Culture

CCC OD : Lee Ufan explore les sens

Après la jeune garde norvégienne, la galerie noire du CCC OD opère un virage à 180° avec l’accueil de Lee Ufan, artiste coréen de 81 ans réputé à travers le monde.

IMG_4186Lee Ufan (c) Mathieu Giua

La modularité est certainement l’atout majeur de la Galerie Noire du Centre de Création Contemporaine Olivier Debré. Dans cette galerie, on retrouve en effet l’esprit de l’ancien CCC avec ses parois mouvantes, permettant aux artistes de s’exprimer au mieux et de s’approprier les lieux. Lee Ufan s’y est employé pour son exposition « Pressentiment ». L’artiste coréen s’est en effet imprégné des lieux, les visitant pendant les travaux, pour donner vie au parcours qu’il propose aujourd’hui. Un « cheminement » nous explique-t-il, qui part d’un couloir en clair-obscur et qui nous dirige vers six salles plus ou moins plongées dans l’obscurité la plus totale.

Avec Lee Ufan, l’art devient affaire de sentiments et de sens surtout. « Ce n’est pas une exposition qui est basée sur la connaissance de l’art. Il suffit de prendre son temps et une certaine distance pour vivre l’expérience » précise l’artiste qui joue avec les espaces pour mieux aiguiser les sens du visiteur. Lee Ufan propose ici un cheminement introspectif : Plongé dans le noir, il faut alors laisser le temps au corps, à l’oreille, aux yeux, de s’habituer pour se laisser porter par la démarche artistique et vivre l’expérience corporelle et sensorielle proposée.

002 leeufan_cccod(c) CCC OD

Il y a une part assumée de travail sur la méditation chez Lee Ufan. Une recherche de sérénité qui se ressent jusque dans les matériaux choisis. Ici les éléments sont naturels, terre, eau, pierres, cailloux… et l’on comprend que tout ceci renvoie à une certaine volonté de reconnexion de l’être humain avec la nature, perçue comme noble et apaisante, qui l’entoure.

« Il faut se laisser guider par ses instincts, c’est ce que j’essaye de faire avec ce genre de travail autour de la mémoire reptilienne » nous explique-t-il lors de notre tête à tête. Pour percevoir les éléments, les déterminer et sentir leur bienfaisance, le visiteur devra donc accepter d’être patient et se laisser porter par la douceur de l’obscurité qui gagnera ses sens un à un. En obligeant le visiteur à prendre son temps pour dépasser le stade des pressentiments, Lee Ufan prend le contre-pied d’une époque où tout va de plus en plus vite.

Un degré en plus :

> « Pressentiment » de Lee Ufan,  jusqu’au 12 novembre au CCCOD. lundi de 14 h à 19 h ; du mardi au dimanche de 11 h 30 à 18 h, nocturne jeudi jusqu’à 20 h. Tarifs : 6 € et 3 € (réduit).

Un conseil : privilégiez un moment de faible affluence pour pouvoir vous retrouver seul (ou quasiment) dans la galerie noire, l’expérience n’en sera que plus appréciable.

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