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A La Laverie de La Riche, une exposition sur le confinement

Souvent dedans, parfois dehors. Pour beaucoup, le confinement du printemps 2020 a été l’occasion de revenir à l’essentiel mais nécessitait aussi de trouver de quoi s’occuper. Certains ont appris à faire de l’aquarelle, d’autres cuisinaient… Pendant 55 longues journées les rues étaient désertes, rares étaient les boutiques ouvertes. C’est dans cette atmosphère de calme, de vide, mais aussi de solitude que nous plonge l’exposition dehors-dedans.

Située à deux pas de la place Sainte Anne dans une petite ruelle d’un calme similaire à celui du confinement, « La Laverie, Lieu de Cultures » a un style très industriel. Dès l’entrée, le ton est donné : ici, on aime le design, la photographie, l’architecture et ça se sent.

« Je voyais les publications d’Alain Le Bacquer. Chaque jour, il postait des photos de scènes inédites de Paris, où il était confiné seul. Je me suis dit qu’il fallait en faire quelque chose » explique Laurence Lefèvre, directrice artistique du lieu, en détaillant la genèse du projet.

De là est venue l’idée de faire cette exposition en croisant les regards et l’imagination des photographes Alain Le Bacquer, Frederik Froument et Guillaume Le Baube. Alors qu’une file d’attente chez le boucher, une femme qui fume à la fenêtre ou une famille allongée sur son canapé sembles être des images banales, elles prennent tout leur sens dans cet espace de 300 mètres carrés.

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Le lieu est séparé en trois alcôves. Avec comme fil conducteur l’absence, le vide, l’étrangeté de la situation, chaque photographe raconte son histoire, sa vision de ce confinement. Une trentaine des 55 publications d’Alain Le Bacquer sont affichées sur le mur. On peut y lire ses humeurs, y voir ses différentes photographies. Les scènes sont inédites, comme celle où une personne âgée, écouteur à l’oreille et jogging, fait son heure de marche quotidienne devant un mur tagué. « Confiance » est-il marqué, ce photographe indépendant depuis 1995 laisse libre court à l’interprétation. De l’autre côté du grand panneau OSB, Frederik Froument expose des Mémoires domestiques prises avant le confinement mais dont le calme fait écho à la période traversée récemment. Un noir et blanc apaisant et saisissant.

« Pour cette série, nous avons travaillé sur un editing avec des fenêtres et des murs pour coller le thème de l’exposition » explique Laurence Lefèvre.

Des fenêtres, il y en a également découpées dans les panneaux de telle sorte que le visiteur peut apercevoir les œuvres du photographe suivant. On notera la mise en scène qui joue avec les regards d’une photographie de Frederik Froument. Ces yeux d’enfants nous emmènent vers une autre photographie qui, elle, est signée Guillaume Le Baube. Disposée en diptyque ou imprimées sur du papier peint, les photographies s’enchaînent dans une mise en scène qui se veut éphémère, comme le confinement.

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La troisième série est complémentaire et termine l’exposition. Avec ses photographies de rues de Tours, Guillaume Le Baube nous plonge dans le vide et l’absence d’interaction humaine. Mention spéciale pour l’instant capturé d’un homme marchant seul Rue de Bordeaux, regardé par le rhinocéros.

L’exposition a le mérite de mettre à l’honneur des photographes tourangeaux alors que la situation sanitaire est instable. L’entrée est gratuite mais pour soutenir l’association, vous pourrez repartir avec une carte postale de l’un des photographes ou le catalogue de l’exposition moyennant 12 euros. Le lieu ouvrira ses portes tout le week-end à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine.

Infos pratiques : Situé 9 rue du port à La Riche, La Laverie, Lieu de Cultures est ouverte le mercredi, jeudi, vendredi de 12h à 20h et les week-end sur demande. L’exposition est à voir jusqu’au 29 octobre 2020. 

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