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Un confinement qui passe (parfois) mal…

Depuis vendredi dernier, le nouveau confinement décidé par le Président de la République, Emmanuel Macron, a entraîné son lot de critiques. En cause notamment la question de l’ouverture des commerces…

En annonçant un nouveau confinement mercredi dernier, lors de son allocution, Emmanuel Macron, s’attendait certainement à ce que cette annonce passe moins facilement que lors de l’annonce du premier en mars dernier. Tout au long de son discours, on a d’ailleurs senti que le Président de la République cherchait à être pédagogue, répondant à demi-mots aux critiques passées et à venir quant à la solution retenue par son gouvernement et lui-même pour tenter d’enrayer la deuxième vague du Covid-19.

Si aux mêmes maux, Emmanuel Macron a choisi le même remède (comme plusieurs pays en Europe) il a néanmoins dosé différemment les choses. Ce confinement automnal n’est en effet pas vraiment comparable avec le précédent quant tout le pays avait été quasiment mis à l’arrêt. Cette fois, l’Exécutif a cherché une solution moins brutale, essayant de préserver une partie de l’économie, grandement fragilisée par cette année 2020. Pas d’enfermement à domicile donc, le mot d’ordre est de continuer à travailler de manière alternative, via le télétravail, dès que c’est possible. Les usines continuent à tourner, les employés de bureau à travailler de chez eux, les écoles restent ouvertes… En revanche, les secteurs des loisirs, festifs, sportifs ou culturels sont désormais prohibés et les commerces, lieux de brassage de la population, fortement réduits à la notion d’essentiels.

Commerces « essentiels » et « non essentiels » : une terminologie mal trouvée

Depuis vendredi c’est autour de cette notion d’« essentiel » ou de « non essentiel » que la polémique s’est formée. Evidemment, chacun pourra juger de ce qui l’est à ses yeux ou non et c’est bien là le problème. Ce terme mal choisi crée la confusion, d’autant plus que contrairement au printemps, la liste des commerces autorisés à ouvrir a été élargie. Et en accordant ces largesses, le gouvernement a finalement créé tout un tas de registres d’exceptions, qui brouillent le message souhaité et contribue au sentiment d’injustice et d’inégalités pour ceux condamnés à fermer de nouveau leurs portes.

La gronde est partie des libraires, furieux de voir que des grandes enseignes nationales pouvaient continuer de leur côté à vendre des livres. Un premier exemple doublé de celui des petits commerces indépendants, confrontés à la même problématiques face aux grandes surfaces.

Des commerçants indépendants déjà échaudés par une année difficile et qui se sentent aujourd’hui lésés par le fait d’avoir jusque-là respectés toutes les règles en investissant dans des protections, en veillant aux règles de distanciation… et qui malgré cela sont contraints de fermer en cette période de fin d’année, d’ordinaire l’une des plus importantes et qui était fortement attendue pour espérer sauver l’année.

Des commerçants qui ont trouvé donc des relais et soutiens, à commencer par les consommateurs mais aussi les élus locaux, dont certains maires ayant symboliquement pris des arrêtés les autorisant à rouvrir, et qui bien que n’ayant pas de valeur face au décret d’Etat ont permis de médiatiser cette problématique. Il parait néanmoins difficilement probable que l’Etat fasse marche arrière, l’intervention du Premier ministre Jean Castex sur la fermeture des « rayons non essentiels » dans les grandes surfaces, ce dimanche l’a prouvé.

Une question de santé publique avant tout

Tout ce débat occulterait presque la raison de ce nouveau confinement : l’important rebond de l’épidémie et la nécessité de la freiner. Au-delà des polémiques et débats sur le risque encouru dans tel ou tel endroit, rappelons que l’objectif du confinement est avant tout de faire en sorte de limiter les déplacements pour éviter la diffusion du virus. Laisser ouvrir plus de commerces serait donc complètement paradoxal et tendrait à faire de la norme une exception qui n’aurait plus de sens.

D’autant plus que les personnels hospitaliers tirent de leur côté déjà la sonnette d’alarme, avec la crainte de voir la situation devenir incontrôlable, alors même que sur l’ensemble du pays le pourcentage de lits de réanimation occupés par des malades du Covid atteint les 70% selon les derniers chiffres de l’ARS bien que le pic de l’épidémie n’est attendu que d’ici une quinzaine de jours…

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