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Les araignées s’exposent au Muséum de Tours

Après les mammouths ou les fourmis, le Muséum de Tours ouvre grand ses portes à nos amies les araignées jusqu’en janvier 2022 pour sa nouvelle exposition.

Arachnide, araignée, mygale, veuve noire… des noms peu engageants pour beaucoup d’entre nous. Considérées comme nuisibles voire effrayantes, les araignées, au même titre que les reptiles, font partie des mal-aimés du règne animal.

Près de 48 800 espèces différentes forment le règne arachnéen. Certaines de ses araignées sont inoffensives, d’autres mortelles, certaines sont comestibles (et consommées en Amérique du Sud et en Afrique), toutes ont leur utilité dans le règne animal, comme prédateur ou comme proie. Mais elles sont pour la plupart méconnues. Démystifier et réhabiliter les araignées aux yeux des petits et des grands, c’est la mission que s’est donné le muséum d’Histoire Naturelle de Tours, en ouvrant une nouvelle exposition le 17 octobre.

D’abord sur leur comportement, les araignées sont pour la plupart des êtres paisibles, stressées par les vibrations synonymes de prédation*, préférant vivre la nuit, et qui n’utilisent leur mécanismes de défense qu’en dernier recours.

Aussi bien prédateur que proie, elles utilisent de nombreuses stratégies pour se défendre : la plus connue est l’injection de venin à l’aide de leur crochets, pouvant aller de la simple irritation jusqu’à une issue mortelle. Plus méconnue, la projection d’un nuage de poils urticants, que l’araignée projette vers l’adversaire en tapant sur son abdomen. Leurs toiles aux propriétés étonnantes sont également un moyen très efficace de se nourrir.

En visitant le muséum, vous pourrez également découvrir toutes ces caractéristiques qui intéressent tant les chercheurs, ils ont ainsi trouvé 7 potentiels anti-douleurs dans le venin de mygale, dont un pourrait protéger le cerveau pour les cas d’AVC. Encore dans le domaine de la recherche sur les venins, les propriétés des fils de soie ont eux déjà inspiré des cordes qui ne tournent plus sur les hélicoptères de secours, de la même façon qu’une araignée descend de son fil, le sauveteur descend tout droit ! On étudie encore le fil pour de futurs gilets pare balles plus efficaces.

Une belle occasion d’instruire petits et grands pour mieux appréhender le règne arachnéen, en observant de près, derrière des bulles de plexiglas sécurisées, des espèces de toutes tailles. Vous pourrez ainsi rencontrer la célèbre veuve noire, d’à peine 15 mm mais dont le venin est mortel. La quasi inoffensive mygale aux pattes rouges (Barchypelma smithi) de 6 à 7 centimètres et l’imposante mygale Theraphosa stirmi qui peut atteindre 30 centimètres une fois adulte, après ses 12 stades de croissance.

Voir grandir les pensionnaires du muséum, c’est également un des intérêts de l’exposition, qui dure 2 ans. Une visite régulière vous permettra de voir muer les araignées, certaines évoluant dans une serre spécifique, enfin pour les plus patients et observateurs, les voir se nourrir, du petit insecte à la sauterelle de belle taille, et occasionnellement une souris pour les plus gourmandes.

* conseil de la rédaction : évitez de tapoter sur les bulles de plexiglas pour voir leurs hôtes, cela aura pour effet de les apeurer. Quelques minutes de patience seront souvent récompensées pour les observer.


Un degré en plus :

> Informations et renseignements sur http://www.museum.tours.fr/

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