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Le Plessis : Tiers-lieu culturel et humaniste

La dernière fois que l’on avait mis les pieds au château du Plessis, c’était à l’été 2020, à l’occasion de la programmation estivale intitulée « En Attendant les beaux jours ». Un nom qui sonnait comme un espoir. Malheureusement la situation sanitaire a conduit à un automne noir, puis un hiver tout aussi sombre avec l’incapacité d’accueillir du public. Pour autant, le Plessis comme lieu artistique vit toujours entre résidences et réflexions sur un avenir plus radieux.

L’avenir du Plessis ne pourra s’écrire qu’avec le soutien et l’accord des collectivités publiques. Le lieu est en effet toujours propriété de la ville de Tours malgré une tentative de vente sous le précédent mandat. Depuis, le Plan Local d’Urbanisme de La Riche, ville où se situe l’ancien château royal, l’a sanctuarisé en empêchant toute vente pour transformation autre que patrimoniale ou culturelle.

« Des relations simples avec les villes de Tours et de La Riche »

Si la précédente municipalité de Tours, sous Serge Babary ou Christophe Bouchet, n’avait jamais caché son peu d’entrain pour les projets portés par José Manuel Cano Lopez et sa compagnie, bénéficiaire d’une convention avec la ville depuis 1998, lors de la campagne municipale de 2020, la liste portée par Emmanuel Denis avait de son côté affiché son soutien au contraire aux projets en question, notamment au regard de l’ouverture pratiquée à de nombreux artistes accueillis en résidence et intégrés pleinement au lieu ou encore aux actions culturelles menées.

C’est donc tout naturel, que l’on s’attendait à des relations plus apaisées depuis l’élection d’Emmanuel Denis à la tête de la ville de Tours. « Nous avons des relations simples et des échanges continus avec la ville de Tours et la ville de La Riche » reconnait José Manuel Cano Lopez aujourd’hui.

Un tiers-lieu qui en est déjà un

Si jusqu’à l’an passé, les réflexions se faisaient autour du passage du château en Centre Culturel de Rencontres (CCR), les tergiversations et les changements d’axes de ce label décidé par le Ministère de la Culture, ont conduit à de nouvelles pistes pour l’avenir. « Nous avons profité du confinement pour bâtir la suite et réajuster nos objectifs vu l’évolution des directives ministérielles et les évolutions politiques au niveau local » explique José Manuel Cano Lopez. Cette suite c’est la mise en place d’un projet de tiers-lieu culturel et humaniste au Plessis, une démarche soutenue par la ville nous dit-on. « Une continuité » selon José Manuel Cano Lopez qui dévoilera les détails de ce projet d’ici quelques semaines : « On est déjà dans un espace partagé et dans une démarche collective d’intérêt général, c’est le sens même du projet Ouvertures que nous avons lancé en 2016 » explique ce dernier en évoquant les artistes en résidence permanente comme Nep, Rubin Steiner, le Collectif Yeux Ouverts, La Compagnie Nadine Birtschantsky, les Arpents d’Or, Derya Uzun…

Vers une reprise des lieux par la Métropole ?

Reste une question : l’avenir du lieu s’écrira-t-il à l’échelle de la ville ou de la Métropole, alors même que la convention qui lie le Groupe K, la compagnie de José Cano Lopez à la ville se termine au 31 août prochain ? Depuis plusieurs années, la question d’un transfert de propriété de la première à la deuxième est en effet évoquée sans que cela ne soit encore concrétisé. Un transfert qui est revenu dans les débats publics récemment par la voie de l’élu d’opposition de la ville de Tours, Romain Brutinaud. Lors du dernier conseil municipal de Tours, ce dernier s’est notamment interrogé sur la cession gratuitement des lieux à la Métropole de la part de la ville, tout en y voyant « un patrimoine bradé. »  En refusant de rentrer dans la polémique politicienne, pour José Manuel Cano Lopez, cela aurait du sens que l’avenir du lieu se fasse à l’échelon métropolitain : « On parle d’un lieu qui a fait de Tours la capitale du Royaume de France pendant 80 ans et qui sert de base à un projet culturel et humaniste avec un volet artistique, un volet patrimonial et un volet environnemental avec le parc de deux hectares. »

Avant cela, notre interlocuteur prépare déjà la suite et la reprise de la programmation. Celle-ci devrait s’effectuer en deux temps et non sans un certain sens de la mise en scène et de l’usage des mots. Une première partie nommée « Spectacles morts » pensée à partir du 17 avril et dans le cas où les activités culturelles publiques ne sont pas ré-autorisées d’ici là. On y retrouvera des manifestations culturelles sans public, devant des lieux fermés, des installations plastiques sans acteurs, des spectacles en ligne… « Des spectacles morts » qui s’effaceront pour l’autre programmation nommée « spectacles vivants » dès que ceux-ci seront autorisés…

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