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Portrait mystère #2

Vous avez déjà pu voir ses vêtements au salon l’Art au Quotidien de Tours ou lors d’un défilé pour la lutte contre le cancer du sein à Saint-Cyr-sur-Loire… Pétillante et spontanée, cette créatrice de mode de 22 ans imagine des pièces sur-mesure pour femme et homme dans un style chic et rock. Installée jusqu’ici dans la ferme familiale de Manthelan, elle profite du printemps pour déménager son atelier dans l’agglomération tourangelle.

Vous préférez le terme de créatrice de mode à celui de styliste, pourquoi ?

Styliste c’est juste travailler l’idée, moi je tiens à tout faire : l’idée, la création du patron et la fabrication du vêtement. Ce sont trois métiers qui vont ensemble.

Comment est née votre passion pour la mode ?

Mes deux arrière grand-mères étaient passionnées de couture. L’une rêvait de travailler dans ce domaine et m’a beaucoup appris, l’autre était chez Guerlain. Je ne l’ai pas connue mais ça a dû déteindre sur moi : depuis toute petite je dessine et je touche au tissu. C’était évident et je ne me suis jamais posé de question d’autant qu’à l’école je n’étais pas une élève studieuse, sauf en arts plastiques. Bref, les métiers de bureau ce n’est pas pour moi.

Comment définissez-vous votre style ?

Mes créations me ressemblent, elles mélangent plusieurs parties de ma personnalité : chic, glamour, toujours avec une petite touche de rock comme une chaîne, une fermeture métallique ou des boutons dorés. Et puis je travaille beaucoup sur l’asymétrie, peut-être parce que je suis moi-même asymétrique (rires). Enfin je m’inspire de créateurs comme Alexandre Vauthier et Azzedine Alaïa.

En 2018 vous avez participé à la fashion week de Vancouver au Canada, qu’est-ce que ça vous apporté ?

D’abord un écho médiatique ici en local. J’ai également pu me rendre compte que ce métier était encore plus difficile que ce que je pensais : il faut énormément de détermination, ne jamais s’arrêter.

Ça fait quoi de voir vos créations défiler pour la première fois ?

C’est génial ! La plupart du temps je suis dans les backstages, mais à Vancouver je suis passée de l’autre côté du rideau. Ça permet de prendre du recul. Quand je travaille à l’atelier je suis seule, le nez dans les créations et la tête dans le guidon. Je suis obligée de demander un avis sur mon travail aux amis ou à la famille donc j’ai besoin d’événements comme ça pour savoir ce qui va ou pas et me faire un réel avis. Je suis extrêmement exigeante, très pointilleuse, j’en veux toujours un peu plus. Mon cerveau n’est jamais en pause : la nuit je fais une deuxième journée, je suis capable de me relever pour griffonner une idée sur un bout de papier. Chaque détail a son importance, voilà pourquoi je fais du sur-mesure : ce qui m’intéresse c’est de travailler un vêtement original unique, de fabrication française avec des tissus français.

On dit que la mode n’est qu’un éternel recommencement, qu’en pensez-vous ?

C’est bien vrai ! Le style ça tourne tout le temps : aujourd’hui on ne crée plus, on réinvente, on modifie, on améliore.

Vous pensez avoir trouvé l’artiste cachée derrière ce portrait mystère ? Vérifiez la réponse en regardant la vidéo ci-dessous :

« Portrait mystère », un article paru initialement sur 37° Mag, le magazine papier-connecté de 37 Degrés.

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