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Tours Métropole : Vers la création d’un groupe d’opposition…

Les élus de droite de la ville de Tours s’affirment de plus en plus comme une opposition franche à l’exécutif de la Métropole et envisagent la création d’un groupe politique d’opposition. Une première au sein d’une assemblée habituée au consensus…

Jusqu’en 2020, les débats au sein du Conseil Métropolitain se déroulaient de façon feutrée, dans un consensus général. Il y avait bien quelques débats animés et quelques oppositions franches, mais venant plus d’individualités comme Emmanuel Denis ou encore Cécile Jonathan, tous deux alors élus d’opposition à Tours et qui reprenaient plus ou moins ce rôle dans l’assemblée intercommunale.

Ce qu’on observe depuis le début du mandat entamé l’an passé, est d’un autre niveau. Les élus d’opposition de Tours, issus du groupe « Tours Nous Rassemble » conduit par Christophe Bouchet, se positionnent en effet dans une logique d’opposition plus franche et approfondie. Un nouvel exemple a eu lieu ce jeudi soir lors du vote du premier budget du mandat.

A tour de rôle, Marion Cabanne, Christophe Bouchet et Thibault Coulon ont en effet pris la parole, de façon régulière, pour contester, s’interroger, critiquer… les délibérations proposées. Cela a débuté dès la première délibération, consacrée au vote du rapport du dernier Bureau Métropolitain, organe regroupant l’exécutif métropolitain. D’ordinaire ce genre de délibération passe sans que personne ne s’en soucie. A peine quelques secondes d’un conseil qui dure plusieurs heures. Cette fois-ci, Thibault Coulon a décidé de prendre immédiatement la parole pour remettre en cause les pratiques passées : « Cela ne fait pas de mal parfois de changer les habitudes, d’ordinaire nous votons ces délibérations sans savoir ce que nous validons, cette fois j’ai regardé les marchés publics que vous nous demandez de valider et certains m’étonnent comme les frais de traiteur alors que nous sommes tous au régime sec. » Une attaque en règle qui donnait le ton des débats à venir.

Pour Thibault Coulon, « cette assemblée ne doit pas être qu’une chambre d’enregistrement » se justifie-t-il, avant d’attaquer de nouveau dès la délibération suivante sur la création de 19 nouveaux postes à la Métropole, en « évoquant une dérive budgétaire qui aura un impact sur le long terme. »

« Ce soir on plante des fonctionnaires » dit-il encore pour reprendre une citation de Georges Clémenceau.

Vers la création d’un groupe politique d’opposition

La rupture avec le fonctionnement consensuel qui a toujours été la règle au sein de Tours Plus puis de Tours Métropole semble ainsi acté. Le groupe « Tours Nous Rassemble » se plaçant clairement sur une opposition franche au fonctionnement de l’exécutif métropolitain. Christophe Bouchet veut même aller plus loin, réclamant depuis plusieurs conseils, le droit de constituer un groupe politique propre. « Faut-il aller devant le tribunal administratif pour faire respecter nos droits ? » interpelle-t-il même notamment Wilfried Schwartz en public. Ce dernier prend acte :  « Je vous propose de vous recevoir. Nous regarderons les textes, il n’y a aucune raison que la démocratie ne soit pas appliquée. »

Depuis le début du mandat, les élus de « Tours Nous Rassemble » sont ainsi clairement dans une logique d’opposition, par principe pour certains, justifiée pour les concernés. « Nous n’avons accès à aucun document de travail » explique Christophe Bouchet en évoquant un problème de transparence envers les élus non-membres du Bureau Métropolitain : « les commissions ne se réunissent pas, nous ne pouvons pas faire notre travail d’élus correctement, il y a un souci dans le fonctionnement. »

Des critiques récurrentes qui agacent forcément au sein de l’exécutif métropolitain, Wilfried Shwartz en tête mais aussi ses vice-présidents, comme les élus de la majorité de Tours ou encore le maire de Chambray-lès-Tours, Christian Gatard et celui de Ballan-Miré, Thierry Chailloux, régulièrement ciblés.

Ce dernier a d’ailleurs appelé Thibault Coulon à qui il loue « pleins de qualités pouvant servir la Métropole », à « ne pas vous enfermer dans une opposition stérile. »

Pour Christian Gatard, ces critiques marquent également « des postures d’opposition » qui n’ont pas lieu d’être, le fonctionnement et les objectifs de la Métropole n’ayant selon lui pas changé depuis le dernier mandat où Christophe Bouchet et Thibault Coulon étaient eux-mêmes vice-présidents…

Une opposition isolée ?

Avec 5 élus, le groupe « Tours Nous Rassemble » constitue-t-il dès lors une opposition isolée ? Ce jeudi soir, ce sont les seuls qui ont voté contre le budget, là où l’ensemble du reste de l’assemblée l’a validé.

Pour Thibault Coulon, les crispations sont plus importantes qu’elles n’y paraissent.  « Certains disent à haute voix ce que beaucoup pensent » a-t-il publiquement lancé ce jeudi soir, en évoquant des maires (de droite) ne se retrouvant pas dans le fonctionnement métropolitain mais privilégiant la carte communale, c’est-à-dire, le fait de ne pas s’opposer publiquement afin d’obtenir les financements de l’intercommunalité pour les projets dans leur ville.  Le consensus à la tourangelle en somme…

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