Culture

#37×18, la Touraine au Printemps de Bourges, jour 4

Puisqu’une partie de la population tourangelle s’exporte quelques jours en terre berrichonne, on s’est dit qu’on allait se transformer en grands reporters et nous voici hors de nos contrées, accueillis par le soleil, en quête d’expats temporaires, de frites maison et accessoirement de musique.

Ce qu’on retient du QUATRIEME jour, en images.

1.    La solitude du vendeur de bière ambulant devant un W encore tout mou, à 21h, un soir de pluie. Le lobby de la Kro (bah, quoi, vous rigolez, mais ça existe, hein #theorieducomplot) ayant depuis des lustres mis son grappin sur le Printemps de Bourges, pas moyen de boire de la bière par ici. Nous ne devons notre salut depuis quatre jours qu’au comptoir du 22, seul bar de festival au Monde où tu peux boire du Menetou-Salon, du Sancerre rouge et du Pouilly-Fumé. Respect éternel.

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2.    Après la mode persistante des cons à smartphones qui te gâchent la vue tout en se gâchant leur concert, voici la tendance Minions gonflables (et gonflants) comme ici par exemple au concert de La Femme, inventant une nouvelle version du vieux concept théâtral de «visibilité réduite». La grande question étant de savoir qui sont les plus à blâmer : les organisateurs qui autorisent les spectateurs à rentrer au concert avec ces merdouilles ou les abrutis qui trouvent ça bien de les acheter dans ce genre de circonstance ? En tout cas pour 2017, c’est sûr, on investit dans une sarbacane.

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3.    TOKEN au 22 : harangue pressée.

C’était la sensation du soir, au milieu une sélection hip hop pas franchement bandante après écoute pré-festivalière. Tuyautés par la bande de Béton (voir interviews du premier jour), nous voilà emportés par ce tourbillon verbal posé sur des instru magnifiques (on pense un peu aux Quakers, mais en plus mélancolique). TOKEN communique autant qu’il communie avec son public, livrant un morceau entier en passant d’un spectateur à l’autre dans la salle. Ce jeune américain de 18 ans, originaire de la côte Est, a tout d’un grand. Aucard ferait bien de l’attraper au vol et de nous le programmer vite fait avant que sa cote grimpe dangereusement.

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4.    Se couper en deux, en quatre, en douze. Ou pas. On a décidé de revenir entiers en terres tourangelles ce dimanche, donc on a fait des impasses douloureuses, comme le concert des seuls demi-Tourangeaux sélectionnés aux Inouïs cette année, The Noisy Freaks. On se contente de l’affiche mouillée, chopée au vol entre Token et Bloc Party.

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5.    Même si on finira par Birdy Nam Nam et que ça reste tout à fait correct, le concert de The Shoes sonne comme l’apothéose de ce Printemps de Bourges 2016. Quatre ans après les avoir découverts (et adorés) ici devant 200 personnes au 22, puis assurant comme des bêtes à Aucard l’année dernière, les voici sur la scène du Palais d’Auron, déjà vieux fauves tranquilles et classieux, mélangeant quelques titres de leurs deux premiers albums et s’offrant une reprise de «A forest» de The Cure aussi naturelle que s’ils en étaient les modestes auteurs. Ces mecs dégagent décidément une coolitude innée, d’un genre nouveau, et pourraient se contenter de tourner toute leur vie avec ce répertoire parfait d’où ne dépasse d’une courte tête qu’un «Drifted» monumental, écho sublime au déjà vingtenaire «Clubbed to death» de Rob Dougan. Si on avait un humour à la con, on écrirait bien que The Shoes sont vraiment devenus une grosse pointure de la scène française, mais bon, on va se retenir. A voir en tout cas à Terres du Son en juillet prochain.

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Crédit photos : laurent geneix

Un degré en plus

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