Maintenant que les Films du Loup Blanc sont au CAC40 et qu’on a raflé toutes les actions, vous allez bouffer de leurs clips toutes les semaines. Après Kundal la semaine dernière, voici donc Haxis, un ancien artiste solo très électro devenu groupe avec des vrais instruments et tout et tout. Il y a même du chant.

Bon parlons d’abord de ce clip : ambiance diner amérloque années 50 avec une belle nana qui danse en deux-pièces sur les tables (effet radical indémodable) où l’on retrouve des têtes masquées, ce qui semble être devenu une maladie locale (Caïman Philippines, Janski Beeeats, Sapiens Sapiens…). Le truc commence soft et se termine en gros bordel avec des morts sans sang, des chorégraphies endiablées et un début de sexe dans les toilettes. Bref : Macdo en mieux.

«Happy» donc, mais de quoi, on ne sait pas trop au final. Côté son c’est sans ambiguité par contre : on est sur ce titre assez proche des Sapiens Sapiens avec une basse omniprésente et rondelette, mais avec des gros riffs de guitares très «indé» qui rappellent les lointaines origines du rock-électro, période Primal Scream ou Happy Mondays, fin eighties, début nineties. Dansant mais un peu dirty, genre musical secondaire que dans un grand moment d’égarement comique on pourrait baptiser «sale de danse». Mais non.

La dame à l’intérieur

visuelHaxis

Après l’EP «The Inner fight» que même notre chaîne stéréo n’a pas réussi à passer jusqu’au bout (pourtant on dit que sur scène c’était vachement bien), voici donc l’EP «Happy» (appréciez l’allitération) qui place enfin Haxis dans la «course» des groupes locaux à voir sur scène en 2015.

Ces cinq titres très différents nous présentent une entrée alléchante dans un monde intéressant («Happy», «The Lady Inside», «Le Château», «Hope» et «Ride»: rien que le mélange des titres intrigue), oscillant entre danse et mélancolie, entre mélodies pures et mille-feuilles sonore parfois bruyant, vieux sons de synthé sortis de derrière les fagots (on pense parfois à Front 242 ou The Shamen). «Hope», sommet de ce disque, démarre grand piano pour virer très 80s, tendance Dead or Alive/OMD, ce dont on ne peut pas vraiment se plaindre. «Ride» pourrait être signé Sapiens Sapiens, le côté guitaresque et boîte à rythmes primaire en plus. Quant au remix de Depeche Mode en morceau caché, il a toute sa place.

Le parcours de Sylvain Bigot a démarré dans le rock et le funk-rock («Un genre que je trouvais trop limité» nous confie-t-il), est passé par une électro dark et hermétique(«inclassable» d’après ses proches) – bande-son tortueuse et torturée d’une période très compliquée de sa vie – et le voilà engagé dans une aventure ambitieuse avec l’ingénieur du son/guitariste/bassiste Cyril Peltier (Keen Studio), Francis Lambert de Twilight Motion aux programmations des machines, la voix de la comédienne/metteur en scène Nathalie Manguy et celle du hurleur métalleux Lud’O Nardo qui s’est assagi pour l’occasion. Une troupe improbable aux rôles souvent inattendus et un résultat qui fonctionne, avec un Sylvain Bigot qui, parti dans l’ambiance, donne aussi de la voix sur deux titres.

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Un show complet

«Chacun de nos morceaux raconte une histoire. La dimension scénographique fait partie intégrante du projet», insiste un Sylvain ravi de pouvoir jouer de nuit à la prochaine Fête de la Musique à Tours, les projections apportant un plus aux compositions. Machines, basse, batterie, claviers et guitares seront au rendez-vous de ce nouveau set qui promet d’être musclé.

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Pour tout vous dire, nous avons pu assister au showcase organisé à Arcades Institute à l’occasion de la sortie de cet EP et cela nous a donné que plus envie de les voir sur une grosse scène. La présence d’autres musiciens permet à Sylvain d’être moins complexé derrière ses machines et de s’ouvrir un peu plus au public grâce à l’appui de ses compères. Sans perdre le côté électro du projet de départ, le set est vitaminé par les « vrais » instruments et les voix. Bref Haxis s’humanise et cela fait du bien.

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Encore quelques semaines à patienter avant de découvrir ce qui pourrait être l’une des révélations locales de cette année.

Un degré en plus

> Acheter l’EP directement sur le Bandcamp de Haxis

> Acheter le vrai CD (celui qui se touche) à l’Instant Ciné, rue Bernard-Palissy à Tours

> Première date prévue : le 21 juin 2015 Place Plumereau vers 23h

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