Tram de Tours : les interminables débats sur la deuxième ligne

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Plus de 4 ans après avoir été validée par les élus métropolitains, la deuxième ligne de tramway n’en finit pas de faire parler… Prochain épisode ce lundi soir au Conseil Métropolitain.

Vendredi 18 février, le maire de Tours Emmanuel Denis a clairement dit qu’il s’opposait désormais au passage du tram B Boulevard Béranger pour rejoindre La Riche, et ce après avoir lu les dernières études sur les racines des arbres. Selon lui le chantier est trop risqué pour la survie des platanes, et il préfère les préserver plutôt que d’engager de lourds travaux à cet endroit, même pour une ligne de transport public censée faire fortement baisser la circulation automobile et la pollution.

Cette prise de position est l’énième rebondissement d’un dossier qui agite le milieu politique et citoyen depuis près de 5 ans. Après le débat sur le choix entre le Boulevard Jean Royer ou le Boulevard Béranger, c’est donc la pertinence même d’une antenne vers La Riche qui est remise en cause. Seule la branche sud vers Chambray fait quasiment l’unanimité en sa faveur (malgré un débat sur l’intérêt de la prolonger jusqu’à la Papoterie, donc à 2,5km de l’hôpital Trousseau : le maire de Chambray est pour, celui de Saint-Avertin contre).

Priorité au sud ?

Lundi 28, le conseil métropolitain programmé aux Deux-Lions et en visio reviendra forcément sur le sujet. Sans l’attendre, l’ancien maire de Tours Christophe Bouchet a tenu à redonner son avis sur le sujet vendredi dernier.

L’ancien maire de Tours, qui avait voté pour le tracé complet (tout comme Emmanuel Denis) en décembre 2018, reconnaît aujourd’hui « une erreur ». Pour la justifier, il explique n’avoir à l’époque pas toutes les données. « J’ai commencé à m’interroger quand le maître d’œuvre m’a fait part de l’impossibilité de passer le virage au niveau de l’école Maryse Bastié. Si cela ne passait pas là, cela ne pouvait pas passer non plus à d’autres endroits. »

« Dès le mois de juin 2020 j’avais dit qu’il fallait se focaliser sur la demi-ligne Tours-Trousseau car le tronçon ouest n’était pas compétitif » rappelle encore Christophe Bouchet qui maintient aujourd’hui cette position. « Il faut faire d’urgence cette demi-ligne pour la faire coïncider avec le Nouvel Hôpital Trousseau ». Et Christophe Bouchet d’évoquer une ligne de retournement pour lier la ligne A et B au niveau de la gare sur les emprises ferroviaires.

Quant à la partie Tours-La Riche, l’ancien maire de Tours préconise la mise en place de Bus à Haut Niveau de Service (BHNS), plus souples et permettant d’analyser concrètement les flux et besoins. Une position qui semble aujourd’hui faire de plus en plus la majorité chez les élus métropolitains. Une métropole que Christophe Bouchet appelle par ailleurs à avoir « un projet stratégique visible afin de savoir où l’on veut aller dans les décennies à venir ».

Collectifs et associations s’expriment

L’élu centriste n’est pas le seul à donner de la voix. Le dossier du tram a rythmé toute la semaine par les prises de position des uns et des autres. Ainsi, en réponse à l’association Aquavit qui réaffirmait sa position pour un abandon total du projet qu’elle juge disproportionné et trop coûteux, l’ADTT (association en faveur du développement des transports publics) s’est agacée de la situation, protestant vivement contre l’abandon envisageable de la branche ouest vers La Riche :

« Etant données les études déjà réalisées, nous ne comprendrions pas que le 3è scénario d’intégration sur le boulevard Béranger que notre association a proposé, avec les 2 voies de tramway au sud du mail, ce qui permet d’être au plus loin des façades et des arbres, ne soit pas étudié. En préférant le BHNS (bus à haut niveau de service), on ajoutera donc encore de la pollution et du bruit, car les chiffres sont imparables : le tramway émet environ 30 fois moins de CO2 par voyageur/kilomètre.

Ce platane qu’on veut tant protéger va devoir être remplacé un jour car il y en a trop à Tours (…) cet arbre est devenu indésirable dans les villes. Il est notamment dénoncé pour ses allergènes importants, par l’isoprène qu’il génère – un polluant naturel très mauvais pour l’ozone – parce que ses feuilles sont non compostables, et enfin par le fait qu’étant l’essence archi-dominante, il va à l’encontre d’une nécessaire biodiversité. »

De son côté, le collectif C’est Au Tours du Peuple – opposé au tram sur rails – y a aussi été de son initiative en lançant une pétition « pour des transports publics plus écologiques, plus nombreux, gratuits ». Le groupe « souhaite que sa proposition de trambus en voies dédiées, nommés aussi Bus à Haut Niveau de Service (BHNS), mus par des piles à hydrogène ou des batteries soit à nouveau examinée comme alternative au tout tramway. Cela permettra d’envisager de nouvelles lignes et un réseau métropolitain plus dense associé à l’étoile ferroviaire. » Pour l’instant la démarche n’a séduit qu’une cinquantaine de personnes sur le site change.org.

Redonner la parole aux citoyens est pourtant essentielle aux yeux de nombreux associations et collectif comme le « Collectif citoyen pour le tramway et les mobilités » lancé en fin d’année 2021 par plusieurs personnalités comme Patrice Wolf (ancien directeur de Fil Bleu), Alain Devineau (ancien adjoint à Tours qui s’est chargé de la première ligne du tramway) ou encore Mathis Navard (auteur du blog letramdetours.net) ou l’ancienne adjointe sous Jean Germain, Arlette Bosch. Ces derniers, ont publié en décembre 2021 un manifeste dans lequel ils affirmaient leur volonté de ne pas attendre l’enquête publique pour donner la parole aux citoyens sur le sujet. Ils en profitaient également pour réclamer une approche pragmatique avec une priorité à donner au tronçon sud Tours-Trousseau et opter à court terme pour un BHNS entre La Riche et Saint-Pierre-des-Corps (le manifeste est lisible ici). Des propositions qui ressemblent ainsi à la position prise désormais par le maire de Tours.

La balle est désormais du côté de la Métropole. Le président de Tours Métropole réunira dans les prochaines semaines les 21 autres maires de l’agglo pour connaître leur position puis il convoquera une conférence des maires et une commission régionale avec les 87 élus pour faire le point sur le dossier. L’idée serait de prendre enfin des décisions fermes et irrévocables et de préférence avant l’été pour respecter un calendrier qui a déjà pris deux ans de retard et pourrait encore s’allonger…

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