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Une rentrée comme aucune autre

Ce mardi matin c’est la rentrée scolaire et avec elle, la rentrée tout court. Si les sourires seront de mises pour les enfants retrouvant leurs copines et copains ou pour les adultes qui n’auront pas encore repris (celles et ceux ayant profité du mois d’août jusqu’au bout), cette rentrée s’annonce beaucoup moins joviale que les précédentes (et même si on est bien d’accord qu’aucune rentrée n’est vraiment joviale).

Pour les parents, le stress a déjà débuté : comment vont être accueillis les enfants ? Comment cela va se passer en classe ? Et la cantine ? Et le périscolaire ? Autant de questions que la publication du nouveau protocole de l’Etat le 26 août dernier n’aura pas apaisé. En le regardant de près, on remarque un assouplissement réel des contraintes sanitaires qui prévalaient en juin dernier. Le credo est désormais d’accueillir tous les élèves. Une bonne chose dirons-nous. Oui mais alors que depuis début août le spectre d’une deuxième vague épidémique avec des messages de vigilance envoyés à la pelle par les autorités a refait surface, beaucoup s’interrogent sur cette rentrée, et à juste titre.

Car le « la » de cette crise sanitaire depuis début mars est brouillé avec des signaux envoyés se contredisant régulièrement. Mi-mai, beaucoup de nos concitoyens ont eu un sentiment de liberté retrouvée après deux mois de confinement. Les premiers jours et premières semaines ont été prudentes dans l’ensemble, puis le retour à une vie normale s’est fait progressivement non sans un certain relâchement des gestes barrières. C’est ainsi et c’est humain, nous avons tous tendance à zapper vite les choses, à regarder devant non sans une certaine insouciance. Là encore, les messages envoyés par les autorités y ont contribué, incitant les Françaises et les Français à profiter de l’été dans l’Hexagone, afin de soutenir l’économie nationale en profitant de ce que la France a de plus beau à offrir : ses régions diverses et variées, la beauté de ses paysages… Le tourisme estival a été en partie sauvé et avec lui une partie de l’économie, par ailleurs toussotante et laissant craindre une période à venir moribonde sur fonds de récession et de crise sociale annoncée.

Tout comme le confinement nous paraissait loin début juillet quand beaucoup ont cru à une épidémie désormais derrière nous, cette insouciance estivale, cette parenthèse dont nous sommes beaucoup à avoir profité avec un besoin moral certain, est désormais bien lointaine.

Nul ne peut prédire ce qui va se passer dans les prochaines semaines et prochains mois, mais l’inquiétude est présente, d’un point de vue économique, social, mais aussi général à travers les activités dites de loisirs, mais essentiels à l’équilibre du quotidien. Les associations qu’elles soient culturelles ou sportives craignent légitimement une baisse des activités et des effectifs liées aux contraintes actuelles et avec elles une grande fragilité menaçant pour beaucoup leur survie.

Dans ce contexte morose avouons-le, finalement revoir les enfants sourire sur le chemin de l’école à l’idée de retrouver leurs copines et copains est une petite parenthèse joyeuse salutaire. Bonne rentrée.

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