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Ramener les jeunes au cinéma : le défi des Studio à Tours

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Situées face au Conservatoire de la Rue des Ursulines et gérées par une association, les 7 salles des cinémas Studio font de Tours la ville au complexe art et essai le plus fréquenté de France. Avant la pandémie de Covid-19 on y totalisait environ 350 000 entrées annuelles, loin derrière le CGR des Deux-Lions mais nettement devant le multiplexe de la même enseigne près de la gare ou celui de Pathé à Tours-Nord. Fermé pendant 9 mois en 2020 et 2021, le site cherche à remplir de nouveau ses fauteuils. Et c’est compliqué…

D’ordinaire en automne, les Studio c’est 9 000 entrées par semaine, environ 1 300 personnes dans les salles au quotidien. Cette année, c’est plutôt 6 500 tickets vendus en 7 jours tous publics confondus (scolaires, adultes…). « A quoi c’est dû ? Il y a plein de suppositions » disserte Jean-Pierre Moreau, l’une des figures du multiplexe associatif. Faute d’étude précise sur le sujet, il tente quelques explications : « Certains ont pris d’autres habitudes de culture qu’ils garderont… ou pas. Peut-être aussi que certaines personnes ont du mal à revenir par crainte. »

Ce phénomène touche tout le monde, à Tours et en France. Même les rencontres avec les équipes de films sont moins remplies que d’habitude. Il y a tout de même des exceptions : des salles remplies pour le dernier James Bond un mois après sa sortie au CGR des Deux-Lions, des avant-premières combles pour le film Aline de Valérie Lemercier et les classes toujours aussi nombreuses à réserver aux Studio… « Je pense qu’on finira par revenir à nos chiffres d’avant la pandémie mais ce sera long » estime Jean-Pierre Moreau qui base plutôt ses comparatifs sur les données de 2018 car 2019 était un cru exceptionnel pour les cinémas français. Un chant du cygne avant la déroute.

Des séances avec animations pour les 15-25 ans

Alors comment ramener du monde dans les salles ? « On a quelques idées » avance le responsable associatif qui parie notamment sur le dynamisme événementiel des Studio : le festival LGBT et féministe Désir Désirs dont la 29e édition est prévue en janvier, le Festival International du Cinéma Asiatique de Tours qui se déroulera fin mars-début avril ou la Nuit des Studio (marathon de films nocturne le 4 juin). L’appétit cinéphile est là, en témoigne la longue queue dans la rue pour une vente d’affiches il y a quelques semaines. Ou la hausse du nombre de communes partenaires du FICAT (Saint-Pierre-des-Corps, Joué-lès-Tours, Chambray…). La nouvelle directrice de Jazz à Tours est également venue vers le cinéma pour travailler à des projets communs (la création d’un ciné-club musique est à l’étude).

Mais le grand objectif des Studio, c’est de faire venir les 15-25 ans, sans doute celles et ceux qui se détournent en priorité des salles pour les plateformes ou d’autres activités. « C’est un public qui manque aux salles art et essai en général. Il faut qu’on aille le public où il est, dans les quartiers, sur les réseaux sociaux et même à McDo s’il le faut » dit sérieusement le directeur Philippe Lecocq.

Des liens avec les travailleurs sociaux

Pour y parvenir, l’association dédie trois personnes et un équivalent temps plein à la tâche, dont la jeune Manon qui est en service civique :

« Il y a encore des choses à développer mais nous avons mis des propositions en place comme des séances du samedi après-midi dirigées vers les 15-25 ans avec des animations comme la venue d’un graffeur ou d’un danseur, un blind test… On sélectionne des films susceptibles de plaire à ce public, y compris des blockbusters ou de l’animation. Nous avons également un groupe d’une dizaine d’ados de 14 à 17 ans qui participent régulièrement au ciné-club, prennent part à la programmation et proposent leurs animations. »

Un partenariat a été mis en place avec l’ESCAT (l’école de cinéma de Tours-Nord) et un autre avec le week-end hip hop qui se prépare pour fin novembre avec par exemple les projections de deux films culte (8 Mile et La Haine). « Nous voulons confronter les publics pour renforcer les liens entre cinéma et musique » plaide Manon. C’est aussi pour ça qu’il y a des ciné-concerts à plusieurs occasions aux Studio. « On essaie de se mailler avec les différentes structures culturelles pour sortir du marasme » résume Philippe Lecocq. Autre projet : une plateforme accessible aux travailleurs sociaux qui pourront ainsi proposer des films aux personnes qu’ils rencontrent en centre social voire dans la rue, et donc les amener vers les salles.

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