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[HistLoire] Quand la Gloriette devait être urbanisée

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HistLoire, c’est une chronique régulière sur 37° où nous vous proposons un petit focus sur un pan d’histoire tourangelle.

La Gloriette c’est aujourd’hui le plus grand parc urbain de la ville de Tours et la Métropole (qui gère le site). Un espace préservé de 200 hectares, dont une quarantaine aménagée pour des activités éco-ludiques. Un parc apprécié des Tourangelles et Tourangeaux qui aiment s’y retrouver à l’année ou lors des événements qui s’y tiennent comme la Fête de Printemps ou encore les festivals comme Aucard de Tours qui s’y tiendra une nouvelle fois du 07 au 11 juin.

Un véritable patrimoine vert du territoire qui a également une utilité en cas de crue par exemple, en tant que bassin d’expansion des crues, elle permet en effet d’absorber une partie de la crue en zone vierge d’habitations et de constructions comme ce fut le cas en 2016 (photo ci-dessous).  Un espace prévieux donc qui a pourtant a failli connaître un autre sort. Au croisement des années 1980-1990, Jean Royer, alors maire de Tours, lançait en effet son projet d’urbanisation de la Gloriette…

13329511_10154347006879736_1103256173231568866_o                                                        La plaine de la Gloriette en 2016 avec le chapiteau d’Aucard sous les eaux (c) Pascal Rémy

Au milieu des années 1980, Jean Royer est un maire à la solide réputation de bâtisseur. Arrivé au pouvoir municipal en 1959, le maire de droite a fait sortir de terre de nombreux projets, bouleversant le visage de la cité ligérienne. A la faveur d’une époque où la démographie et l’économie progressaient conjointement, le maire de Tours s’impliqua fortement pour lancer de nouveaux quartiers comme les Fontaines ou les Rives du Cher pour ne citer que les plus emblématiques. Des nouvelles zones urbanisées gagnées sur la nature et le Cher pour ces deux exemples. Par ailleurs, après avoir étendu la ville sur le coteau Nord de la Loire suite aux annexions des communes de Saint-Symphorien et de Sainte-Radegonde, Jean Royer souhaite développer Tours au-delà du Cher.

Une volonté qui va se traduire par le lancement du projet de technopôle (sur l’actuel quartier des Deux Lions). Un technopôle que le maire d’alors souhaite compléter par un quartier d’habitations dans la plaine de la Gloriette. La première partie de ce projet, la création d’un technopôle, fut lancé dans les années 80 avec le remblaiement de la zone alors inondable (jusqu’à plus de 5m d’élévation des terres, ce qui explique aujourd’hui que le quartier des Deux Lions soit l’un des rares quartiers de Tours à être quasiment entièrement en zone non inondable) et la construction des premiers bâtiments ouverts au début des années 90 (fac de droit, école polytechnique…). En complément, Jean Royer prévoit donc un quartier d’habitations sur les 180 hectares de la plaine de la Gloriette.

La Gloriette un quartier d’habitations entouré d’eau…

Exif_JPEG_PICTUREProjet d’urbanisation de la plaine de la Gloriette.
D’après le livre « La Loire Déchirée », Alexis Boddaert, Ed. NR 1994

La création du nouveau quartier de la Gloriette s’annonce de nouveau titanesque comme chantier. Il convient alors de remblayer également cette plaine et de la protéger par une digue. Le quartier en lui même voulu par le maire de Tours est un projet pharaonique avec comme emblème la construction de deux tours en verre signées Jean Nouvel, mais également un réseaux de canaux au coeur du quartier ainsi que le creusement d’un lac de 30 hectares. Au total, si ce nouveau quartier doit accueillir près de 4000 logements et 8000 à 10 000 habitants selon le souhait de Jean Royer, ce dernier promet de privilégier les espaces verts qui doivent occuper 50% de l’espace du nouveau quartier.  Un projet immense qui est chiffré à 1,33 milliards de francs en 1991.

… Mais un quartier qui tombe à l’eau

Ces deux projets menés de front poursuivaient le travail d’urbanisation sur les bords de Cher entamé depuis trois décennies. Depuis le début des années 60 :

carte val de cherL’aménagement du Val de Cher à Tours

Mais alors que Jean Royer a toujours réussi à mener ses grands projets, ce dernier arrive néanmoins à contretemps, à une époque où les questions environnementales commencent à être prises en compte dans les projets d’urbanisme : loi sur l’eau en 1992, Plan Loire Grandeur Nature en 1994… C’est également en 1994, que le préfet d’Indre-et-Loire en refusant le Schéma Directeur de l’Agglomération Tourangelle, enterre définitivement l’urbanisation de la Gloriette. Un échec majeur pour Jean Royer qui subit dans le même temps l’enlisement du projet de technopôle, ce genre de quartier étant passé de mode. Ce dernier sera repensé pour devenir le quartier mixte des Deux Lions par son successeur Jean Germain. Quant à La Gloriette, elle restera une plaine inondable utile en cas de crue, occupée un temps par les derniers exploitants agricoles présents avant de devenir dans les années 2000 une zone destinée au loisir vert pour sa partie sud.

 

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