A la uneSociété

Réouverture des écoles : de nombreuses inquiétudes chez les parents d’élèves…

 

A quelques jours de la reprise scolaire, la confusion règne encore dans beaucoup de communes avec des informations qui tombent au jour le jour et parfois contredisent celles données la veille. Alors que certaines communes n’ont pas encore tranché sur le fonctionnement de la reprise scolaire, d’autres avancent à tâtons comme la ville de Tours qui a finalement repoussé la réouverture des écoles au 14 mai.

« Bonjour c’est la maîtresse de votre fils, je vous appelle pour savoir si vous comptez le remettre à l’école à partir du 12 mai ? » Ce genre de message, de nombreux parents d’élèves l’ont reçu, par mail ou par téléphone ces derniers jours. A quelques jours de la reprise (partielle) scolaire, l’heure est à l’organisation pour le personnel de l’Education Nationale, les collectivités et les parents mais pour tous encore beaucoup de questions sans réponses et de nombreuses inquiétudes.

Pour les parents, il n’est pas toujours simple d’y voir clair. Difficile dès lors de faire son choix, d’autant plus que les messages envoyés se brouillent les uns les autres parfois. « Jeudi l’institutrice de mon fils en CE2 m’a appelé pour dire que sa classe reprendrait le 12 mai. Dans le week-end on a appris que finalement non, on ne sait plus trop quoi penser. On attend juste des directives claires. » témoigne Valérie, mère également d’une élève en CP dans la même école de Tours. « Pour ma fille, sa classe reprend le 12 mai (ndlr : finalement le 14 mai après l’annonce de la ville de Tours ce lundi soir), du coup je ne vais pas l’envoyer à l’école si son frère n’y va pas. Vu que je ne peux pas retourner au travail pour le garder, je vais faire de même avec ma fille. »

Une organisation dans le flou

La reprise de l’école pour faciliter le redémarrage de l’économie est pourtant un des objectifs affichés par l’Etat, mais comme souvent le passage à la pratique ne suit pas si simplement la théorie. « Je ne sais pas quand mon fils pourra retourner à l’école et même quand ce sera le cas, on a été prévenu qu’il pourrait y avoir des rotations par groupes, c’est-à-dire qu’il n’aurait pas école tous les jours s’il y avait plus de 15 élèves dans la classe, je ne vois pas comment je pourrais m’organiser au travail dans ces conditions » poursuit Valérie.

« Outre l’aspect inquiétant de remettre nos enfants au contact d’autres personnes, sans que l’on puisse veiller sur eux, il y a aussi tout l’aspect organisationnel et là on est dans le flou le plus total » évoque de son côté Paolo, père de trois enfants dont un en grande section de maternelle et de deux en primaire (CE2 et CM2). « Pour l’école on commence à y voir plus clair mais par exemple pour le périscolaire le soir on n’a aucune information alors qu’on est à une semaine de la reprise. Moi je ne peux pas finir mon travail à 16h pour aller les chercher, du coup je ne sais pas comment on va faire, c’est une vraie source de stress. »

Le déconfinement : une source d’angoisse

Pour beaucoup de parents, le déconfinement est ainsi une source d’angoisse. Problèmes organisationnels mais aussi ceux sanitaires avec l’idée que leur progéniture puisse être si ce n’est en danger, être au mieux potentiellement exposée à un risque. « Je sais que le personnel de l’Education fera de son mieux, mais cela reste des enfants, la notion du danger et du respect des distances, ils ne l’ont pas comme nous, il y aura forcément des contacts » évoque de son côté Laïla, mère d’une petite fille en CP. Et cette dernière d’adresser une remarque : « les écoles ont été les premières choses structures fermées car les enfants étaient potentiellement transmetteurs du virus et là on rouvre sans aucune assurance, je trouve cela inquiétant. » Un problème pointé également par Paolo : « Cela fait deux mois que mes enfants sont confinés, ils n’ont pas l’usage des gestes barrières à l’extérieur, forcément les premiers jours cela va être compliqué, je souhaite bon courage aux profs. »

Print Friendly, PDF & Email