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Tours : les gros dossiers du nouvel adjoint à la petite enfance et l’éducation

En cette fin juillet la tête des enfants est certainement à mille lieux de l’école et de la rentrée scolaire, mais pour Franck Gagnaire, le nouvel adjoint à l’éducation de la ville de Tours, elle est déjà d’actualité.

Arrivé aux commandes d’une délégation englobant la petite enfance, l’éducation, la jeunesse et les familles en plein mois de juillet n’est pas la chose la plus aisée. Le nouvel adjoint a du rapidement se saisir des dossiers urgents, à commencer par ceux en lien directement avec la crise du Covid. Si pour la rentrée, pour l’heure rien n’est défini sur les conditions d’accueil des 9000 élèves de maternelle et primaire à Tours, l’adjoint reste aux aguets, dans l’attente de directives nationales qu’il faudra appliquer.

Les « vacances apprenantes » ont bien fonctionné

Avant cela, il a fallu mettre en place le dispositif des « Vacances apprenantes » proposées par le Gouvernement pour les élèves en décrochage scolaire ou ayant besoin de remise à niveau. Un dispositif mis en place au centre de la Charpraie. « Nous avons accueilli 180 enfants, c’est le plus gros dispositif de la région » se félicite Franck Gagnaire. Ce dernier explique que les enfants en question ont été fléchés par leurs enseignants et ont été encadrés par 18 enseignants volontaires. « L’idée était d’avoir un dispositif d’apprentissage mais sous une autre forme qu’à l’école, que ce soit plus ludique. Nous avons des bons retours et nous allons réfléchir à poursuivre éventuellement ce dispositif hors crise du Covid » raconte l’adjoint qui dès le mois d’août propose un autre dispositif centré cette fois sur les collégiens. Du 25 au 28 août, 30 collégiens de Tours-Nord vont pouvoir travailler avec des enseignants, participer à des ateliers sportifs et visiter des équipements culturels de la ville. Il s’agira d’élèves de 11 à 14 ans repérés par le collège La Bruyère près du Beffroi, par l’Espace Loisirs Jeunes et l’équipe de réussite éducative. Autre action prévue du 15 au 28 août sous l’impulsion de la Maison de la Réussite basée dans l’ancien collège Pasteur quartier du Sanitas : un stage de préparation de rentrée pour collégiens et lycéens. Des mesures qui font sens selon l’élu car participant à l’égalité des chances.

En cet été particulier, les regards sont également tournés vers les accueils loisirs de la ville de Tours. Les choses se passent bien là-encore selon Franck Gagnaire qui remarque néanmoins que le nombre d’enfants accueillis a été un peu moindre que les années précédentes, ce qu’il met sur le compte de la crise sanitaire : « Soit les parents n’ont pas mis leurs enfants pour raison sanitaire ou alors parce qu’ils se sont organisés autrement de crainte d’une fermeture au dernier moment. »

Effectifs en hausse à Tours-Nord et Plan Ecoles

Franck Gagnaire

Point de vue effectifs, en ce qui concerne la rentrée scolaire, ceux-ci devraient être en hausse note l’adjoint. « Chaque année, la ville de Tours continue d’augmenter ses effectifs scolaires, ce qui nécessite des ouvertures de classe. Ce sera le cas encore cette année. » Des ouvertures de classe qui seront particulièrement nécessaires à l’avenir sur Tours-Nord, là où la démographie est grandissante note notre interlocuteur. Le rôle de la ville est alors de prévoir ces mouvements d’effectifs pour que les capacités d’accueil soient suffisantes. Sur Tours-Nord, la reconstruction de l’école Jean de la Fontaine, validée lors du dernier Conseil Municipal, va dans ce sens puisque le nombre de classes de maternelle passera de 3 à 5 pour un budget de 7,5 millions d’euros.

Une reconstruction qui entre dans le Plan Ecoles sur les 10 années à venir, validé par l’ancienne majorité et qui prévoit la reconstruction de 11 à 13 écoles de la ville et de lourdes rénovations sur 7 autres. Un chiffre conséquent sachant que la ville de Tours possède 58 écoles au total et qui témoigne du retard pris en ce qui concerne la rénovation de ces infrastructures. « Nous partageons le constat qui a été fait avec ce plan écoles » explique Franck Gagnaire qui souhaite néanmoins augmenter la part de financements extérieurs : « On est aujourd’hui à 50% de financements extérieurs, on peut aller plus loin, il faut regarder par exemple du côté du green deal européen qui vient d’être adopté ou encore à travers les contrats régionaux. » Des financements qui ne seront pas négligeables, la totalité du plan écoles étant estimé à 110 millions d’euros et alors que la ville de Tours reste freinée dans ses investissements par une importante dette.

C’est aussi pourquoi l’une des priorités de ces reconstructions concerne les écoles dans les quartiers dépendant de la rénovation urbaine comme le Sanitas. Dans ce quartier, c’est la reconstruction de l’école Claude Bernard qui a été votée en Conseil Municipal. D’ici 2024 une nouvelle école va voir le jour pour un coût total de 10 millions d’euros. Intégrée dans le projet de rénovation urbaine du quartier via l’ANRU, cette reconstruction devrait finalement revenir qu’à 2 millions d’euros pour la ville.

Ce Plan Ecoles est également nécessaire dans l’optique de réduire la facture énergétique de la ville et accélérer la transition écologique comme souhaité par la nouvelle majorité. « Nous ferons certainement des ajustements différents de la majorité précédente. Nous insisterons sur la végétalisation des cours d’école par exemple » avance encore l’élu.

Le Plan Ecoles ne se limite d’ailleurs pas qu’aux reconstructions. Il encadre également les différents travaux nécessaires dans la mise aux normes, à commencer par le volet numérique. Là-encore, le retard est conséquent, dans beaucoup d’écoles les classes ne sont pas encore raccordées à la fibre. Cet été deux seront raccordées (Mirabeau et Jules Verne) pour un coût de 130 000 euros. Trop peu au goût de l’adjoint qui espère pouvoir accélérer les choses dans les années à venir.

Bâtir un projet éducatif global et fluidifier les parcours

Au-delà de ces problématiques d’infrastructures, la mission de Franck Gagnaire repose aussi et surtout sur la gestion des temps d’accueil des enfants et élèves. L’élu explique ainsi réfléchir à la mise en place d’un projet éducatif global reposant sur « la continuité éducative » entre temps périscolaires et scolaires. « Le programme éducatif n’est plus à jour depuis 6 ans, c’est une de nos priorités et pour cela Je crois beaucoup dans la coordination et le dialogue entre tous les acteurs qui sont multiples dans ce domaine. » Pour l’adjoint il faut que les choses soient fluides pour les enfants et leurs familles, y compris dès la petite enfance, un autre secteur présent dans sa délégation. Franck Gagnaire envisage dans ce secteur la création d’un guichet unique pour l’inscription en crèches, qu’elles soient municipales ou associatives.

Lire notre sujet sur Info Tours / Crèches : vers un guichet unique pour les parents

La politique jeunesse : « Eviter le phénomène de génération sacrifiée »

Dernier volet dans la délégation de l’adjoint : la politique jeunesse, un domaine essentiel en ces temps de crise sanitaire qui se transforme peu à peu en crise économique et donc in fine en crise sociale. « Nous voulons éviter le phénomène de génération sacrifiée. Notre rôle réside dans notre capacité à repérer et aller chercher les jeunes en difficulté et leur trouver des interlocuteurs pour les accompagner. » avance Franck Gagnaire pour qui la ville peut être la structure qui fédère les acteurs du secteur jeunesse comme le BIJ (Bureau Information Jeunesse) ou encore la Mission Locale, mais aussi par son échelon de proximité, celle qui peut regrouper les autres collectivités pour mettre en place des « politiques transversales » indispensables sur ce secteur.

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