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[Cinéma] Regards #11 Les figures de l’ombre

Dans Regards, retrouvez l’avis de Stéphanie Joye sur quelques films à l’affiche dans les cinémas tourangeaux. Histoire de vous donner envie, à votre tour, d’aller passer un moment dans les salles obscures.

Les figures de l’ombre (Biopic américain)

De Theodore Melfi

D’après l’oeuvre de Margot Lee Shetterly

Avec Taraji P. HensonOctavia SpencerJanelle Monáe, Kevin Costner, Kirsten Dunst, Mahershala Ali, Jim Parsons.

Le film a eu trois nominations aux Oscars 2017.

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Reposant sur des faits réels, mené de facture classique mais captivant de bout en bout, « Les figures de l’ombre » est une aventure qui rétablit de façon exemplaire la justice oubliée dans l’Histoire, en portant enfin à l’écran l’immersion dynamique dans le travail de femmes noires afro-américaines, hors du commun. Des femmes fortes, fières et combatives qui ont œuvrées avec excellence pour le compte de la Nasa, pour que les États-Unis puissent prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn.

Ingénieure, mathématicienne/physicienne ou superviseuse, trois d’entre ces femmes, brillantes, sont suivies en particulier dans leur quotidien bureautique d’une implication sans répit, ainsi que dans leur vie personnelle familiale, fortement liée à leurs conditions de réussite. La légèreté de leurs présences grandes copines tout sourires, toute quiétude, admirable, la mise en exergue de ces cerveaux de la révolution scientifique : c’est très sobrement que Theodore Melfi met en scène ses charmantes comédiennes, sans sexisme outrancier, mais pour autant imposantes et efficacement mises à l’honneur.

Les heurts face à la ségrégation intime et professionnelle, les conditions inacceptables mettent en avant la pénalisation inhumaine à laquelle nous assistons à mesure que les calculs analytiques avancent. Les années 60 étaient bien au cœur de la différence, envers les afro-américains, des femmes afro-américaines de surcroît. Au moment des élections du Président JFK, ces différences raciales ont particulièrement touché l’état de La Virginie, fait récemment dénoncé par Jeff Nichols dans « Loving ». Autre référence filmique sur le racisme, « Moonlight », primé meilleur film aux oscars, a déjà fait jouer les fabuleux interprètes Janelle Monáe et Mahershala Ali (meilleur second rôle masculin), couple parental de substitution du petit Chiron.

On a aussi le plaisir de retrouver Kevin Costner, sobrement intéressant dans la peau du grand chef des opérations de lancements de fusées en orbite, en compétition avec les russes, les premiers gagnants.

Dans une cadence bien rythmée, cette aventure universelle est fort intéressante à suivre, notamment grâce aux dialogues efficaces et aux interprètes charismatiques. Irradiant, exaltant, fascinant, « Les figures de l’ombre » est un long-métrage important, à voir dans une douce tranquillité instructive.

Un film à l’affiche dans les cinémas CGR de l’agglomération (toutes les informations utiles sur leur site internet).

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