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Tours Métropole : Wilfried Schwartz sera bien le futur président

Avant la séance officielle du Conseil Métropolitain qui se tiendra le vendredi 17 juillet et au cours de laquelle, les 87 représentants de l’assemblée éliront leur nouveau président, ces mêmes élus se sont réunis ce vendredi 10 juillet en commission générale, à huis-clos, pour acter une candidature unique. Sans surprise ce sera Wilfried Schwartz qui la portera.

Prière de laisser la place libre. C’est un peu le message qu’ont reçu les « Mamers » par mail pour ce vendredi 10 juillet. Dès 17h, il était demandé aux entreprises travaillant à Mame de quitter les lieux ce jour-là. La raison : la tenue dans ce bâtiment appartenant à Tours Métropole, de la commission générale, c’est-à-dire une réunion de tous les élus de l’intercommunalité. Une commission décidée en amont du conseil métropolitain du 17 juillet afin d’échanger librement, c’est-à-dire à huis-clos, sans oreilles indiscrètes, public ou journalistes. Si cette réunion s’est déroulée à Mame (tout comme le prochain conseil métropolitain), c’est que la représentation de l’assemblée intercommunale a évolué suite aux dernières élections municipales. Les élus de la Métropole sont désormais 87, au lieu de 55 précédemment. Un changement imposé par la loi mais qui rend la salle Jean Germain (lieu habituel des débats feutrés de la Métropole) trop étroite pour recevoir tout le monde. Des travaux ont été engagés, mais ils mettront deux ans pour rénover et adapter les lieux.

Une séance à la frontière de Tours et La Riche

C’est donc au cœur la « Cité de la Création et de l’Innovation » que s’est tenue la première réunion de la toute nouvelle assemblée métropolitaine. Un lieu situé à la frontière de Tours et La Riche, difficile de faire plus fort en terme de symbole puisque l’ordre du jour reposait uniquement sur la validation de la candidature de Wilfried Schwartz, le maire larichois, comme successeur de Philippe Briand à la tête de l’exécutif intercommunal.

En début de semaine, le jeune maire de 35 ans avait été adoubé par les autres premiers édiles des communes de l’intercommunalité, Philippe Briand en tête, qui voit en lui un homme capable de lui succéder en conservant le consensus politique et le système de co-gestion qui est à l’œuvre depuis la création de Tour(s) Plus en 2001. En fin manœuvrier Philippe Briand sait aussi qu’en soutenant cette candidature de gauche, il permet à l’intercommunalité de garder ses équilibres actuels en veillant à ne pas donner trop de prééminence à Tours, alors que certains élus de la majorité d’Emmanuel Denis espéraient pouvoir obtenir le poste de président.

Jusqu’en 2014, le président de l’intercommunalité était le maire de Tours, en l’occurrence Jean Germain. Oui mais Serge Babary avait décidé de laisser la place, créant un précédent pénalisant pour la ville centre qui a vu son poids se réduire lors du mandat 2014-2020 au sein des échanges intercommunaux. La nouvelle répartition des élus lui donne aujourd’hui un poids plus important avec 38 élus sur 87 (29 de la majorité d’Emmanuel Denis, 9 de l’opposition de Christophe Bouchet), mais fait en même temps craindre aux maires des communes voisines une trop grande hégémonie de Tours, si elle récupérait la présidence. Nous l’avons écrit dans la semaine, l’adhésion des maires de droite dans la candidature de Wilfried Schwartz répond à cette crainte, en veillant malgré tout à ne pas créer un casus-belli avec Tours.

Jeudi soir, les élus de gauche de la Métropole se sont donc réunis pour discuter et les élus de Tours ont acté le fait de voir Wilfried Schwartz devenir président. Difficile en effet pour Emmanuel Denis, de ne pas soutenir la candidature d’un élu de son bord politique. En échange, les négociations se jouent sur des postes clés de vice-présidents, mais aussi sur l’assurance que le futur président de Tours Métropole  accompagne la majorité tourangelle pendant le mandat dans ses projets.

Un soutien important renouvelé ce vendredi 10 juillet en commission générale. Lors de cette commission, l’ensemble du Conseil de la Métropole a donc acté le fait que Wilfried Schwartz serait le seul candidat le vendredi 17 juillet et de facto le nouveau président de l’institution.

Manque de transparence et rôle des élues

Le maire de La Riche a donc réussi à obtenir le soutien de tous ses pairs au fur et à mesure de réunions que les électeurs n’ont pu suivre que de loin. Ce vendredi en commission générale, des voix (y compris à gauche) se seraient d’ailleurs élevées pour regretter ce processus jugé par certains peu démocratique et transparent, tandis que d’autres ont évoqué « des arrangements à la tourangelle ».

Autre sujet de remarques au cours de la séance : la place des élues (pour l’heure oubliées des débats) dans la nouvelle gouvernance. Si la parité électorale est obligatoire, les rôles clés sont en effet encore pour l’heure très masculins.

Ces deux sujets sont loin d’être anodins et Wilfried Schwartz devra en tenir compte cette semaine. D’ici vendredi, le futur président de Tours Métropole va en effet consulter et acter le mode de gouvernance de l’institution pour le mandat à venir. Il sera question des postes de vice-présidents (20 au total), mais aussi d’une plus grande transparence envers les électeurs qui peinent pour l’heure à se reconnaître dans l’institution métropolitaine, pourtant devenu essentielle à la vie locale avec des enjeux majeurs en terme de transport, de transition environnementale ou encore de voirie…

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