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Quel avenir pour les œuvres du Haut de la Tranchée ?

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Depuis plusieurs mois, l’ancienne mairie de Saint-Symphorien n’est plus seulement un vieux bâtiment en partie délabré. Elle a pris des couleurs grâce à l’accrochage de plusieurs dizaines d’œuvres d’art, à l’initiative de l’association Cavalier Rouge. Une exposition qui doit bientôt être décrochée pour assurer la promotion du projet de rénovation du quartier. Une échéance qui suscite de la crispation.

« Au printemps 2020 notre projet c’était la toute première manifestation culturelle de France post-confinement » s’enthousiasme Michel Pommier. L’homme conduit le collectif d’artistes qui a participé aux Chantiers de la Création du Haut de la Tranchée à Tours-Nord, ou l’habillage par l’art de l’ancienne mairie de Saint-Symphorien désaffectée depuis 12 ans.

L’idée a commencé à germer quand l’ancienne municipalité a parlé d’un projet immobilier dans le secteur. Au départ des constructions de logements, un parking à étages, une école neuve… La mobilisation de riverains et le changement de direction politique de la ville ont eu raison des plans initiaux mais des travaux restent envisagés parce qu’il faut bien rénover les locaux scolaires et faire quelque chose du vieux bâtiment municipal (les élus évoquent la création d’une Maison de la Démocratie, dont le contenu n’est pas encore précisément défini. Une consultation populaire est en cours depuis plusieurs mois pour affiner tout ça).

Quoi qu’il en soit, il faudra encore de longs mois avant l’arrivée des engins de chantier. En attendant, que faire ? C’est un peu la question posée par l’association Cavalier Rouge et Les Chantiers de la Création. L’artistique a donc pris le pas sur le revendicatif avec des rassemblements sur la Place de la Tranchée le week-end puis, progressivement, des accrochages sur la façade. D’abord les fenêtres puis tous les espaces disponibles, au rez-de-chaussée comme au 1er étage. L’ensemble a officiellement été inauguré le 11 septembre 2021. Aujourd’hui, ce sont 55 artistes qui exposent là dont 32 femmes, « et certaines œuvres font écho à la courbe de Buren ce qui la met en valeur » relève l’adjoint au maire chargé de la culture Christophe Dupin qui a autorisé la démarche et même associé la manifestation au programme des Inattendus, l’offre culturelle estivale de la ville.

« Décrocher maintenant c’est trop tôt »

Pourtant, les relations municipalité-Cavalier Rouge ne sont pas au beau fixe ces derniers temps… La mairie a fait part de son souhait de voir fresques, tableaux et sculptures s’en aller pour installer des panneaux de communication sur le projet du Haut de la Tranchée. Cela pourrait se faire dès les premiers jours de 2022, et c’est beaucoup trop tôt pour l’équipe des Chantiers de la Création : « Ce n’est pas respectueux, ce qu’on a fait là ce n’est pas de l’art jetable. Donc nous n’avons pas l’intention de décrocher le 1er étage dès le 6 janvier comme on nous le demande » s’agace Michel Pommier. Ce qu’il déplore, c’est qu’au moment de l’installation, la ville n’avait pas donné de date de fin claire, « sinon on n’aurait pas fait les choses comme ça ». Il lui reproche aussi un manque de communication sur ses canaux : « Il y aura un article en janvier de Tours Magazine, c’est trop tard si tout est déjà enlevé. »

En fait, le collectif veut faire pression pour que les œuvres ne retournent pas dormir dans un atelier à l’abri des regards. « Il y a eu un attachement à cet accrochage, il suscite de la curiosité des passants et beaucoup de personnes ne l’ont pas encore vu. Décrocher maintenant c’est trop tôt. La mairie a des impératifs mais nous aussi. On a besoin de temps, par exemple jusqu’au printemps » plaide Michel Pommier. Son espoir : organiser une grande rétrospective d’ici 2 à 3 ans au Centre de Création Contemporaine Olivier Debré et, dans l’intervalle, trouver une solution pour que le travail des artistes continue d’être montré, que ce soit dans une salle, des locaux municipaux, au Beffroi comme l’a suggéré l’élu Bertrand Renaud « ou via un parcours dans le quartier des arts du Vieux-Tours » suggère Zazou qui fait partie de l’aventure. Pour en parler, l’association prévoit une assemblée générale à la Tranchée le samedi 18 décembre.

De la culture dans la future Maison de la Démocratie ?

De son côté, la ville estime que cet emballement n’est « pas tellement fondé » : « Je suis surpris de la demande car ça fait 5 mois que le projet est en place » relève l’élu Christophe Dupin qui salue « un beau projet qui correspond aux objectifs de politique culturelle de la ville ». « J’aimerais qu’on réussisse aussi bien le décrochage que l’accrochage » ajoute-t-il, laissant la porte ouverte à un petit délai supplémentaire (« Si on peut retarder, on retardera ») tout en restant ferme sur la finalité : « Le projet urbain nécessite un temps d’expression sans les œuvres. On a besoin de faire un sondage sur 4 propositions qui émanent des ateliers de co-construction. »

Christophe Dupin qui souhaite également que la culture fasse partie intégrante du futur projet de Maison de la Démocratie, même si la forme restera à définir. « Ça aurait du sens » dit l’adjoint au maire. Un point sur lequel il s’accorde avec Cavalier Rouge qui relève que, malgré une forte présence d’artistes, Tours-Nord fait office de parent pauvre culturel sur le territoire municipal.

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