Culture

«Besoin d’un renouveau brutal» le premier vrai EP de Minou

 Minou s’installe.

On aura rarement patienté aussi longtemps qu’avant la sortie du vrai premier disque de Minou. Il faut remonter à plusieurs années – soit à la fin de The Surgeries en 2012 – le premier groupe de ce couple de pigeons voyageurs (Blois, Tours, Issoudun, Paris), pour se souvenir des premiers morceaux et concerts de Minou, le duo de French Pop le plus excitant depuis Peter et Sloane (oui, oui Peter & Sloane), Elli & Jacno et Garou & Céline Dion (non, là, on déconne vraiment). Ces 6 titres sont un flamboyant condensé de leur belle histoire, de leur sinueux parcours et, accessoirement, six tubes inusables et totalement imparables.

MiNOU 2 Credit Pierre et Florent

On se souvient de Sabine et Pierre se baladant tranquillement dans le village du Printemps de Bourges 2014, quelques heures après un concert parfait sur la scène SFR Jeunes Talents. Déjà il y a un an, la force tranquille du félidé, entre délicatesse séduisante et sauvagerie retenue, capable d’enchaîner sans coup férir le ronronnement d’une balade pop lumineuse et un coup de patte soudain sous forme d’une basse rageuse ou d’un riff de guitare qui fait plutôt pencher Minou du côté de La Femme que de Granville.

Voilà la chose sur disque, capturée avec un son impeccable, sans doute un peu plus sale et bruyant qu’attendu, ce dont on ne peut que se réjouir (en remuant la queue, bien entendu). Sexy, hors-mode et terriblement addictif, le duo d’AOC Touraine et désormais parisien franchit haut-la-main l’exercice difficile de la première mise en boîte et met la barre très haut pour une suite qu’on va dès ce mercredi 13 mai 2015 commencer à dévorer sans modération sur scène lors de la soirée Aloha au Temps Machine.

MINOU_FRONT .eps  

«Besoin d’un renouveau brutal» Track by track

  1. Montreal

Fait partie de ces morceaux qu’on a trop entendus mais qui restent frais comme au premier jour. Et puis Minou n’est pas encore si connu, donc pour des millions d’auditeurs potentiels, «Montreal» reste un inédit. L’accroche-cœur idéal pour avoir envie d’en enfiler un deuxième sans hésiter. Intro à la New Order qui vire Depeche Mode période Personal Jesus / Enjoy the Silence, puis 100 % Minou au final.

  1. Hélicoptères

La suite du voyage au royaume des synthés en tout genre. L’entremêlement des voix de Pierre et Sabine prend ici une dimension presque polyphonique, une symphonie puissante aérée par des breaks d’une délicieuse légèreté. «On était beau, c’était hier» : pas de souci, vous êtes toujours aussi beaux 😉

  1. Pense à moi

Cheveux au vent, musique à fond dans la voiture, coup d’accélérateur : les clichés ont la dent dure et la sécurité routière va maudire cette bombe artisanale de grande ampleur. Aussi efficace sur le dancefloor de n’importe quelle soirée qui démarre/se termine/menace de se terminer/commence à foirer/ne démarre toujours pas (rayer la mention inutile). On n’a jamais rien entendu d’aussi frais et entêtant depuis «Voila les anges» de Gamine en 1988.

  1. Stenkors

De loin le plus «variété française» de l’EP, ce morceau montre l’étendue du talent de Minou qui peuvent à peu près tout faire, à commencer par digérer avec panache et insolence 35 ans de chanson : de Noir Désir à Alain Chamfort, de Louise Attaque à Taxi Girl, d’Olivia Ruiz à Marc Lavoine, ce «Stenkors» est une grande leçon de musique qui devrait faire date.

  1. Grand Bain

On aurait bien apprécié un petit quart d’heure américain après la suée des quatre premiers morceaux, mais cette jolie ballade est un tantinet rapide pour jouer de la cuisse et rouler des pelles. D’ailleurs, les guitares électriques s’invitent à la fête après 2 minutes 30 et finissent de booster l’ensemble qui évoque Autour de Lucie, Baden Baden ou Diabologum. Une pause aquatique bien agréable qui annonce la mer du morceau final.

  1. Un hiver à Juneau

Bouclons la boucle et voici ce qui manquait à la panoplie de cet EP : les nappes de synthé qui tuent (sublimées par le groupe Soyuz dans un immense remix qu’on vous met ci-dessous en écoute en bonus) et une sublime ligne de basse. Encore une mélodie entêtante qui émoustille la bonne humeur et ferait dodeliner de la tête un bûcheron des Appalaches. Un mur de guitare final très noisy pop qui vient clôturer une petite demi-heure de bonheur absolu.

Le remix par Soyuz :


 

Un degré en plus

> Minou à la soirée Aloha au Temps Machine le mercredi 13 mai 2015 à partir de 19 heures, 5 euros les 4 groupes en prévente, 7 euros dans le pire des cas, soit 1,75 euro le groupe et à peine 20 centimes le morceau. Pas mieux.

Crédits photos : Pierre & Florent

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