« Le Vertige des girafes », ce spectacle marquant du collectif Le Poulpe

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L’édition 2022 du festival WET° s’est déroulée du 25 au 27 mars à Tours, Saint-Cyr ou encore La Riche. Le festival consacré à la nouvelle scène théâtrale a encore une fois marqué les esprits en programmant notamment la création 37 heures de la Tourangelle Elsa Adroguer (dont on vous a déjà parlé ici) mais aussi le dernier spectacle du collectif tourangeau Le Poulpe, Le vertige des girafes.

On entre dans la salle du Petit Faucheux alors que Delphine Meilland s’agite déjà sur scène. Nous ne sommes pas en retard, la scénographie a été pensée comme ça. L’actrice est derrière son ordinateur, va s’asseoir pour bouquiner un peu, arrose sa plante verte… Le brouhaha finit par s’estomper, les lumières s’éteignent et le murmure de la comédienne prend du volume : on assiste alors à plusieurs tranches de vie de cette bibliothécaire aux nombreux objectifs inaboutis. Elle rêve d’être chanteuse, elle rêve de reconnaissance, elle rêve de briser cette solitude qui la ronge…

Elle rêve et ça prend tellement place dans son quotidien que ça finit par en devenir pathologique. La voilà qui donne à manger à sa plante verte, parle à son micro voire à la voix du mec qui commente un documentaire sur les insectes. Derrière ces scènes au comique fin, se dessine un grand mal-être consécutif à l’isolement. Forcément on pense aux confinements anti-Covid et à tous les esprits qu’ils ont fait vriller. Mais ce serait trop réducteur car il y a aussi toutes ces personnes qui se sentent seules au point de passer plus de temps à fantasmer leur vie qu’à la vivre réellement. Et quand survient un événement, elles finissent toujours par y trouver un goût d’inachevé car il n’est pas à la hauteur de l’attente des songes. Pas assez grandiloquent.

Le vertige des girafes c’est une analyse légère mais minutieuse d’un grand mal de notre époque. Un monde hyperconnecté mais où l’on peut tout de même se retrouver dans une profonde solitude, sans avoir la force de se donner les moyens d’avancer. « J’évite tout conflit inutile » prononce par exemple Delphine Meilland comme si c’était une règle de vie. Ses réflexions paraissent censées mais on voit bien qu’au fond cette femme-là est éperdument perdue, incapable de déployer son caractère profond. Coquette, drôle et énergique, elle n’en est pas moins stricte, hésitante et bloquée.

Ecrite par Jules Jacquet, la pièce du collectif Le Poulpe démontre une nouvelle fois la qualité de la formation tourangelle née en 2018 et composée de 8 artistes qui se fréquentent depuis leurs cours au Conservatoire de Tours. « Nos spectacles sont tous différents, y compris dans les formes, mais on retrouve une sorte de patte commune avec quelque chose de très contemporain » expliquaient ainsi Maude Terrier et Nicolas Spina à 37 degrés il y a quelques mois. De fait, la mise en scène est moderne avec d’intéressants jeux de lumières et effets comiques qui jouent sur la surprise sans porter préjudice au propos. En fait ce qu’on a vu c’est une version très moderne de l’ami imaginaire que beaucoup d’enfants se sont inventés. Avec des conséquences psychologiques que l’on ne mesure pas toujours…

Un degré en plus :

Plus d’infos sur le spectacle via le site du collectif Le Poulpe.

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