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Tours va se ré-endetter pour mieux investir

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Depuis de nombreuses années, voire des décennies, la ville de Tours souffre d’un sous-investissement important dans ses politiques publiques. L’endettement important en est une cause majeure entraînant un équilibre délicat pour les élus au pouvoir.

55 millions d’euros de nouveaux emprunts. A première vue, le chiffre paraît ambitieux. C’est pourtant le montant que Frédéric Miniou, l’adjoint aux finances de la ville de Tours a annoncé vouloir emprunter via une consultation bancaire. « La somme des nouveaux emprunts correspond aux montants de désendettement que la ville fera sur les trois prochaines années » justifie Frédéric Miniou qui précise « en empruntant aujourd’hui on anticipe le risque inflationniste des taux d’intérêts qui sont aujourd’hui très bas. »

Dans les trois prochaines années, la ville de Tours va en effet réduire une partie de sa dette (201 millions d’euros fin 2020), notamment les emprunts in fine souscrits il y a plus de 20 ans à des taux frôlant les 5%… D’ici 2023, la ville de Tours devra ainsi rembourser 50 millions d’euros et d’ici fin 2024, 20 millions de plus. Au total d’ici les trois prochaines années 35% de la dette existante sera ainsi épurée.

Un sous-investissement chronique et problématique

Pourquoi dès lors se ré-endetter d’autant ? Afin de corriger le faible investissement a expliqué l’adjoint aux finances qui évoque « une dette grise », c’est-à-dire la dégradation du patrimoine de la ville, lié aux manques d’investissements passés.

La faute au surendettement avec lequel les majorités successives ont dû composer, grevant d’autant les capacités à investir. En gros, la ville de Tours depuis une dizaine d’années ne réussit à financer qu’entre 20 et 30 millions d’euros d’investissements annuels. Soit 30% de moins que les villes de la même strate.

Ces montants sont à cumuler avec les investissements sur son territoire venant de la Métropole, mais même en comptant la globalité, cela reste faible entraînant des retards nombreux en termes de projets structurants mais aussi en terme d’entretien du patrimoine et des bâtiments de la ville. Dans l’ancien mandat, ce dernier sujet avait préoccupé Christophe Bouchet qui avait souhaité se montrer ambitieux en prévoyant notamment un vaste plan écoles. Un projet revu par son successeur Emmanuel Denis, mais ce dernier maintient un montant d’investissements importants : 70 millions d’euros d’ici la fin du mandat pour la rénovation des écoles tourangelles qui sont pour l’essentiel situées dans des bâtiments au mieux vieillissants, au pire obsolètes…

Les écoles ne sont qu’un exemple du mauvais état du patrimoine de la ville, parmi les autres exemples souvent cités on retrouve également les gymnases et équipements sportifs, à commencer par le vaisseau amiral que constitue le Palais des Sports et qui est selon Emmanuel Denis la principale passoire énergétique de la ville. Un véritable problème car l’entretien coûteux de ce patrimoine est à ajouter chaque année aux financements des nouveaux projets et investissements prévus.

Afin de compenser cela et accélérer l’investissement, le recours à de nouveaux emprunts est donc privilégié. De quoi interpeller l’élu d’opposition Benoist Pierre (groupe Les Progressistes) : « La maison est surendettée et vous sous-entendez que la solution pour améliorer la situation est d’encore s’endetter ».

Le poids de la centralité

Du côté de Christophe Bouchet cette décision serait par ailleurs un mauvais marqueur qui pourrait créer de nouvelles craintes chez les communes périphériques de la Métropole et notamment le fait de devoir assumer également in fine de façon collatérale les problématiques financières de sa ville-centre…

L’ancien maire lève là un sujet important, car face à sa situation financière tenue, la ville de Tours ne peut se passer de la Métropole pour financer ses projets. L’enjeu est d’autant plus important, car Tours a gardé pour elle le poids important de la centralité avec beaucoup de structures et infrastructures d’intérêt intercommunal (voire plus) et qui reposent encore sur les finances de la ville seule malgré des réflexions parfois naissantes sur une prise de compétences (parfois partiellement) de la Métropole dans certains domaines (lieux culturels, sportifs ou même événementiels…).

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