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Le Mac Donald’s Tours Volley Ball crée la polémique

C’est une première dans le monde du volley hexagonal, le Tours Volley Ball a officialisé ce mardi 29 juin 2021 son partenariat avec Mac Donald’s pour un contrat de « naming » de son équipe professionnelle pour les 3 prochaines années. Un choix qui fait énormément réagir depuis 24h.

Le « naming » c’est cette pratique de plus en plus courante dans le milieu sportif professionnel qui consiste à accoler le nom d’une marque à celle d’un club ou d’une structure. En France on connaît surtout cette pratique pour les salles ou stades à l’instar du Groupama Stadium de Lyon ou plus près de nous de la MMA Arena du Mans. Certains championnats sont également marketés de la sorte comme la première division féminine de Handball qui s’appelait cette année officiellement la Ligue Butagaz Énergie (LBE).

La pratique est néanmoins moins courante en ce qui concerne les clubs. Le TVB est ainsi le premier club à franchir le pas dans le volley français masculin (Le Cannet l’a fait en 2019 en volley féminin en devenant Volero Le Cannet) même si d’autres clubs y réfléchissent a expliqué le directeur général du club Pascal Foussard (à gauche sur la photo) qui évoque aussi une pratique courante dans le volley européen : « Pérouse, Lube ou encore tous les clubs polonais. »

Dès la prochaine saison, le TVB deviendra donc officiellement le Mac Donald’s Tours Volley Ball et ce pour les 3 prochaines années. Si le montant du partenariat est resté confidentiel (et le restera selon le contrat signé entre les deux parties), l’objectif pour le TVB est évidemment de pouvoir augmenter son budget, de l’ordre cette année de 2,5 millions d’euros quand les gros clubs européens possèdent de budgets allant de 12 à 15 millions d’euros a justifié Bruno Poilpré le président du TVB (au centre sur la photo).

Bien sûr le TVB n’arrivera pas à de tels stades et l’objectif avoué est de faire grimper le budget de 500 000 à 1 million d’euros d’ici 3 ans selon Bruno Poilpré qui voit dans ce naming un élément important pour y arriver, mais pas le seul : « Nous sommes dans l’obligation de trouver des ressources différentes ».

« On ne vend pas notre âme au diable »

« Le TVB a toujours été un club avant-gardiste afin de demeurer au plus haut niveau. Pour continuer à avancer, il faut être imaginatif et créatif… » insistait de son côté Pascal Foussard en évoquant un contexte de difficultés économiques et de partenaires publics ne pouvant pas donner plus et donc l’obligation d’aller chercher d’autres solutions. Rappelons qu’aujourd’hui le budget du TVB est composé à 60% de partenariats privés et de 40% des collectivités. 

Bruno Poilpré, comme pour prévenir des réactions à venir affirme également : « On ne vend pas notre âme au diable, l’état d’esprit du club ne change pas ».

Car le choix de Mac Donald’s interroge forcément, mais il se justifie pleinement selon le président du TVB qui évoque « un partenaire fidèle depuis plusieurs années ». Le partenariat est passé plus précisément avec le franchisé tourangeau Bernard Simmenauer (à droite sur la photo), propriétaire d’une 20aine de restaurants de la firme américaine dans la région. Ce dernier est en effet redevenu partenaire du club depuis 2018, après l’avoir été auparavant. Depuis deux ans, le nom de Mac Donald’s est d’ailleurs affiché sur la largeur du filet, ce qui constituait déjà à l’époque une innovation en terme de sponsoring.

Mac Donald’s, avant cette opération de naming, est déjà ainsi un des principaux financeurs privés du club, ayant même l’an passé ajouté une participation financière exceptionnelle au club quand ce dernier s’interrogeait sur sa participation à la Ligue des Champions en raison des coûts à engager dans la compétition. Pour autant le procédé du naming va plus loin puisqu’il associe pleinement la marque partenaire au nom du club et à son identité.

Des réactions assez unanimement négatives et la colère du Maire de Tours

Les réactions n’ont d’ailleurs pas manqué. Dès la publication de notre article sur Info Tours en début d’après-midi, des centaines de commentaires ont afflué sur nos réseaux sociaux pour dénoncer cette opération et ce nouveau nom. Des commentaires et des réactions, il y en a eu plusieurs milliers en cumulé sur les différents canaux des médias locaux et du club, avec une grande majorité de rejet. Il ressort de ces réactions que si l’opération de naming passe encore, c’est bien le choix du partenaire qui choque dans une ville de Tours, par ailleurs Cité de la Gastronomie. Le TVB a bien essayé de désamorcer la polémique ce mercredi via une communication sur les réseaux sociaux en rappelant que ce partenariat ne concerne que l’équipe professionnelle et non l’ensemble du club.

Pas sûr que cela suffise à convaincre, à commencer par le maire de Tours écologiste Emmanuel Denis qui s’est dit « choqué par la décision du club » en évoquant « un choix préjudiciable » et « un mauvais signal envoyé ». Le maire de Tours qui se montre même agacé à l’idée que le nom de la ville de Tours puisse être lié avec celui de la firme américaine contre laquelle il avait milité il y a quelques années lors de l’implantation d’un restaurant place du Grand Marché.

« Sur le fond, nous n’avons rien à dire, c’est un contrat entre deux sociétés privées » nous déclare-t-il, tout en précisant qu’il fera le nécessaire pour que le nom de la ville et son logo « soient le moins associés à cela ». Et quant à la question des subventions versées par la ville au club tourangeau, Emmanuel Denis de prévenir : « Le soutien de la ville n’est pas ancré ad vitam aeternam, les subventions sont étudiées tous les ans, donc nous verrons. » De quoi promettre des prochains échanges passionnés et enflammés entre les différentes parties…

Le club sait qu’il prend le risque d’écorner son image avec ce partenariat, mais « les avantages sont supérieurs » selon Pascal Foussard qui prend pour exemple la venue de Kévin Tillie, l’international français, rendue possible en partie grâce à ce partenariat de naming. Un partenariat (dont le montant pourrait avoisiner plusieurs centaines de milliers d’euros sur 3 ans selon nos estimations) qui pourrait également permettre la venue dès la saison prochaine d’un autre international français a soufflé le directeur général du club qui voit donc dans cette décision la possibilité de rejouer les premiers rôles en coupe d’Europe. Nul doute si le club y arrivait que les supporters et le public tourangeau seraient alors les premiers à s’enthousiasmer et chanter « Merci TVB !!! », tout en oubliant d’y accoler la première partie officielle du nom…