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Tranquillité publique : « Plus on agit tôt, plus on a de chances de résoudre les conflits de manière apaisée »

Philippe Geiger, adjoint à la tranquillité publique

Depuis le 3 juillet 2020, Philippe Geiger est adjoint à la sécurité. Pardon, à la tranquillité publique, le nouvel intitulé officiel de cette délégation forcément attendue. Trois mois-et-demi après sa prise de fonction on fait le point sur le travail de cette éminence grise du parti Europe Ecologie les Verts en Touraine, qui se sait forcément observé sur ces questions autour de la sécurité et/ou tranquillité où la gauche a longtemps souffert d’un déficit de crédibilité.

Ne dîtes pas à Philippe Geiger qu’il a en charge la sécurité de la ville de Tours. L’adjoint tient en effet à l’intitulé de sa délégation : « tranquillité publique et police de proximité ». Plus qu’une question sémantique pour l’élu qui définit sa mission par le fait de « pacifier les relations entre les habitants dans l’espace public. »

La modernisation de la police municipale

Parmi les outils dont dispose l’adjoint pour mener à bien ses missions il y a en premier lieu la police municipale sur laquelle il exerce son autorité. Un service équipé aujourd’hui de 97 policiers en tenue précise l’adjoint, dont « 94 sur le terrain. » Pendant la campagne, la liste « Pour Demain, Tours 2020 » s’était fixé comme objectif d’arriver à un effectif de 110 à l’issue du mandat. Simple sur le papier, moins dans la réalité. Déjà l’ancienne majorité du précédent mandat s’était confrontée aux problèmes de recrutement. Celle actuelle n’y échappe pas. « Il y a une forte concurrence entre les villes » analyse Philippe Geiger, qui espère malgré tout arriver à 100 policiers en tenue en 2021.

Pour réussir à attirer de nouveaux agents, Philippe Geiger entend également agir sur le fonctionnement du service en lui-même. « A mon arrivée j’ai trouvé une police municipale bien structurée et bien équipée, mais qu’il faut moderniser je pense et aussi clarifier ses missions. »

Pour l’élu de la ville de Tours, la Police Municipale n’a pas vocation à être « un supplétif de la Police Nationale », c’est-à-dire agir sur des missions identiques. Au contraire, pour Philippe Geiger, la Police Municipale doit être l’échelon de proximité. Pour cela, l’élu croit aux missions d’îlotage, essentielles à ses yeux et aux outils préventifs. « Plus on agit tôt, plus on a de chances de résoudre les conflits de manière apaisée. »

La police municipale doit donc marquer plus sa présence sur le territoire pour notre interlocuteur, mais aussi répondre plus efficacement aux citoyens. Pour améliorer ces relations, l’adjoint prévoit dès le mois de décembre, de déployer un bureau mobile de la police municipale sur différents marchés de la ville (Coty, Velpeau, Halles, Saint-Paul) afin de répondre aux questions, renseigner, mais aussi saisir pourquoi pas saisir des signalements.

Autre objectif annoncé : rendre le standard téléphonique de la police municipale plus fluide, afin que ceux qui appellent aient des réponses systématiques, ce qui n’est pas forcément le cas aujourd’hui.

Une modernisation des actions municipales qui va même s’étendre au volet répressif, avec par exemple l’installation dans les prochains mois de la vidéo-verbalisation pour les stationnements gênants. Concrètement, les voitures mal stationnées pourront être repérées par les caméras de vidéo-surveillance, traitées au sein du Centre de Supervision Urbaine, et sanctionnées. Un dispositif qui s’appliquera là où les caméras de la ville sont donc installées. Un délai (certainement de 10 minutes) sera toléré, à l’issue duquel les plaques d’immatriculation des voitures seront prélevées et les propriétaires des véhicules concernés, sanctionnés d’une amende.

Lire notre article sur la vidéo-verbalisation sur Info Tours pour en savoir plus

Répondre aux préoccupations des habitants

Autant de projets qui doivent permettre de répondre aux préoccupations des habitants explique Philippe Geiger. Dans l’ensemble, ce dernier juge que Tours n’est pas une ville avec de gros problèmes d’insécurité, même s’il reconnaît certains points chauds.

Un de ces points qui risque de remonter régulièrement sur son bureau, c’est celui du Vieux-Tours et la problématique du bruit régulièrement dénoncé par des riverains. « Pour pacifier l’ambiance il faut diversifier les activités, mais c’est une mission à long terme » explique-t-il, tout en évoquant sur le court-terme le fait d’être « le plus pro-actifs possible avec des passages de policiers municipaux de façon régulière. »

L’autre point chaud souvent cité, c’est celui de la tranquillité dans les quartiers populaires où l’adjoint évoque des « soucis à différents niveaux ». « Souvent ce sont surtout des questions liées au bruit du fait des regroupements sous les fenêtres. Avec de la discussion et des lieux alternatifs, on arrive à trouver des solutions » analyse-t-il en évoquant pour exemple « des animations mises en place par l’Etat cet été au Sanitas qui ont bien marché. »

Là encore, le credo de l’adjoint est l’anticipation des problèmes. Pas toujours évident néanmoins comme sur les questions de trafic. Sur ce point, la Rotonde est souvent ciblée en point noir. « Il n’y a pas de solution miracle mais nous réussissons à avoir du mieux grâce aux passages réguliers de la police mais le risque est de déplacer le problème. De plus cela relève plus du ressort de l’Etat que de la ville. Je pense cependant que c’est la collaboration avec les habitants qui permettra d’améliorer les choses. »

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