Les grandes transformations du tribunal de Tours

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Évolution, voire quasi-révolution, le tribunal de Tours opère depuis presque 3 ans de grands changements. Immobilier, organisation, numérisation, les chantiers ne manquent pas pour adapter ce bâtiment construit en 1840 aux besoins de 2021.

Toutes celles et tous ceux qui sont passés place Jean Jaurès ces trois dernières années se sont certainement demandés quels pouvaient être les travaux qui se déroulaient au Tribunal et surtout quelle ampleur pouvaient-ils avoir ? Dans un monde judiciaire plus habitué à répartir la misère qu’à investir régulièrement, ceux-ci étaient en effet conséquents et s’achèvent enfin, loin de l’enveloppe initiale de 3 millions d’euros et du délai de 18 mois prévu à l’origine. Au final, ce sont près de 8,7 millions d’euros qui ont été en effet dépensés pour des travaux qui ont finalement duré deux fois plus longtemps que prévus.

Gros travaux pour gros enjeux

Plus compliqués que prévus donc, mais indispensable pour le trio formé de Grégoire Dulin, procureur et ancien conseiller de Christophe Castaner, Christophe Régnard, président du Tribunal, également vice-président de l’union internationale des magistrats, et Joffrey Bauduin, directeur du greffe. Ces trois là sont en quelque sorte à la tête de la justice en Touraine. Tous arrivés il y a peu (moins de trois ans) sont conscients que la justice doit évoluer avec son époque et prennent la fin de ces travaux comme la première étape de cette évolution nécessaire.

D’abord, il fallait adapter le palais de justice aux défis actuels. Bureaux vétustes, salles d’audience en nombre insuffisant, geôles inutilisables, problèmes de circulation des justiciables, créant des problèmes de confidentialité et de sécurité, les problèmes ne manquaient pas. Au total, 40 bureaux ont été rénovés, de nouvelles salles d’audience ont été créées, la salle des pas perdus a été entièrement refaite, et un nouvel espace SAUJ (service d’accueil unique du justiciable) a vu le jour. Des nouveaux espaces qui seront tous livrés en avril prochain. A cela s’ajouteront en juillet de nouvelles geôles, avec des circuits sécurisés pour les inculpés, ainsi qu’un espace d’archive de près de 900 mètres linéaires. Au programme de 2021, l’aménagement de nouveaux bureaux dans les combles, la rénovation des sanitaires et la création d’un patio. “Nous sommes bien conscients que l’accueil des justiciables doit être amélioré, et c’est le sens des travaux engagés” déclare Grégoire Dulin.

Ces travaux sont également l’opportunité de concentrer les moyens, les audiences et personnels du tribunal d’instance, qui officiaient jusqu’ici rue Edouard Vaillant, et sont rapatriés dans le bâtiment de la poste qui jouxte le tribunal, où un étage entier a été acquis.

Une gestion plus efficace

De quoi faciliter le fonctionnement de la justice tourangelle, et délivrer un meilleur service aux justiciables. En tout cas c’est ce qui est souhaité nous dit-on.

Les magistrats ont également de fortes attentes sur une meilleure circulation de l’information. En effet, le réseau informatique, la téléphonie, seront entièrement refondus, pour permettre une plus grande numérisation des échanges, qui permettra en novembre prochain d’intégrer la procédure pénale numérique. Un dispositif permettant un échange dématérialisé, donc plus efficace, entre les services de police, de gendarmerie, et les magistrats.

Par ailleurs, le recrutement de trois magistrats est en cours, permettant de compléter les forces du parquet et du siège. Avec le greffe, ce sont près de 148 professionnels qui assurent la bonne marche de la justice en Indre et Loire. Il manque encore des moyens pour traiter toute les affaires dans les meilleures conditions, en particulier au greffe où Joffrey Bauduin déclare ”qu’il manque pas moins de 18 temps plein”.

Grégoire Dulin de son côté, souligne la politique volontariste du palais de justice sur plusieurs types d’affaires, en particulier la lutte contre le trafic de stupéfiants, via une collaboration accrue avec les forces de l’ordre et notamment l’utilisation de moyens spéciaux, d’écoute et de balisage. Une attention particulière est portée également à la lutte contre les violences faites aux femmes, avec le déploiement de 20 téléphones grave danger, système d’alerte permettant l’intervention en urgence de force de police. Enfin, les moyens sont renforcés pour améliorer la saisie d’avoirs criminels (voitures, bijoux, parts de société acquis dans un cadre criminel).

La situation pénitentiaire : gros point noir

Côté chiffres, sur 2020, le trio dirigeant se montre plutôt satisfait. Il faut dire que le bilan est plutôt positif, avec 647 affaires ont été closes, pour 545 nouvelles affaires. Malgré la crise sanitaire et la grève des avocats en début d’année, le ratio d’affaires nouvelles et d’affaires terminées, c’est à dire jugées, est bien meilleur qu’en 2018 et 2019. Et les différentes rénovations devraient les améliorer à l’avenir espère le trio.

Pour autant, tout n’est pas rose, Christophe Régnard soulevant la crainte de “voir une explosion des dossiers de surendettements et de faillite après un an de crise sanitaire”. Autre sujet et gros point noir : la situation pénitentiaire à Tours, où près de 211 détenus se serrent pour 119 places à la maison d’arrêt. Une meilleure situation qu’en 2019 avec 291 occupants, mais qui reste tendue. La demande de financement d’un nouveau centre pénitentiaire formulée auprès du Ministère est restée pour l’heure lettre morte.

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