Sophie Auconie : « Le cancer n’est pas une maladie honteuse »

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Ancienne députée UDI du Lochois, ex-députée européenne, Sophie Auconie est aujourd’hui en marge de la politique tourangelle (même si elle conserve un rôle au sein de l’Autorité de Régulation des Transports). Cet éloignement est lié à sa maladie déclarée en 2020 : un cancer du sein nécessitant l’ablation de l’intégralité de sa poitrine. L’élue avait alors démissionné de l’Assemblée Nationale pour privilégier sa santé. Toujours sous surveillance, elle entreprend une randonnée de 250km pour raconter son histoire dans 70 communes tourangelles.

Départ Le Petit-Pressigny le samedi 1er octobre, arrivée Bourgueil le dimanche 30. Entre ces deux dates, Sophie Auconie va parcourir une grande partie du département d’Indre-et-Loire à pied, à raison de 4 sessions de marche hebdomadaires les vendredis, samedis, dimanches et lundis. Elle passera par Betz-le-Château, Crissay-sur-Manse, Tours ou Saint-Avertin. « Mon premier objectif c’est de dire dépistez-vous les filles » explique l’initiatrice de cette Marche Rose organisée avec la Ligue contre le Cancer et la Fédération de randonnée pédestre en Indre-et-Loire.

« Je veux aller dans le sens de la prévention parce que je l’ai négligée pour moi » raconte l’ancienne élue. Accaparée par la politique, elle n’avait jamais fait de dépistage du cancer du sein. Malgré l’examen rendu gratuit par la Sécurité Sociale. Malgré des prises de rendez-vous pour des mammographies (toujours annulé au profit « d’autres obligations »). Et malgré des antécédents familiaux : « Ma mère, ma tante et ma cousine ont eu un cancer. Ma cousine est morte après une récidive » se souvient l’ancienne élue centriste. Pour elle la nouvelle est tombée à la fin de l’été 2020 : « Ma poitrine avait pris du volume. Je pensais que c’étaient les effets indésirables de la ménopause mais j’ai ressenti des douleurs inhabituelles à la rentrée. »

Un combat pour des reconstructions immédiates

Celle qui est alors députée de la 3e circonscription d’Indre-et-Loire consulte le médecin de l’Assemblée Nationale qui détecte « des choses anormales ». Puis tout va très vite : Sophie Auconie subit l’ablation de son sein droit dès le mois de novembre, et de son sein gauche au même moment, « par précaution ». Une opération réalisée à la clinique Vinci de Chambray-lès-Tours avec un protocole particulier puisqu’on lui reconstruit les seins lors de la même intervention. « C’était difficile à négocier » relate la patiente qui voit pourtant ce protocole comme essentiel pour beaucoup de femmes :

« Ma mère, ma tante et ma cousine s’étaient réveillées avec deux poches vides et n’ont pu bénéficier d’une reconstruction qu’un an après. Ma tante ne l’a jamais faite d’ailleurs. J’ai mesuré combien c’était difficile d’avoir une vie amoureuse lorsqu’on perd ainsi ses attributs féminins alors j’ai insisté. On le fait dans d’autres pays comme le Canada ou la Belgique et on pourrait le faire plus régulièrement en France. »

C’est là le deuxième combat de sa Marche Rose. Sophie Auconie veut plaider pour une extension du protocole d’ablation-reconstruction. Consciente que ça ne marcherait pas pour toutes les femmes (les traitements par rayonnements peuvent abimer les prothèses), elle voudrait néanmoins qu’on laisse le choix aux patientes atteintes d’un cancer du sein. Et au passage que la pratique soit bien mieux prise en charge qu’aujourd’hui par l’assurance maladie ou les mutuelles. « Quand on est mutilée par un cancer, il y a des cicatrices moches à refaire, un mamelon à reconstruire… Aujourd’hui c’est considéré comme du confort et ce n’est pas juste. »

Le problème des déserts médicaux

Pour sa part, la Tourangelle est satisfaite du résultat. Et veut le faire savoir : lors de sa marche elle va inviter son ancienne collègue UDI désormais secrétaire d’Etat Agnès Firmin-Lebodo dans le but de déclencher l’ouverture d’un rapport parlementaire sur la question. Elle compte au passage évoquer le problème des déserts médicaux :

« Quand vous êtes à Saint-Avertin, c’est de plus en plus difficile, mais vous pouvez encore trouver un médecin pour faire constater une grosseur. Dans la ruralité c’est terrible, sans compter que les radiologues ont deux à trois mois de délai. Quand on est une femme active, est-ce qu’on sait à l’avance ce qu’on va faire dans deux ou trois mois ? »

Insistant sur le fait que « le cancer n’est pas une maladie honteuse » et qu’il faut donc en parler encore et encore même si on a l’impression que des événements comme Octobre Rose sont devenus des marronniers aux messages inlassablement rabâchés, ce sont tous ces messages que la femme politique souhaite faire entendre pendant un mois. Elle relève d’ailleurs avoir globalement eu un accueil bienveillant de la part des maires qu’elle a sollicités pour une étape. Un défi de communication qu’elle considère aussi comme une étape de sa reconstruction personnelle : « Je suis toujours en convalescence, j’ai encore des effets collatéraux et une épée de Damoclès sur la tête. On n’est jamais à l’abri d’une récidive. »

 

Un degré en plus :

Le parcours de Sophie Auconie sera à suivre sur la page Facebook Marche Rose Sophie Auconie.

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