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[Cinéma] Regards #17 Spécial Nuit des Studio : Trainspotting et Haut les cœurs

Aujourd’hui une chronique Regards « spéciale nuit des Studios« , avec un focus sur deux des films qui seront retransmis à partir de 16h ce samedi aux cinémas Studio.

Haut les cœurs ! (Drame français, belge, sorti en 1999)

De Solveig Anspach

Avec Karin Viard et Laurent Lucas

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Emma est enceinte de son compagnon, Simon. Son bonheur s’écroule à l’annonce de son cancer (du sein). Alors commence un double combat qu’elle est résignée à gagner : mener sa grossesse à terme et suivre les traitements lourds nécessaires à sa guérison.

Sur un sujet casse-gueule que l’on pourrait attendre au tournant, ce film sublime est une démonstration de la solidité incommensurable de l’amour, au-delà du cadre de la maladie et de la gestation. La force qui unit ce couple (pourtant tout en pudeur et en recul), formé à l’écran par Laurent Lucas et Karin Viard, éclate d’espérance et démontre que tout se tente, que tout se peut.

Le sujet peut donc être entendu sans les uniques dimensions cancéreuse et utérine. Non pas que celles-ci soient secondaires, bien entendu, mais aucun pathos ne se positionne, là, dans un climat lacrymal rébarbatif.

Femme merveilleuse, accompagnée par son mari tendre et bienveillant, Emma mène son combat et réussit à nous transmettre la joie, sûrement à l’image sincère façonnée par Solveig Anspach. La réalisatrice a offert à Karin Viard le rôle qui l’a propulsée dans sa carrière au cinéma. Celle-ci a d’ailleurs obtenu le César de la meilleure actrice pour son interprétation grave, émouvante et magnifique. Interprétation qui est à l’image de l’actrice, à la personnalité solide, positive, drôle et sensible, capable d’endosser la détresse et la révolte avec un naturel désarmant.

Ce film, qui distille toutes les caractéristiques mentales que la maladie jalonne, nous empoigne par son espérance, au cœur de son combat qu’il porte haut, si haut qu’il nous donne un réel vertige, et ce, sans aucun apitoiement.


Trainspotting (dramepolicier britannique)

Sorti en 1999

De Danny Boyle

Avec Ewan McGregorEwen BremnerJonny Lee Miller 

Interdit aux moins de 16 ans

trainspotting

Mark Renton est un junkie entouré d’une bande de potes délinquants losers psychopathes et voleurs. Tout ce qu’il souhaite, c’est se débarrasser d’eux.

Sur un ton tragi-comique déjanté, on retrouve l’équipe écossaise du film « Petits meurtres entres amis » dans une soupe autant si ce n’est plus jouissive, avoisinant certains petits délires Tarantino-esques.

Par le réalisateur génialement moderne Danny Boyle (aux commandes, ses plus récents Slumdog millionnaire ou 127 heures), ce bijou taré reprend des codes visuels et tourbillonnants kaléidoscopiques chers au réalisateur.

Sa machine Trainspotting est celle qui est partie la plus en vrille dans sa filmo. Car, si chacune de ses réalisations met en scène centralisée le psychisme d’un véritable héros, ici, son personnage principal (incarné par Ewan McGregor) est juste dark, paumé, cinglé, camé et ridicule. C’est donc un ovni-Boyle à ne rater sous aucun prétexte !

Trainspotting, c’est un peu comme secouer dans un shaker humour plouc, drame, effets spéciaux renversants, onirisme et noirceur. Mais aussi, sympathie. C’est un film pour un large public, contrairement au « méchant pervers » Orange mécanique de Stanley Kubrick, qui revient souvent, bizarrement, en comparaison. Toujours est-il que visionner Trainspotting c’est s’adonner à 1h33 de gros délire jubilatoire qui font le plus grand bien.

Un degré en plus : A voir aussi la critique vidéo de Dead Will sur Trainspotting :

33 ème Nuit des Studio. Samedi 10 juin 2017 (de 18h à l’aube). Village d’associations pour les pauses gourmandes

Programmation : 15 films répartis sur les 7 salles des cinémas. 5 films au choix. Tarifs : 15€ pour les abonnés / 20€ pour les non-abonnés

2 rue des Ursulines, 37000 TOURS / www.studiocine.com

 

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