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Roro, plus costaud que jamais, continue de parler de son handicap avec succès

Il y a deux ans, lors de nos premières interviews de lui, nous le décrivions comme pompier, sportif, papa poule et homme accompli comme beaucoup d’autres à Tours et ailleurs, à une différence près qu’il se déplace en fauteuil roulant, suite à un accident aux sports d’hiver l’ayant rendu tétraplégique. A l’époque le Tourangeau qui se fait appeler « Roro le costaud » était suivi par 23 000 personnes sur Instagram où il partageait son quotidien avec bonne humeur. Deux ans après, rien n’a changé ou presque, Romain Guerineau est encore tout cela, à une différence près, c’est qu’il est devenu (encore plus) un véritable influenceur sur les réseaux sociaux, se faisant un nom et étant invité dans nombre de médias. L’occasion de revenir vers lui pour qu’il nous raconte cette évolution…

Bonjour Romain, depuis que l’on s’est vu il y a deux ans, tu es devenu une véritable star, on t’a même récemment vu dans une longue et intéressante interview sur Brut. Comment cela s’est fait ?

Romain Guerineau : Pour Brut, cela s’est fait assez naturellement. Au départ cela devait se faire dans le cadre d’une semaine « no pressure » organisée par Instagram. Moi j’adore répondre aux médias comme Brut, parce que j’aime le ton, et c’est même plutôt un honneur d’y répondre. Il y a eu pas mal de retombées.

Depuis deux ans tu es devenu un véritable influenceur sur les réseaux sociaux, tu participes même je crois à des salons et des conférences ?

Romain Guerineau : Avant la crise liée à la Covid-19, je faisais pas mal de conférences en France oui, j’ai même été jusqu’en Corse. Je trouve cela super sympa, c’est même ce que je préfère faire, communiquer sur le handicap dans les entreprises, dans les écoles…

Comment tu t’organises car tu travailles toujours comme pompier au SDIS 37. Je suppose que cela te demande beaucoup de temps ?

Romain Guerineau : Cela prend beaucoup de temps, mais tout ce que je fais je le fais par plaisir. Mais vu le nombre de sollicitations, je suis obligé de sélectionner en effet. Surtout que n’oublie pas que mon travail numéro 1 c’est d’être pompier au SDIS et que ma priorité numéro 1 reste ma fille. Les réseaux sociaux c’est du plus, je prends cela comme du bonheur, mais ce n’est pas mon travail, ni ma vie.

Vu ta notoriété, tu as été approché par une agence ou une boite qui gère des influenceurs ?

Romain Guerineau : Oui, je suis géré désormais par une agence qui s’occupe de la partie commerciale qui demande beaucoup du temps. On s’est mis d’accord, car je suis sélectif et je ne suis pas prêt à faire tout et n’importe quoi pour avoir de la visibilité. Mais cela permet de payer le matériel notamment, car je fais tout, tout seul, les vidéos, le montage

Comment tu expliques ton succès ?

Romain Guerineau : Je ne l’explique pas. Je suis derrière mon écran comme dans la vie, je ne triche pas. C’est forcément un peu déstabilisant. J’ai parfois des gens que je croise qui veulent se prendre en photo avec moi, cela fait bizarre. Moi, j’essaye juste d’être bienveillant et du coup j’ai ma communauté qui l’est aussi. Les gens ont besoin de messages positifs je crois, même si je n’élude rien du handicap dans mes communications, je ne cache rien et souligne aussi les difficultés. Après c’est génial car cela ouvre des opportunités comme des passages TV où j’ai pu faire chroniqueur. C’est quelque-chose que j’aimerai poursuivre.

Quand on s’est vu la dernière fois, tu avais des ambitions sportives (ndlr : il visait notamment la qualification pour les Jeux Paralympiques de Paris en 2024 en athlétisme) que tu mettais beaucoup en avant, qu’en est-il aujourd’hui ?

Romain Guerineau : L’handisport, je continue d’en faire beaucoup, mais je ne fais plus de compétitions, j’ai un peu décroché de l’athlé sur piste. Déjà parce que le club a fermé (ndlr : Romain s’entraînait avec le pôle handisport de Saint-Cyr-sur-Loire fermé l’été dernier). Et puis ma fille grandit, donc c’est compliqué d’avoir tout à gérer. Je continue néanmoins à m’entraîner sur route ou sur home-trainer.

Pour le suivre sur Instagram (son réseau préféré) c’est ici