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Saint-Pierre-des-Corps : une situation politique surréaliste

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Un an après son élection comme maire de la 3e commune d’Indre-et-Loire, Emmanuel François est contesté de toutes parts. L’élu indépendant mais soutenu par la droite savait bien que ce serait difficile de se faire une place dans une ville dirigée par les communistes depuis 100 ans. Mais c’est sans doute pire que ce qu’il avait imaginé, ses décisions tranchantes et son style singulier ayant tendance à cabrer autour de lui. Le dernier conseil municipal a été une illustration parfaite de ce climat délétère…

Il est presque 20h et le socialiste Cyrille Jeanneau prend la parole dans la salle des fêtes de Saint-Pierre-des-Corps. Il est très énervé : « On me signale qu’il y a trois camions de police garés devant la salle. C’est une première, qui les a appelés ? Je demande une suspension de séance. » Depuis près de 2h, l’assemblée débat de la politique sociale de la ville et de l’avenir de l’ancien site SNCF du Magasin Général. L’évocation des forces de l’ordre fait basculer la soirée : le maire dément catégoriquement avoir demandé une telle présence et finit par accorder la pause. Tout le monde sort, les forces de l’ordre s’éloignent. Et 10 minutes plus tard la discussion reprend.

Un public d’une centaine de personnes assiste aux échanges musclés, tendus. Un vrai dialogue de sourds. C’était déjà le cas lors d’autres moments du même type mais là ça semble encore monter d’un cran. On se coupe la parole, on joue à « C’est pas moi qui ai commencé » avec des métaphores fromagères… Les spectateurs censés rester timorés applaudissent à certaines tirades de l’opposition et invectivent directement le maire. Beaucoup ont des pancartes pour dénoncer le projet de vente du Magasin Général à Vinci. Une représentante du collectif discute directement avec l’un des membres du groupe A Gauche(S) Toute en pleine séance.

A LIRE SUR INFO TOURS : Notre article sur le débat autour du Magasin Général

Comment peut-on en arriver là ? C’est un enchaînement d’événements, une pyramide de Kappla politique qui fait dangereusement tanguer la municipalité et qui ne cesse de s’élever ces dernières semaines. Citons, pêle-mêle et de manière non exhaustive, le passage à la semaine de 4 jours dans les écoles avec la reprise en main des activités périscolaires par la ville au détriment de l’association Le Patronage Laïque, le budget voté en déficit, donc illégal, le départ de deux membres de la majorité pour créer un groupe à part, la démission du 1er adjoint, des manifestations répétées dans les services…

« Vous réagissez mais vous n’agissez pas »

« Entre l’inexpérience et l’incompétence il y a un pas que vous avez déjà franchi » accuse dès les premières minutes le communiste Michel Soulas. La suite est un défilé d’attaques avec des mots comme « plein délire », paranoïa »« Allez, vous en mettez une bonne tartine et on passe à autre chose » s’agace Emmanuel François alors qu’on examine à peine le 1er vœu de la soirée. Une phrase en l’air tant l’opposition se lâche. Sauf que le 1er magistrat répond tout aussi sèchement, et que l’assistance perd souvent son calme ainsi que sa maîtrise des sujets. Le concret passe à la trappe.

Pourtant les sujets sont forts : il est d’abord question de participer à un appel à projets de l’Etat pour financer des travaux de rénovation d’équipements sportifs. Emmanuel François refuse car il ne pense pas pouvoir trouver la part de la ville dans son budget. La gauche tente de lui démontrer que c’est possible et il fait la sourde oreille. « Vous réagissez et vous n’agissez pas. J’espère que vous avez bien pris la dimension de votre rôle d’élu » lance Cyrille Jeanneau. « Je m’étonne de ce défaitisme » souligne pour sa part l’écologiste indépendant François Lefèvre. « On n’a vraiment pas les moyens » rétorque le maire, mais la réflexion fuse : « L’argent il y en a, c’est juste que vous le ventilez ailleurs. »

Le maire ne flanche pas

Dans ce théâtre démocratique tragique, le communiste Michel Soulas reprend : « C’est hallucinant de devoir faire des vœux pour avoir une réponse sur des sujets aussi importants que l’action sociale. » « Est-ce que vous avez vraiment envie de travailler avec l’opposition pour faire avancer la vie de la ville ? Vous avez la majorité au conseil municipal mais pas dans la population » éructe Cyrille Jeanneau, « gêné » que la situation puisse encore « durer, durer, durer ». En effet le débat s’éternise, tourne sérieusement en rond et se remplit de piques venant surtout de l’opposition. « Vous nous imposez votre vision de la chose, vous seul décidez, ça me rappelle le film Un ami qui vous veut du bien » dit l’ancien partenaire d’Emmanuel François Nabil Benzait.

En face le maire encaisse, rétorque, parfois soutenu par son équipe comme Amin Brimou (en charge notamment de l’éducation). Il reste droit dans ses bottes, concédant juste de rendre publiques les études déjà menées sur la structure du Magasin Général. Pour le reste, il se sent sûr de sa politique, ne se voit pas lâché par son équipe même dans un vote à bulletin secret. Il est chahuté mais ne veut pas vaciller. « Vous êtes piégé et vous ne savez pas vous en sortir » le prévient Michel Soulas. Un prochain combat aura lieu dans moins de deux semaines le 12 juillet, avec un nouveau conseil où il faudra revoter le budget jugé insincère par la Chambre Régionale des Comptes. Là, le 1er magistrat corpopétrussien n’aura pas le droit à l’erreur sous peine de mettre la ville sous tutelle. La préfecture et d’autres grands élus du département surveillent la situation de près…

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