Culture

Aucard, jour 1 : The Shoes mettent la barre très haut.

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Hier soir à la Gloriette, il a fallu attendre que nos carrosses se transforment en citrouille (entendez «que le dernier tram soit passé») pour assister à un flamboyant concert du duo rémois, en quintet cette fois-ci. Les Tourangeaux ont eu droit à la toute première date du nouveau set d’un «groupe» au parcours déroutant, producteurs inspirés de Woodkid et de Yuksek d’un côté, et auteurs d’un seul album (mais quel album !) en 8 ans d’existence.

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A celles et ceux qui pourraient croire que The Shoes est un énième «groupe d’électro», on conseille vivement l’écoute de «Crack my bones», qui date de 2011 et dont la fraîcheur a déjà influencé un bon paquet de groupes, pour certains largement aussi connus que The Shoes aujourd’hui. Nous les avions découverts sur une petite scène du Printemps de Bourges en 2011 et ils nous avaient confiés à l’époque «détester» le terme d’électro, justement.

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Basée sur une section rythmique dévastatrice constituée d’une basse massive et de deux percussionnistes pas venus pour sourire aux photographes (autrefois derrière eux au milieu du fond de la scène, désormais de chaque côté au premier plan), la musique de The Shoes a mûri et a pris du corps, les quatre musiciens ciselant à l’infini une unique matière première : les mêmes rares et indéboulonnables compositions de… The Shoes. A noter une version troublante de «People Movin’» avec une guitare et une basse retravaillées façon The Cure (période Disintegration), sur un rythme infernal, et toujours une place de choix accordée à un chant sensible et souvent haut perché. Des arrangements subtils qui ne tombent dans tous les cas jamais dans la facilité et une présence scénique sobre et finalement beaucoup plus rock’n’roll qu’électro, hein.

Jessica93

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Un peu plus tôt dans la soirée, on découvrait un grand gars poilu seul sur scène. L’attente était forte en raison de magnifiques réalisations studio («Who Cares» en 2013 et «Rise» en 2014) et malgré un nom à coucher dehors (d’ailleurs on dit Jessica Neuf Trois, ou bien ?). Celui que JD Beauvallet des Inrocks qualifie avec une certaine outrecuidance de «one man débande», n’a pas forcément le physique de l’emploi, enfin pas de près en tout cas, car de loin on dirait Kevin Shields, hein, ça le fait quand même. De près, avec sa bonne tête de pote de lycée et son survêt Adidas, on l’imagine plus œuvrer dans un groupe festif qui fait taper le public dans ses mains que dans l’abyssale sombritude (oui, oui, sombritude) où son set nous a entraîné hier soir.

Même s’il n’arrive jamais vraiment à la cheville de My Bloody Valentine ou des Boo Radleys, Jessica93 propose tout de même un pont de haut vol entre le début des 80s et le début des 90s, sorte de croisement entre cold wave et shoegazing, entre gothique et noisy pop, mariage parfois tourmenté entre Siouxsie and the Banshees et Ride, entre The Cure (période Pornography) et Slowdive ou encore entre Bauhaus et Sonic Youth. Même si la formule one man band ne nous a pas convaincus, faute de boule de cristal on a regardé dans notre boule de poil blanc volée au bar du chapiteau, et on prédit à ce petit gars un avenir immense, une fois qu’il aura trouvé des musiciens, fait des choix musicaux plus affirmés et jeté son survêt Adidas.

Hollie Cook

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Voilà le groupe qui aura enflammé cette première soirée. Un vrai groupe avec des synthés et des guitares dedans, une chanteuse au milieu et tout et tout. Entre dub, reggae et pop, Hollie Cook communique la bonne humeur tout en n’inventant rien de spécial (pas mal de morceaux ont une troublante ressemblance avec le premier album de Morcheeba, sorti quand Hollie avait 10 ans, ou encore avec le chef d’œuvre inconnu de Baby Fox, «A normal family»). Efficace, donc, mais pas transcendant.

Ultra Panda

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Seul groupe local de la soirée, Ultra Panda a ouvert le bal, mais on n’en a vu que 15 minutes en raison d’une grosse queue à l’entrée du site (qu’on nous conseille fréquemment d’appeler «file d’attente» afin d’éviter toute blague graveleuse). Le peu qu’on en a vu nous a donné sacrément envie de les revoir plus longuement pour mieux en parler. A suivre, donc.

Goule

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Sur les deux autres groupes, on n’a rien à dire en fait, et comme le disait mon arrière grand-mère, «quand on n’a rien à dire, on fermer sa goule», on ferme notre goule, donc.

Smalla

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On a bien aimé aussi les Dj sets du petit chapiteau de la Smalla et leurs légendaires crêpes kefta chèvre qui nous ont permis de faire fuir notre rédacteur en chef tirophobe et de passer la soirée peinards.

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