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Le vignoble de Montlouis s’enflamme pour lutter contre le gel

PUSA
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En avril, ne te découvre pas d’un fil. Un dicton pertinent en ces jours où les températures passent sous la barre du zéro. Pour le monde agricole, et en particulier pour les vignerons, le gel est un fléau contre lequel il faut lutter avec vigueur pour ne pas perdre sa récolte. C’est au Domaine des Jousset, à Montlouis-sur-Loire, que cette lutte commence ce matin du 7 avril, dès 3h30.

Cette nuit, il va faire -4 degrés. Près de 20 personnes sont là pour entamer une bataille qui va durer jusqu’à 8h du matin. Il faut allumer le plus vite possible près de 1 000 bougies sur 3 hectares, pour les parcelles les plus précieuses, ainsi que plusieurs dizaines de feux de paille sur les autres. Le but, c’est d’éviter le gel de bourgeons, pour préserver le plein rendement de la vigne. 

Les centaines de flammes alignées donnent au paysage une ambiance à la fois irréelle et apocalyptique. Un spectacle rare que Fred, Nicolas et Zia n’ont pas le temps d’admirer. Ils s’activent dans le froid, alimentent les feux, allument les bougies, vérifient que le feu est maîtrisé, et se coordonnent via Whatsapp quand il ne sont pas à portée de voix. Fred précise :

“Il faut préserver au maximum le bourgeon fructifère qui produit le plus de raisin. S’il gèle, il y a des bourgeons secondaires qui sortent plus tard, mais ils ont beaucoup moins de rendement.”

Bertrand et Lise Jousset, les propriétaires du domaine, arpentent toute la matinée les vignes pour coordonner leurs collaborateurs, vérifier la température, mais aussi toucher les bourgeons pour se faire une impression plus charnelle de l’efficacité de leur bataille du jour. Pour mener cette guerre contre la météo, plusieurs techniques sont possibles. Celle des bougies est ancestrale, mais elle est complétée ce matin par un hélicoptère qui va démultiplier l’efficacité des flammes.

Quelques minutes avant le lever de soleil, celui-ci décolle pour une heure d’un ballet sauvage à quelques mètres du sol, enchaînant les virages serrés pour passer au-dessus de chaque rang de vigne. L’hélicoptère agit selon deux méthodes : d’abord l’inversion, consistant à renvoyer des couches d’air plus chaudes vers le sol, mais ce matin, il n’y en a pas. Le pilote utilise alors la seconde méthode, utilisant le souffle des pales pour plaquer les fumées sur les vignes. A chaque passage, des gerbes d’étincelles explosent au-dessus des vignes, dans un bruit assourdissant.

Une méthode efficace qui va permettre d’atteindre 1 à 2 degrés rapidement, et de sauvegarder la précieuse récolte, mais néanmoins dangereuse, la fumée réduisant très fortement la visibilité dans ce relief vallonné, le pilote doit être très vigilant.

Une débauche de moyens dont le coût n’est pas neutre, avec près de 10 000€ de bougies, et l’heure de vol à 3 000€. Pour Bertrand Jousset :

“Pour nous qui produisons des vins naturels et bio, ce n’est pas une méthode très écologique, mais ces moyens sont nécessaires. Même si cela ne permet pas un résultat garanti, il vaut mieux ça que zéro récolte. Dans quelques années, quand la technologie sera au point, les vignes disposeront de fils chauffants qui permettront d’être plus écolo.”

Dans les jours qui viennent, Bertrand et Lise Jousset pourront constater ce qui a été sauvegardé et perdu. Mais en attendant, on célèbre la fin de la bataille du jour autour d’une bonne bouteille du domaine où chacun peut enfin souffler. Bertrand constate : “Nous ne sommes que début avril, on a pas fini de lutter contre le gel, mais pour aujourd’hui on a préservé notre vigne.”

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