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Pavoisement, de la Touraine à l’Iran

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Le plus vieux pont de Tours, qui enjambe la Loire depuis 1778, a vu de l’eau couler sous ses arches. Souvent réduit à son aspect fonctionnel, le Pont Wilson voit aujourd’hui passer les tourangeaux en tram, à pied, à vélo (et en voiture le temps des travaux sur le pont Napoléon cet été). Objet du quotidien, il n’en reste pas moins un ouvrage d’art rehaussé de couleurs chaque été pour quelques mois. Un pavoisement constitué de plus de 20 drapeaux colorés toujours imaginés par des artistes.

En 2021, la mairie de Tours a décidé de confier ce projet de pavoisement à Hasti Radpour, artiste suédo-iranienne de 40 ans. Elle a travaillé sur l’environnement du pont, autour duquel oiseaux, végétaux et humains se côtoient. C’est cet environnement, ce lien indéfectible avec la nature qu’elle a voulu rappeler dans son travail conjugué avec une résidence artistique à l’octroi de la Place Choiseul (le bâtiment à l’extrémité du pont où l’on octroyait le passage contre monnaie sonnante), qui est le camp de base de l’association Mode d’Emploi qui collabore chaque année avec la ville pour ce projet. 

Hasti Radpour devant le pont Wilson

La Loire et sa biodiversité

“Dans le cadre d’un projet européen de transmission du patrimoine auquel participent Tours et Linköping, la ville de Suède où je vis, mon projet a été sélectionné pendant la pandémie. J’ai donc travaillé depuis la Suède. J’ai pu réfléchir notamment sur la biodiversité qui constitue la Loire, en particulier à travers les oiseaux qui y vivent et y migrent” nous indique Hasti Radpour

Des oiseaux locaux, tels que le martin pêcheur, la sterne, la mésange ou encore l’aigrette, qu’elle a inclus dans beaucoup des drapeaux, et dont la symbolique est également très ancrée dans la culture iranienne. En effet, le travail de Hasti Radpour rappelle à bien des égards les peintures que l’on peut voir sur les murs de la plupart des villes iraniennes, où les étudiants en art sont invités par les mairies à exercer leur talents pour rendre l’espace public plus esthétique. Ces œuvres de commande étant très souvent détournées ensuite par des artistes non-officiels qui ajoutent souvent de nombreux oiseaux piaillant quelques saillies anti-gouvernementales.

Les oiseaux locaux, un culture commune

Hasti Radpour le confirme : “J’ai également inclus ces oiseaux dans mon œuvre car ils sont un symbole de liberté en Iran, pouvant se déplacer et s’exprimer sans entraves. Dans chaque drapeau on retrouve aussi des symboles issus de la culture iranienne.”

En effet, si le flâneur y prête attention, il pourra découvrir symboles calligraphiques, motifs inspirés des tapis persans, ou encore des miniatures persanes. Un vrai plaisir de découvrir ce mélange entre deux cultures, française et perse, bien moins éloignées que l’on ne le pense. En effet, on trouve en Iran de nombreux francophones, la langue elle-même intègre notamment près de 400 mots français, “merci” se dit pareil dans les deux langues. Comme en France, on cultive l’art classique comme moderne, la poésie, la littérature. Une belle occasion de faire découvrir deux mondes aux passants qui prendront le temps de regarder le pavoisement, qui flottera doucement sous le vent porté par la Loire jusqu’à octobre prochain. A voir.

Un degré en plus :

Hasti Radpour s’intéresse également à ce qui failli compromettre sa résidence : le confinement et le Covid-19. Elle a créé deux œuvres dans le cadre de sa résidence intitulée : “Les yeux ne mentent jamais”. A découvrir dans l’octroi, au bout du pont.

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