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Les salaires, nouvelle illustration du fouillis entre Tours et la Métropole

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Ce mardi les agents de la ville de Tours sont appelés à faire grève. Un mouvement par épisodes lancé au début du printemps et qui trouve son origine dans la volonté de la ville de se conformer à une loi de 2019 (celle qui oblige les agents du public à travailler 1 607h par an). Les syndicats demandent des compensations à la suppression de congés liés à l’ancienneté (1 jour gagné tous les 5 ans, dans la limite de 5 jours après 25 ans de service). Puis leur grogne a dérivé sur la question des rémunérations après le mouvement des éboueurs de la Métropole. Une situation qui crispe encore un peu plus les rapports entre l’agglomération et sa ville centre.

Tours Métropole Val de Loire existe depuis cinq ans mais la collectivité regroupant 22 communes n’a toujours pas trouvé son rythme de croisière. Entre errements politiques et lenteurs de développement des projets elle s’est rajouté une complexité supplémentaire : la gestion des équipes. Pour rappel, au moment du changement de statut de l’agglomération, elle a élargi son champ de compétences et récupéré plusieurs centaines d’agents dans ses effectifs. Mais d’autres agents aux tâches similaires sont restés sous contrat avec les mairies. Une situation qui pose un problème nouveau, après le mouvement de grève des éboueurs.

Au départ l’action était lancée pour protester contre la loi de 2019 qui oblige les agents de la fonction publique à travailler 1 607h par an, supprimant forcément les jours de congés offerts en fonction de l’ancienneté. Après une grosse semaine de poubelles débordant de partout mi-mai, le mouvement a débouché sur une issue inattendue : pas de compensations en termes de congés mais 120€ d’augmentation mensuelle pour les éboueurs… et tout le personnel de la Métropole, quel que soit son statut (du bas de l’échelle aux cadres les plus hauts placés).

A Tours, malaise après l’augmentation à la Métropole

Immédiatement la ville de Tours a senti le malaise venir : comment expliquer aux agents des parcs et jardins sous sa responsabilité que des collègues avec qui ils travaillent régulièrement ont obtenu cette revalorisation salariale… mais qu’eux n’y sont pas éligibles ? De quoi relancer la discorde et la grogne des syndicats qui ont eu une réunion houleuse avec les élus dans la semaine du 6 juin et appellent dès ce mardi 14 à une grève potentiellement reconductible, brandissant désormais l’étendard des 120€ d’augmentation comme base de négociation.

Dans son bureau, la première adjointe ne cache pas son malaise : « Je comprends que les agents des parcs et jardins vivent mal le fait d’être lésés rapport à leurs collègues, alors qu’il y a trois ans ils ont été rebasculés de la Métropole à la Ville et qu’on a leur dit qu’ils y gagneraient » rembobine Alice Wanneroy. « C’est inconfortable et aujourd’hui je n’ai pas de bonne réponse. Le vrai sujet c’est la gouvernance. Il faut trouver un accord avec la Métropole. » Et l’élue de la majorité gauche-écolo de la municipalité d’ajouter : « Les grandes métropoles qui fonctionnent sont celles qui ont massivement centralisé les compétences. » Sous-entendu : à Tours, les disparités de statut sont un réel handicap capable de semer la zizanie dans les équipes et les services RH.

Des propositions aux syndicats de Tours le 22 juin

S’ensuit un deuxième exemple toujours à propos des parcs et jardins : pour répondre au malaise des agents qui perdent leurs jours d’ancienneté, la ville de Tours dit travailler à la création de jours de congés pour compenser la pénibilité de certaines tâches (valable aussi pour les agents des écoles et de nombreux autres métiers). Elle se dirige dans un premier temps vers un lot de deux jours par an… « mais les agents de Tours Métropole ne les auront pas » souligne Alice Wanneroy, ce qui créera une nouvelle disparité. Sur ce dossier, la première adjointe doit prochainement rencontrer la vice-présidente métropolitaine chargée du personnel (Maria Lépine).

En fait la question c’est : Tours va-t-elle devoir s’aligner sur la décision de Tours Métropole sur les rémunérations ? Alice Wanneroy rechigne sans se cacher : « Je ne choisis pas cette méthode d’une revalorisation homogène et immédiate car les métiers qui sont mal payés par rapport aux autres le restent » argumente-t-elle. Néanmoins, elle reconnait que vu le contexte d’inflation (hausse des prix de l’alimentaire et de l’énergie), une augmentation des rémunérations est pertinente et urgente : des propositions sont attendues le 22 juin, pour une application en septembre.

« Qu’il y ait une journée d’action avant je l’entends mais ce n’est pas pour autant qu’on va trouver des solutions dans la nuit » assène la première adjointe qui rappelle qu’en début d’année une enveloppe de 620 000€ a déjà été débloquée pour des augmentations individuelles ainsi qu’une enveloppe de 750 000€ pour verser 300€ de prime nets à l’ensemble des équipes de la commune sur la paye de juillet (pour le coup sans distinction). Mais pour la suite, elle attend de savoir quelle sera la hausse du point d’indice promise aux fonctionnaires par le gouvernement afin d’établir son budget. Précaution que n’a pas pris l’agglo. Une différence de méthode qui ne permet pas de détendre les relations entre collectivités…

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