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Tours Métropole : des orientations budgétaires forcément politiques

Les orientations budgétaires sont un exercice permettant de définir la politique à venir pour toute collectivité. Le rapport d’orientations budgétaires de Tours Métropole en a été une nouvelle occasion ce lundi soir. Derrière le panel de chiffres donnés (lire notre article sur Info Tours à ce sujet), le débat qui a suivi la présentation a permis de rappeler que ces orientations sont aussi une question de choix politiques.

Ce lundi soir, ce sont deux interventions des élus écologistes de l’assemblée (le Chambraysien Didier Vallée et le Tourangeau Emmanuel Denis) qui ont amené la question des choix politiques. La question du périphérique d’abord, avec une interrogation d’Emmanuel Denis sur l’extension de 2,5 kilomètres de la 4 voies entre Saint-Cyr-sur-Loire et la Route de Rouziers à Tours Nord pour un coût de 25 millions d’euros. Revenant sur une intervention du maire de Tours lors d’un facebook live, dans lequel Christophe Bouchet s’était montré peu clair sur le sujet, Emmanuel Denis a ainsi interpellé Philippe Briand, non sans un certain sens de la provocation : « Le maire de Tours a annoncé que cela n’était pas en projet, vous avez peut-être une bonne nouvelle à nous annoncer ce soir ? »

Suffisant pour faire sortir Philippe Briand de son calme. La voix enlevée le président de Tours Métropole s’est lancé alors dans un discours musclé. « Oui cela se fera parce que des voitures cul à cul pendant des kilomètres ça pollue et que les gens en ont marre ».

« L’aéroport sanctuarisé »

L’autre sujet qui a fait bondir Philippe Briand c’est celui de l’aéroport. Un sujet abordé par Didier Vallée : « Je ne suis pas contre l’aéroport mais je me pose la question des financements publics » a déclaré ce dernier en remarquant que le financement de Tours Métropole passer de 900 000 à 1,3 millions d’euros cette année.

Un choix assumé pleinement par Philippe Briand qui évoque une compensation du désengagement de la CCI et qui a profité de l’occasion pour rappeler ses positions sur le même ton énervé : « Vous voulez développez le tourisme, garder le CHRU, mais sans aéroport il n’y a plus de CHU parce qu’il n’y a plus de greffes. A l’heure où la cour des comptes préconise la réduction à 12 CHU en France c’est un atout, sinon tout ça partira à Nantes. Vous me parlez de 500 000 euros sur 100 millions d’investissements il faut être sérieux […] Il faut de l’ambition. Si vous voulez que Tours ressemble à Bourges ou Chateauroux, il faut le dire et je m’en irai. »

« Un aéroport qui ferme ne rouvrira jamais » a-t-il poursuivi en maintenant sa vision : « l’aéroport est sanctuarisé ». L’occasion également d’attaquer sans les nommer les autres collectivités. A l’écouter, on comprend cependant que la principale cible de ses attaques est la région Centre-Val de Loire et son président François Bonneau. « Avec 15 millions d’euros on développe l’aéroport. Seulement certains partenaires ne sont pas courageux, parce que ça veut pas froisser sa majorité ».

122 millions d’investissements cette année

Se donner les moyens des ambitions, c’est ce qui ressort des intentions budgétaires. Après une mise en route difficile, entre nouvelles compétences mais aussi pacte de Cahors limitant à 1,2% la hausse du budget de fonctionnement, les élus de Tours Métropole semblent vouloir enclencher la vitesse supérieure. Premier indice : le taux de réalisation des investissements qui augmente en passant de 48% en 2017 à 64% en 2018. Le montant également avec 122 millions d’euros inscrits cette année (dont 37,5 millions de reports de l’an passé). « Notre objectif est d’arriver à 70% cette année » a indiqué Christian Gatard, le vice-président aux finances. Plus d’investissements donc, mais prudence également car la Métropole a annoncé de gros projets à venir à commencer par l’extension du réseau de tramway avec 4 demi-lignes au programme. « Quand nous entrerons dans la phase de réalisation il faudra les fonds nécessaires, sinon on ne lancera rien » a prévenu Philippe Briand en justifiant les prévisions annoncées par son adjoint et notamment le travail de désendettement effectué qui permet à la Métropole de passer sous la barre des 400 millions d’euros de dette, avec précisément un encours de 396 millions d’euros, soit 24 millions de moins qu’au début du mandat en 2014.

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