Culture

#37×18, la Touraine au Printemps de Bourges, jour 2

Puisqu’une partie de la population tourangelle s’exporte quelques jours en terre berrichonne, on s’est dit qu’on allait se transformer en grands reporters et nous voici hors de nos contrées, accueillis par le soleil (et le froid piquant du climat pré-montagnard du Berry), en quête d’expats temporaires, de frites maison et, accessoirement, de musique Made in Touraine (mais aussi d’ailleurs : on n’est pas des chiens).

Ce qu’on retient du deuxième jour, en mots et en images.

1. Jeudi 20 avril, dès l’aube à l’heure où blanchit l’herbe des jardins publics. Et le deuxième jour, Dieu créa… le fromage ! Pour le plus grand bonheur de notre rédacteur en chef. A Bourges, un certain nombre de commerçants ronchonnent, voire baissent le rideau pour ne pas avoir à subir jeunes et punks à chien (une espèce en notable voie d’extinction, en tout cas d’après ce qu’on a vu dans les rues de la ville, à moins qu’ils soient parqués dans des camps en périphérie, encerclés par des CRS ?). D’autres commerçants s’emparent du sujet, parfois avec humour.

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2. Démarrage beaucoup plus compliqué que la veille, ce qui laisse augurer une fin de festival sous la couette et la fin prématurée de ce grand reportage de l’extrême. Un petit tour par la Fnac vers 14h pour apercevoir Laura Cahen en showcase, puis nous voilà dans la faune toujours très homogène de l’espace Pro qui a innové côté contrôle cette année : il faut biper un badge qui fait apparaître ta tronche sur un écran. On pensait avoir un peu de répit et ne pas croiser de Tourangeau pendant plus de 15 minutes d’affilée, mais pas de bol : voici Vincent Maïda du Temps Machine et Pauline Ruby de Terres du Son qui se battent avec une armée de vigiles pour pouvoir entrer (combat dont ils sortiront vainqueurs les doigts dans le nez) et dix mètres plus loin on tombe sur un homme sandwich qui dissimule maladroitement un corps nu derrière de grandes affiches d’Aucard de Tours. Avant que la police des mœurs ne l’embarque pour atteinte à la pudeur, nous immortalisons Enzo Petillault.

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  1. 16h : Jean-Sébastien is Back, aka Janski Beeeats, propose avec l’asso orléanaise Labomedia dans le sous-sol du Carré d’Auron une performance électronique musicale et interactive avec des samples, des loops et des icônes en tout genre qui se baladent sur les visages des spectateurs. Un anti gueule de bois tout à fait efficace. Il remet ça aujourd’hui vendredi jusqu’à 18h environ et jusqu’à dimanche il y a aussi une super expo d’instruments numériques créés par des artisans luthiers de la région. Etonnant.

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4. Retour à la niche pour une pause café gratos avec deux journalistes tourangeaux – Sébastien & Julien – qui viennent d’arriver en voiture après plusieurs heures de route et un petit restau routier pas sympa. A voir tout ce grouillement culturel, l’idée – assez géniale il faut bien le dire – me vient de créer une appli qui serait une sorte de «Tinder politique» qui te permettrait de savoir à tout moment pour qui votent les gens qui t’entourent ! Ouais ! «Il y aurait des meurtres» me refroidit Julien alors que je m’apprêtais à déposer un dossier de candidature à Mame pour y installer ma start-up.

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  1. Comme avec Bachar Mar Khalifé l’année dernière, voici venu le moment du concert intimiste qui tue à l’Auditorium, dans l’obscurité et un calme à des kilomètres de l’ambiance tout autour. Cette année, le blues romantique de Cameron Avery nous chatouille la colonne vertébrale (on pense à Spain, aux Red House Painters et un peu à Jeff Buckley) et nous fascine à tel point qu’on en oublie de prendre des photos. A suivre, les sublimes Timber Timbre, portés par cet inclassable crooner surfant sur une musique imprévisible et raffinée à l’extrême, à la curiosité jamais rassasiée, évoquant notamment Brian Ferry, XTC ou Bowie. Un grand moment qui bouscule les repères musicaux comme rarement. Là pas de photos non plus, mais c’est parce que c’est interdit. Pas de regret, donc. Du coup, voici une image de ce qu’il y a juste en face de l’Auditorium, ce qu’on voit des loges. C’est joli, aussi.

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  1. Notre chasse aux affiches tourangelles se limite aujourd’hui à Ropoporose. Pour pallier cette maigre récolte, ce superbe T-shirt «Merci qui ? Merci Jaquie & Michel !» qui flottait au vent. Comme notre cerveau dubitatif d’ailleurs. Depuis, ce slogan nous hante et on se demande bien qui achètera la chose et le profond message qu’il/elle voudra véhiculer en le portant…

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7. D’humeur résolument mainstream et attirés par un bain de foule, on décide de passer la soirée dans un W blindé (soit environ 8.000 personnes) pour voir des groupes connus que tout le monde aime ou presque. Alors ça commence par une chanteuse pas super connue, mais qu’on aime beaucoup : la nancéenne Laura Cahen qui affrontera seule avec sa guitare un public venu principalement voir autre chose (dont une partie n’hésitera pas à discuter tranquille et bien fort pendant tout le set). Magnifique acte de bravoure avec au final beaucoup d’émotion et sans doute pas mal de nouveaux convaincus. Après un set de Boulevard des Airs qui nous en touche une sans faire bouger l’autre, Vianney s’en sort plutôt bien grâce un bon son, un charisme et une présence scénique impressionnants, à défaut de textes et de mélodies vraiment convaincantes. Jain enfin est nettement montée en puissance depuis sa tournée 2016, mais même si on l’aime toujours autant, on se dit que c’est dommage qu’elle ait été programmée deux ans de suite sur la même scène.

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  1. Voilà, ça c’est cadeau : deux photos d’ambiance de fin de soirée au Printemps de Bourges. Bonne nuit les petits !

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Un degré en plus

> A demain pour de nouvelles aventures !

> Et n’oubliez pas les mini-interviews des Tourangeaux au Printemps de Bourges :

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