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Tours Métropole : l’autre enjeu des élections municipales

 

Les 15 et 22 mars prochains, les électeurs des 22 villes concernées vont désigner en même temps que leurs élus municipaux, leurs représentants au sein de la Métropole. Un choix d’autant plus important que cette structure a pris de l’ampleur avec son changement de statut en 2017 et s’annonce de plus en plus incontournable dans les politiques locales. 

Une métropole encore mal connue

Aussi importante est-elle devenue, la métropole reste quelque-chose d’obscur et peu connu de la population, du moins dans son fonctionnement et ses missions. Dans le mille-feuille territorial, il faut dire qu’il est parfois difficile de savoir qui fait quoi : entre la région, le département, les villes et donc les intercommunalités. C’est d’autant plus le cas à Tours car l’intercommunalité reste un outil récent par rapport à d’autres territoires (la communauté d’agglomération Tour(s) Plus n’a été créée qu’en 2001).

Nous avions nous même fait l’expérience à l’automne 2018 lors d’un dossier sur Tours Métropole. Parmi les habitants que nous avions interrogés, peu connaissaient le rôle de Tours Métropole.

Un an-et-demi plus tard, la Métropole reste une structure mal comprise et nombre d’habitants ne maitrisent pas les connexions (parfois complexes) il faut le dire entre les villes et leur intercommunalité. Les candidats aux élections municipales le confirment d’ailleurs : sur le terrain, peu d’électeurs rencontrés connaissent et comprennent le fonctionnement métropolitain.

Pourtant, la Métropole est aujourd’hui indispensable aux politiques publiques. Déjà parce qu’elle a des capacités d’investissements supérieures aux communes (90 millions d’euros en moyenne par an, là où Tours n’en a que 35 par exemple), mais aussi parce que les compétences qu’elles a acquises en 2017 lors du changement de statut ont renforcé son poids. C’est simple aujourd’hui la Métropole c’est : le développement économique, les équipements culturels, sportifs, l’eau, la voirie, les déchets, l’urbanisme, les transports, …

Et même si beaucoup de projets dans ces domaines sont d’abord portés par les villes, la Métropole intervient toujours directement ou indirectement, notamment sur les grands projets.

Pour donner un aperçu des projets métropolitains, retrouvez notre carte interactive des projets lancés depuis 2014 :

Code couleurs : Equipements culturels (pastilles blanches) / Environnement (vert) / Transports (bleu) / Economie (noir) / Urbanisme (jaune) / Equipements sportifs (rouge)

 

L’avenir de la Métropole s’écrit dans ces élections municipales

Comment dès lors placer le fait métropolitain dans la campagne ? Si pour certains candidats la question est abordée frontalement dans les programmes, via un paragraphe dédié, dans l’ensemble il ressort une grande confusion entre propositions purement municipales et celles qui relèvent des compétences de Tours Métropole. Pas de quoi favoriser une clarification des choses pour les électeurs-habitants.

Pourtant la nuance est de taille car si la majorité élue à la ville aura le loisir de mener sa politique pour laquelle elle a été élue sur le territoire communal (ou plus précisément dans la limite des compétences communales), à la Métropole il en saura tout autre. Les élus municipaux siégeant au sein de l’intercommunalité devront en effet composer avec les élus des autres villes aux orientations politiques pouvant être différentes. Jusqu’à présent, la politique métropolitaine se faisait au consensus, mais rien ne dit qu’il en sera pareil demain.

Les représentations vont évoluer, la ville de Tours, ainsi que celle de Joué-lès-Tours vont voir leur représentativité augmenter (De 11 à 38 élus d’un côté, de 4 à 10 de l’autre), mais aucune commune n’aura malgré tout la majorité seule.

Pour le moment l’ensemble des élus intercommunaux ont veillé à respecter les équilibres, mais demain une nouvelle génération va arriver. Dans plusieurs communes les maires ne se représentent pas, c’est le cas à Saint-Pierre-des-Corps, Saint-Genouph, Berthenay, Notre Dame d’Oé ou Saint-Etienne de Chigny. Leurs successeurs seront-ils dans les mêmes dispositions ou aspireront-ils à plus ? A titre d’exemple, du côté de Saint-Pierre-des-Corps, commune qui se sent un peu à l’écart à cause d’investissements métropolitains qui penchent plus vers l’ouest du territoire (piscines à Luynes et Fondettes notamment), plusieurs candidats (Cyrille Jeanneau, Jean-Marc Pichon…) ont ainsi fait valoir leur souhait de voir leur commune peser plus.

Et puis il y a ceux qui auront la tentation de politiser un peu plus les débats métropolitains, via des alliances plus idéologiques qu’aujourd’hui. Selon le choix des électeurs dans leurs communes – et plus particulièrement à Tours – il y aura vraisemblablement un statu-quo ou un changement majeur dans le fonctionnement intercommunal. D’un côté, celles et ceux qui se retrancheront visiblement vers le maintien de Philippe Briand à la tête de la métropole et de l’autre côté celles et ceux, plutôt de gauche, qui pencheront pour des changements radicaux et que l’on retrouvera certainement dans la mouvance d’Emmanuel Denis, si sa liste remportait la ville de Tours.

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