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On s’est infiltré dans les coulisses du TEDx Tours 2021 et on vous raconte

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Un Grand Théâtre de Tours complet en 36h : peu d’événements parviennent à réaliser un tel exploit. Le TEDx de Tours, si. Pour sa 7e édition l’événement a rassemblé un millier de personnes venues voir 5 speakeuses et 5 speakers qui ont parlé de l’ARN messager qu’on retrouve dans certains de nos vaccins anti-Covid, de l’impact positif des arbres sur notre psychisme ou encore de l’informatique quantique. Une soirée pour enrichir ses connaissances. Près de 9 mois sont nécessaires pour la préparer…

« Je n’ai jamais fait de théâtre de ma vie et ça fait du bien. Peut-être que je pourrais m’y mettre si j’avais le temps. On verra à la retraite, ce n’est pas trop tard ? » Chantal Pichon est chercheuse au CNRS d’Orléans, spécialiste de l’ARN messager. Également enseignante, elle est habituée à parler devant un public mais plutôt dans des amphis ou des centres culturels. Mardi 26 octobre c’est sur la scène de l’Opéra de Tours qu’elle s’est exprimée pendant 15 minutes, face au parterre, aux balcons et à l’immense lustre qui orne la salle de spectacle. Une première qui l’a empêchée de dormir la nuit précédente : pour la détendre avant le speech l’équipe lui a donc proposé une séance de sophrologie qui semble avoir fait son petit effet. La spécialiste en ressort souriante, prête à diffuser son savoir.

C’est ça le TEDx : une soirée où des personnalités souvent peu connues se retrouvent propulsées devant un public qui n’a aucune idée du programme afin de lui faire part de leur spécialité. Le suspens fonctionne puisque les places s’arrachent, qu’il faut trouver des lieux relais pour élargir le nombre de spectateurs avec une diffusion live (cette année chez Etape 84) et que les vidéos replay totalisent parfois plusieurs centaines de milliers de vues.

Faire simple sans se renier sur l’exactitude du propos

Si Chantal Pichon a accepté de venir c’est pour « passer un message dans un domaine qui me tient à cœur. » Au cours de son propos elle insiste sur « l’espoir » que représente l’ARN messager utilisé dans les vaccins afin de contrer les maladies. Mais surtout, en filigrane, la chercheuse veut faire prendre conscience de l’importance du travail scientifique » souvent remis en cause depuis le début de la pandémie de Covid-19. « On ne peut pas laisser de côté des innovations » nous dit-elle depuis les coursives du Grand Théâtre. Un discours inspiré de ses travaux techniques qui n’a pas été évident à préparer :

« Je suis obligée de faire le plus simple possible tout en étant la plus exacte dans mes explications. J’avais fait une première version un peu compliquée qu’on m’a demandée de simplifier. Le résultat est un compromis entre moi et les coachs. »

Les coachs, il y en a plusieurs dans l’équipe du TEDx Tours qui rassemble une trentaine de bénévoles chargés de l’organisation, de la communication ou du recrutement des intervenantes et des intervenants. Cyril fait partie de cette dernière commission depuis trois ans, attiré là après avoir vu des conférences sur Internet. Il explique que speakeuses et speakers ont au moins deux répétitions avant le jour J « et parfois plus si ils le demandent. Certains l’ont fait cette année ».

Tenter d’être précurseurs

En clair, ce n’est pas la qualité orale des personnalités qui compte mais la teneur de ce qui sort de leur bouche : « On vient avant tout avec un sujet » explique celui qui passe son temps à repérer des idées potentielles dans Le Monde, en librairie ou dans les documentaires télévisés.

« Je cherche les thèmes dont on ne parle pas encore beaucoup aujourd’hui mais qui feront nos vies demain. Cela peut être par exemple un sujet en filigrane dans un article. Mais on a aussi choisi de traiter des champignons hallucinogènes peu avant que le magazine Newsweek leur consacre un article aux Etats-Unis. »

Et voici comment ça se passe : tous les 15 jours, Cyril se réunit avec le reste de l’équipe (5 personnes au total) pour échanger… puis chercher qui viendra incarner tel ou tel propos avec l’ambition de s’adresser au grand public tout en élevant les savoirs, quitte à paraître parfois un peu élitistes : « Contrairement aux TEDx d’autres villes on a choisi de ne pas faire d’expériences de vie du genre ‘J’ai traversé la Manche à la nage’. Notre parti pris c’est de chercher la densité du contenu, de simplifier des propos complexes. »

Paritaire, la sélection 2021 comportait ainsi un panel varié puisqu’on y trouvait une chanteuse connue (Flavia Coelho) un ethnobiologiste (Vincent Verroust) ou encore une artiste de rue (Kashink). Sur scène, chacun sa méthode : « Soit ils écrivent leur texte et l’apprennent par cœur, soit ils font une trame et brodent autour. »

Des propos captivants, d'autres gênants

On ressort de la soirée avec des sentiments partagés. Indiscutablement, celles et ceux qui basaient leur propos sur leur expérience personnelle ont été les plus pertinents, comme Flavia Coelho venue avec une petite valise pour illustrer le bagage mental avec lequel elle est arrivée en France, l’humoriste Alexis Le Rossignol qui nous raconte son trip Erasmus au Mexique ou Vincent Verroust à mourir de rire avec son speech sur les champignons hallucinogènes. On a appris des choses comme l’existence du mot asymptotique prononcé par Frédéric Magniez venu parler d’informatique quantique ou que des chenilles nous font parfois caca dessus quand on se balade en forêt (merci à Laurent Tillon pour cette image qui va désormais revenir à chaque sortie sous les arbres).

En revanche, au cours d’une soirée où l’on reçoit un nombre affriolant d’informations avec peu de temps pour les intégrer (le texte de Kwamou Eva Feukeu mériterait d’être imprimé pour mieux l’assimiler), certains discours tendant vers un propos politique ou moralisateur étaient perturbants voire carrément gênants puisqu’on était venus pour apprendre des choses, pas pour ingurgiter des opinions manquant de nuance sur des sujets déjà maintes fois essorés par les débats de chaînes d’information en continu. A l’inverse, Kashink qui nous parle de féminisme au travers de son vécu amène à s’intéresser à son point de vue sans nous l’imposer ce qui est bien plus habile.

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