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Tours : les écologistes sous le feu des critiques

Alors que les élus de la ville de Tours se réuniront le 29 septembre pour le premier conseil municipal de la rentrée, le maire de Tours, Emmanuel Denis et sa majorité, subissent déjà leur lot de critiques, près de trois mois après leur installation à la tête de la ville.

La victoire des écologistes dans une dizaine de grandes villes de France au soir du 2e tour des élections municipales de juin dernier, aura autant suscité un élan chez les militants et plus généralement les électeurs de gauche (les écologistes élus l’étant dans la grande majorité des cas derrière une liste d’union de gauche) qu’une crainte chez leurs adversaires, bien décidés à ne rien leur laisser passer. Depuis, il ne se passe pas une semaine sans qu’une polémique vienne agiter les débats médiatiques, souvent sur des thèmes relevant d’ailleurs plus du symbole qu’autre chose (Tour de France, sapin de Noël à Bordeaux…). Le maire de Tours, Emmanuel Denis, n’échappe pas en local à cette vague d’indignations souvent alimentée en premier lieu par les élus d’opposition municipale, bien décidés à ne pas laisser le néo-maire tranquille mais aussi à exister politiquement.

Fermeture du pont Wilson aux voitures, page dédiée à la venue d’une vingtaine d’élus de gauche et écologistes à Tours dans le journal municipal, cumul des mandats de la première adjointe, annulation de l’élection des adjoints, polémique sur un projet immobilier à Tours Nord… en trois mois, les attaques à destination de la majorité municipale n’ont pas manqué d’angles…

« Un début de mandat complètement dogmatique »

Olivier Lebreton, conseiller municipal d’opposition

Parmi les élus qui montent au créneau pour dénoncer « un péril vert », on retrouve notamment les élus issus de l’ancienne majorité : Christophe Bouchet en tête mais aussi Marion Cabanne ou encore Olivier Lebreton. « Je suis un opposant déterminé car ce qui se passe idéologiquement ne me convient pas » affirme ce dernier tout en précisant « être inquiet » mais « pas surpris par ce début de mandat ». Pour l’ancien adjoint à la sécurité « le début du mandat est complètement dogmatique avec des promesses de campagne bafouées dès le premier jour et une co-construction inexistante. » Et ce dernier de dénoncer la vision d’un « maire idéologue dont on attend qu’il s’occupe d’abord des habitants de Tours et non qu’il fasse le tour des médias sur des positions idéologiques nationales comme la 5G ».

Des critiques sur les écologistes entendues à Tours comme dans d’autres villes non sans un certain degré de la caricature parfois. Pas de quoi échauder Emmanuel Denis pour qui « c’est le principe de la politique » (ndlr : d’avoir une opposition qui critique). Un maire qui reste pour l’heure vigilant à ne pas se laisser embarquer dans des débats polémiques, quitte à être dans un grand contrôle en terme de communication. Ainsi, sur la question de l’annulation des élections des adjoints par la Préfecture (suite à une erreur technique lors du vote en conseil municipal), une information rendue publique par le groupe d’opposition « Tours Nous Rassemble », ce n’est pas le maire qui a répondu, ce dernier laissant la place à Stéphane Houques, le porte-parole des élus de la majorité, pour distiller les éléments de réponse : « Il n’y a pas de discontinuité dans l’exercice de gestion des adjoints comme le disent les élus du groupe « Tours Nous Rassemble » puisque leur démission obligatoire pour refaire le vote sera effective le soir du conseil municipal le 29 septembre. D’ici là, les adjoints continuent leur mission. »

« Nous avons six ans pour changer les choses. »

Stéphane Houques, conseiller municipal

Et ce dernier d’en profiter pour tacler l’opposition : « Ils avaient annoncé vouloir être une opposition constructive, on voit que ce n’est pas le cas, ils font de la com alors qu’on est en droit de les attendre plutôt sur des sujets de fonds. On ne sera pas des commentateurs des paroles de l’opposition, on est focalisé sur notre travail car nous avons six ans pour changer les choses. » 1 partout, balle au centre.

Le maire de Tours regarde ailleurs lui, de quoi lui permettre non seulement d’imposer une image d’un premier édile au-dessus de la mêlée, mais aussi celle d’un élu concentré sur sa mission. Car pour Emmanuel Denis, il convient d’aller vite, persuadé que les questions climatiques imposent des changements profonds de nos modes de vie et donc des positions et décisions fermes quitte à bousculer les habitudes, ce qu’il est toujours plus aisé de faire en début de mandat.

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