[Municipales à Tours] La liste d’Emmanuel Denis croit plus que jamais en la victoire…

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Présentation complète de la liste, meeting le soir-même, ce mardi 11 février était une date importante pour le collectif « Pour Demain, Tours 2020 » du candidat aux élections municipales Emmanuel Denis. Un temps fort pensé pour lancer pleinement la campagne, un peu plus d’un mois avant le premier tour…

« Cette fois c’est parti, on ne peut plus reculer. » Il est un peu plus de midi dans la salle des mariages de l’Hôtel de Ville de Tours ce mardi 11 février, Thierry Lecomte plaisante. Ce dernier vient d’être officiellement présenté avec les autres colistiers qui forment désormais la liste « Pour Demain, Tours 2020 » conduite par l’écologiste Emmanuel Denis.

La présentation de la liste était attendue, d’autant plus après les mois de discussions entre les différentes forces de gauche qui ont précédé. Évidemment la date n’a pas été choisie au hasard, ce 11 février ayant été retenu pour une grande journée d’action. Un temps fort avec présentation de la liste le matin donc, visites de terrain en journée puis grand meeting le soir dans la salle Jacques Villeret des Fontaines, en présence de ténors politiques nationaux venus en soutien : Olivier Faure, député et premier secrétaire du Parti Socialiste, Julien Bayou secrétaire général d’Europe Ecologie les Verts, Clémentine Autain représentant Ensemble et députée dans le groupe de la France Insoumise et Sophie Taillé-Polian, sénatrice de Génération.s.

Une liste marquée à gauche mais voulant incarner une dynamique nouvelle

Il est aux alentours de 11h30 quand les membres de « Pour Demain, Tours 2020 » se rejoignent dans la salle des mariages de l’Hôtel de Ville. Une salle au nom symbolique, tant la liste ressemble à un mariage des différentes forces de gauche. Celui-ci a longtemps été incertain, quelques jours plus tôt, il n’était pas encore complet, l’accord avec le PCF n’ayant été bouclé qu’en fin de semaine précédente. Auparavant, EELV et sa variante « citoyenne » des Cogitations, avaient réussi à rassembler Ensemble, la France Insoumise, le Parti Socialiste (et sa variante citoyenne En Avant Tours), Génération.s, Place Publique, Nouvelle Donne… autant d’additions de mouvements et de courants de gauche réunis sur une seule liste, on n’avait jamais vu cela à Tours. « Nous voulons faire le Congrès de Tours inversé » en plaisante Emmanuel Denis en prenant la parole, en référence au centenaire du fameux congrès qui avait vu la division du mouvement socialiste et la création du parti communiste. C’était en décembre 1920 à Tours…

Dans les rangs de la salle des mariages, l’ambiance est détendue, souriante. On rigole, on s’encourage, on applaudit chaque présentation de colistier. Sur la liste, on retrouve toutes les composantes citées, avec une dominante écologiste et citoyenne. Suivent les socialistes, les insoumis, les communistes qui ont finalement obtenu leurs deux places éligibles, ce qui avait été le point d’achoppement pendant plusieurs semaines.  Pour caler toutes les composantes, il a fallu faire des choix, pas toujours évidents quand chacun aspire à être représenté au mieux dans cette union. Ensemble a ainsi lâché une place, les cogitations citoyennes se sont ouvertes également aux membres non encartés d’En Avant Tours… Forcément il y a quelques déçus. Mais l’essentiel est ailleurs et tous préfèrent souligner « l’aspect historique » du rassemblement.

Un rassemblement qui ressemble encore à une addition de forces et qui doit devenir une somme dans les prochains jours et prochaines semaines. Entre insoumis et socialistes, l’écart est en effet important en termes d’idéaux et de projets de société, mais tous croient dans la bonne intelligence des uns et des autres pour porter le programme commun et surtout son application derrière en cas d’élection. L’espoir est grand pour la gauche et la capacité à ravir la mairie à la droite bien réelle. Prière donc de laisser les animosités passées et les différences de côté. C’est d’ailleurs le sens du message porté par Olivier Faure présent toute l’après-midi aux côtés des membres de « Pour Demain, Tours 2020 ». Pour le premier secrétaire du Parti Socialiste : « Ce rassemblement dans l’ordre des choses, il faut faire émerger un bloc écologique, social et démocratique. Ce bloc est bien incarné par cette liste qui ont quelques divergences, il ne faut pas le nier, mais qui ont surtout des convergences pour faire avancer leur ville en portant une autre gestion. »

Pour Olivier Faure, « Pour Demain, Tours 2020 » incarne donc la nouvelle façon de faire de la politique, ce que Clémentine Autain, la députée du groupe de la France Insoumise à l’Assemblée Nationale et leader du mouvement Ensemble, acquiesçait également : « A Tours, on a une belle dynamique citoyenne et des organisations politiques qui viennent s’y joindre pour mener un projet social et écologique. C’est un peu le sens du « Big Bang » que l’on a lancé. On n’est pas dans un cartel de partis, mais dans une logique fédérative. » Et les deux députés de voir dans la liste d’Emmanuel Denis, un laboratoire local de ce que la gauche doit faire à l’avenir au national.

Ce rassemblement, beaucoup ne l’auraient pas imaginé il y a encore quelques mois, voire quelques semaines, les membres de la liste compris. L’image d’une Fanny Puel ex-membre du NPA, rigolant aux côtés du socialiste Jean-Patrick Gille ou faisant la bise à Olivier Faure sous les yeux rigolards de ses colistiers est quelque chose d’assez cocasse en effet. Sans devenir les meilleurs amis du monde, ce petit monde politique vit désormais ensemble, bien déterminés à écrire une belle histoire pour la gauche tourangelle.

Aux côtés de ces vieux briscards de la politique locale, on retrouve également beaucoup de jeunes, avec environ un tiers de vingtenaires ou jeunes trentenaires. On retrouve notamment la frange insoumise de la liste, Marie Quinton et Bertrand Renaud, en tête. Loin de l’image de militants politiques dogmatiques, ils se fondent eux aussi dans la dynamique commune. Et même si quelques vieux réflexes apparaissent parfois comme le fait de se regrouper essentiellement entre membres de la même frange, l’image qui ressort est celle d’un enthousiasme général et d’une volonté de dépasser les clivages d’origine.

Dépasser le socle de base écologiste et social

Pour remporter la mairie, l’histoire contée du rassemblement historique de la gauche, autant citoyen qu’il soit, ne suffira pas néanmoins. Pour convaincre les électeurs, les membres de « Pour Demain, Tours 2020 » ont décidé notamment d’axer leur campagne de terrain via un porte-à-porte massif en ville. Objectif affiché : 5000 portes ouvertes. Un chiffre que Benoit Faucheux, en charge notamment de cette tâche, compte bien finalement dépasser : « On en sera à 7000 d’ici la fin des prochaines vacances scolaires. » Un travail long, fastidieux mais indispensable. Pour le réaliser les militants utilisent un logiciel de stratégie électorale. « On avait essayé lors des dernières élections européennes et là on a généralisé la démarche » explique Benoit Faucheux. Un outil qui permet d’optimiser le travail de terrain grâce à des données croisées allant de la sociologie des quartiers aux données électorales sur les 15 dernières années. « On sait précisément quelles portes ont été faites, les tendances des derniers scrutins par bureau de vote, si un quartier nous est plutôt favorable ou non » nous montre smartphone en main Betsabee Haas, en 16e position sur la liste.

A quelques pas de là, Olivier Faure arrive, entouré des quatre porte-paroles de la liste, Emmanuel Denis, Cathy Munsch-Masset, Bertrand Renaud et Cathy Savourey. L’après-midi de cette journée est consacrée aux visites sur le territoire : locaux de Chrétiens Migrants, pépinière d’entreprise du Sanitas, maraîcher aux Iles Noires à La Riche. Trois temps reprenant le triptyque de campagne : social, écologie, économie. Julien Bayou, le secrétaire général d’EELV devait être présent aussi, mais pour avoir raté son train il n’arrivera que pour la réunion publique du soir.  L’occasion pour ce dernier de rappeler sur la scène du meeting qu’écologie et économie ne sont pas incompatibles ni antinomiques.

Un point important et si Julien Bayou a axé une grande partie de son temps de parole dessus, c’est qu’il sait que c’est souvent un axe employé par les opposants aux candidats écologistes pour décrédibiliser leurs projets. Or c’est bien en partie à travers cet axe que la liste « Pour Demain, Tours 2020 » réussira à ouvrir son électorat.

Un meeting qui clôt un chapitre dans la campagne et doit en ouvrir un autre

Le meeting justement. D’une simple réunion publique dans un quartier excentré, il s’est transformé en grand meeting de lancement de campagne. L’Espace Jacques Villeret avait fait le plein, la venue de leaders politiques nationaux n’y étant pas étrangère. Environ 300 personnes dans l’assistance, une salle chauffée par une animatrice, ce temps fort avait été pensé pour créer de l’enthousiasme et entraîner une dynamique. Dans l’ensemble l’exercice aura été réussi, même si quelques personnes dans le public pointaient le manque de propositions dévoilées ce soir-là. « Cela va arriver bientôt, on sort le programme prochainement » en convient Cathy Savourey, numéro 4 sur la liste et en charge de la rédaction du dit programme.

Ce programme il est attendu au tournant. Pour l’heure les propositions dévoilées confortent la base électorale avec un marqueur social et écologique fort (relire notre sujet sur les premières propositions de la liste « Pour Demain, Tours 2020 »), mais pour gagner l’élection il va falloir aller chercher d’autres électeurs. L’historique des élections montre qu’elles se gagnent ou se perdent souvent au centre, à Tours peut-être plus qu’ailleurs encore. Et alors que les opposants d’Emmanuel Denis cherchent à lui conférer une image de candidat d’extrême-gauche, ce dernier va devoir donner des garanties à un électorat moins sensible à ses thèmes de prédilection.

C’est un des grands enjeux pour le candidat écologiste. Sortir de l’image de candidat utopiste écolo-bobo de centre-ville. Une faiblesse qu’il faudra gommer. Car à regarder de près la liste des 57 candidats présentés (55 titulaires et 2 suppléants, une nouveauté de cette élection), certains secteurs de la ville peuvent se sentir oubliés. Quand on pointe ainsi l’absence de représentant sur le quartier du Sanitas, les réponses sont un peu gênées, et on rétorque une erreur dans le fichier qui va être réparée. Reste l’impression que la liste est un classique de la gauche. Si quelques salariés et cadres du privé sont bien présents (Emmanuel Denis en tête), on note en effet une forte représentation de membres issus de l’Education Nationale, de la Fonction Publique, du monde associatif ou encore de la culture.

La gauche a fait son rassemblement, il devrait lui permettre d’obtenir un socle de voix confortable au premier tour, mais « Pour Demain, Tours 2020 » doit maintenant dépasser ce cadre et lancer un nouveau chapitre dans sa campagne qui ne pourra que passer par un programme fort, capable de fédérer plus large que ce simple socle. Sous peine de voir les espoirs réels de gagner la mairie s’envoler…

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