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[Municipales à Tours] Les soutiens de Benoist Pierre croient en leurs chances

Il Est 21h ce mercredi soir, dans un bar de Tours, une trentaine de colistiers et militants de la liste « C’est Votre Tours » se sont donné rendez-vous. L’objet du soir n’est pas une réunion publique, ni même une réunion d’équipe, mais le suivi du débat organisé par France 3, entre les candidats aux élections municipales de Tours.

Des candidats, il n’y en a que 6 sur 11 sur le plateau, plus 1 qui interviendra en capsule pré-enregistrée. De quoi agacer les non-invités, qui dénoncent un « déni de démocratie » (Michaël Cortot, Philippe Lacaile). Du côté de France 3, on se retranche derrière les règles du CSA qui ont été respectées.

Du côté des militants de « C’est Votre Tours », leur candidat Benoist Pierre est bien en plateau, assis entre Claude Bourdin (C’est au Tours du Peuple) et Christophe Bouchet (Tours nous rassemble). Face à lui, on retrouve Emmanuel Denis (Pour Demain Tours 2020), Xavier Dateu (Nous, Vous, Tours) et Gilles Godefroy (Rassemblement National).

Un soutien à distance à leur candidat

21h06, début du débat à l’antenne, les militants ont le regard fixé vers l’écran géant. Quelques minutes plus tard, la première prise de parole de Christophe Bouchet suscite les premières réactions dans la salle, entre soufflements et rires…

 

Mais le maire sortant n’est pas celui qu’ils sont venus voir et écouter. Première prise de parole de Benoist Pierre, ce dernier évoque « la méthode », son point de départ pour tout projet qu’il souhaite mener. « Il est bien là » commente un colistier.  Les commentaires se succèdent toute la soirée, en version feutrée, entre deux voisins, la plupart du temps. Quelques salves d’applaudissements fleuriront également comme quand Benoist Pierre prônera une « écologie non-punitive », attaque indirecte en direction d’Emmanuel Denis, le candidat membre d’Europe Ecologie Les Verts.

Mais au cours d’un débat parfois un peu brouillon et décousu, le candidat soutenu par LREM et le Modem peine malgré tout à s’affirmer. « Il faut qu’il soit plus énergique, surtout que c’est son tempérament » commente d’ailleurs un militant.

22h45, fin du débat, les avis sont partagés. Certains trouvent que Benoist Pierre s’en est finalement bien sorti réussissant à placer quelques mesures fortes et nouvelles : une demi-heure de stationnement gratuit le vendredi après-midi, en plus de celle du samedi déjà annoncée et aussi étude d’un passage de la deuxième ligne de tramway par l’avenue des Tanneurs et la desserte des Bords de Loire et de Mame avant de replonger à La Riche.

Dans l’assistance, des colistiers fraîchement engagés en politique

Pour Loïc Guilpain, 37e sur la liste, Benoist Pierre a été bon : « il savait que le temps de parole était court et a donc été à l’essentiel » analyse-t-il avant de poursuivre : « Je suis content car il a pu placer des propositions que l’on avait travaillé au sein des ateliers jeunes.»

Agé de 33 ans, Loïc Guilpain est quelqu’un de très engagé au sein de la liste et plus généralement de La République en Marche qu’il a rejoint en 2017, « son premier engagement politique » précise-t-il. Depuis, il est devenu référent départemental du mouvement des JAM, les « Jeunes avec Macron » et s’est donc logiquement engagé auprès de Benoist Pierre.

Une campagne municipale, prolongement de son engagement depuis 2017 donc, que cet homme optimiste par nature prend positivement, malgré la période difficile pour les soutiens du président Emmanuel Macron. « C’est compliqué parfois avec les collègues » nous dit-il simplement, lui qui est professeur dans le Secondaire, tout en relativisant « mais je m’attendais à ce que la politique soit encore plus dure ».

Loïc Guilpain vit ainsi pleinement son engagement qui lui permet « d’avoir un autre regard sur les sujets de société ». Et celui qui dit adorer le contact avec les autres, d’apprécier notamment les échanges sur le terrain, « les gens ne sont pas toujours d’accord avec nous mais dans la majorité des cas on discute et on échange, parce qu’ils ont besoin de s’exprimer. »

Si la liste de Benoist Pierre contient un tiers de personnes issues de La République en Marche (ce qui est souvent pointé), elle contient également (et parfois dans le même temps) beaucoup de personnes pour qui cette élection est le premier engagement politique.

C’est le cas de Wilfried Leroy, qui se retrouve en 33e position sur la liste. Pour ce dernier, cette première candidature ne fut pas une évidence au premier abord. D’abord engagé au sein de l’association « En Avant Tours », portée par les socialistes tourangeaux, il a claqué la porte de ce mouvement, sur fonds de « désaccords d’ordre privé » dit-il sans s’épancher sur la question.

Le fait d’avoir rejoint Benoist Pierre dans la foulée lui a été (et lui est toujours) reproché par ses anciens camarades, parfois assez durement : « Le monde politique est plus dur que je ne pensais, j’y suis entré avec un peu de naïveté et je m’en rends compte pendant cette campagne » analyse Wilfried Leroy tout en saluant la personnalité de la tête de liste « C’est Votre Tours » :  « il ne m’a rien demandé, pas même de quitter Place Publique où j’étais adhérent, à l’inverse Place Publique m’a demandé de quitter leur mouvement quand j’ai rejoint la liste C’est Votre Tours ».

« Je n’ai pas rejoint Benoist Pierre pour une place mais parce que j’ai une volonté d’agir pour le Sanitas » explique encore celui qui est par ailleurs président du Centre Social Pluriel(le)s et de l’association de quartier du Sanitas « Mieux Vivre Ensemble » : « L’expérience associative m’a fait dire qu’il fallait s’engager pour agir concrètement sur le quartier et les habitants sont plutôt contents d’être représentés. »

Un peu plus loin, militants et colistiers échangent sur le débat qui vient de s’écouler. A 10 jours désormais du premier tour, ils sont tous persuadés d’avoir un vrai rôle à jouer et de pouvoir contredire sondage et « on dit » qui les donnent troisièmes et décrochés par Christophe Bouchet et Emmanuel Denis. « Je vous laisse on va aller coller quelques affiches » annonce un colistier en quittant le bar. La vie de militant en campagne ne s’arrête pas à un simple débat, même à 23h un mercredi soir…

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