Le grand bilan 2022 de l’Office du Tourisme de Tours

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Châteaux, campings, hôtels, restaurants… Cette année une grosse proportion de professionnels parle d’une bonne saison touristique, voire de chiffres de fréquentation supérieurs aux records de l’année 2019 quand la région fêtait les 500 ans de la Renaissance. De bons signaux pour cette tranche de l’économie. Et un essai à transformer pour l’avenir. Analyse de la situation avec Henri Poignet, le directeur de l’Office du Tourisme de Tours.

Si on demande des chiffres, ils ne manquent pas : 1 million de cyclistes enregistrés sur le parcours de la Loire à Vélo, +6% de recettes de taxe de séjour sur les 9 premiers mois de l’année, 6 000 nuits réservées pour des congressistes (le double de 2019), près de 1 000 groupes de touristes accueillis… « C’est plutôt une bonne année, on a récupéré le même nombre de visiteurs français qu’en 2019 » commente le directeur de l’Office du Tourisme de Tours Henri Poignet. Les retombées directes de l’activité de l’entreprise sont estimées à 1,5 million d’euros sur le territoire (ventes de produits en boutique ou de prestations touristiques pour groupes et individuels). A cela s’ajoutent les millions d’€ dépensés au fil des séjours. Avec une tendance :

« Certes il y a l’inflation mais avec les nouveaux modes de consommation, on voit arriver des gens qui veulent voyager plus souvent et pour que le prix n’est pas forcément un problème. Une étude du site Skyscanner fait apparaître que les Français sont prêts à ne pas dévaluer leur budget vacances dès lors qu’il y a un vrai rapport qualité-prix. Les séjours remontent dans l’ordre de priorité de consommation. »

Et c’est par exemple pour ça qu’Henri Poignet ne voit pas l’allongement de la durée de séjour comme un objectif absolu. « Je préfère plus de personnes qui restent 3 jours que moins de visiteurs restant 6 jours car leur panier moyen journalier sera moins élevé. » D’ailleurs, autre changement d’habitude assez flagrant ces derniers temps : la taille des groupes a tendance à se réduire. Les cars de 50 personnes en série ce n’est plus la norme… « Avant le nombre moyen de participants était de 30-33 personnes, maintenant c’est 20-25 » souligne le directeur de l’Office du Tourisme.

Dans le même temps, le panier moyen augmente, passant de 27€50 par personne à 33€. Et la vente de séjours dits packagés progresse pour la clientèle dite individuelle (couples, petites familles…) : « Cela représente 93 000€ cette année, 14 000 de plus qu’en 2019. C’est une clientèle qui ne veut plus s’embêter à constituer son voyage à cause de la surinformation sur les différentes propositions » commente Henri Poignet. On revient donc au rôle premier de l’Office du Tourisme : guider le public selon ses besoins, ne pas seulement être un guichet. D’ailleurs, sur les 28 membres du personnel, seule une petite partie est chargée de l’accueil. Le reste construit ce type de séjour ou s’occupe du marketing de la destination.

Encore un manque ponctuel d’hébergements

C’est le grand enjeu : comment maintenir l’intérêt pour la destination Touraine, et le développer. « On doit trouver des offres pour que le territoire soit touristiquement consommable tout au long de l’année » plaide Henri Poignet, prenant pour exemple la création de l’événement Noël au Pays des Châteaux qui a permis à l’Office du Tourisme d’enregistrer son meilleur mois de décembre historique en 2021… « et on répète l’exploit en 2022 ce que je ne pensais pas » commente son directeur.

Quelles sont les autres marges de progression ? Henri Poignet évoque la période printanière, plébiscitée mais encore calme niveaux événements alors que l’été bruisse de festivals en tous genres. Malgré des ouvertures fréquentes (Loire Valley Lodges à Esvres, Best Western à Loches, les deux hôtels Hilton en 2021 à Tours-Porte de Loire, Kyriad à Ballan-Miré en cette fin d’année…), le parc de lits est insuffisant lors des périodes de forte affluence comme les ponts de mai. « Quand un nouveau gîte de 12 personnes vient me voir, je l’accueille à bras ouverts » indique le directeur de l’Office du Tourisme de Tours qui parie aussi sur le besoin possible d’une seconde auberge de jeunesse à moyen terme et demande globalement aux élus de mener une politique pour « impulser » les investissements touristiques privés. Le sujet était d’ailleurs en débat lundi 12 décembre au conseil métropolitain.

Un besoin de lieux de baignade supplémentaires

Cela dit, « on est très loin du surtourisme » déclare Henri Poignet, autant pour commenter les chiffres que pour calmer d’éventuelles inquiétudes. S’il reconnait une saturation estivale de la ville d’Amboise certains jours, ou une affluence rendant certaines visites de châteaux désagréables, il estime que le territoire est encore largement capable d’absorber des visites supplémentaires. Mais il doit le faire « de manière raisonnée et raisonnable, sans détériorer l’expérience de nos clients. Il faut voir ce que l’on peut mettre en œuvre pour niveler la fréquentation afin de préserver le cadre de vie des habitants. » Ce qui ne l’empêche pas d’espérer un travail de la SNCF pour une meilleure desserte ferroviaire avec des prix compétitifs ou encore un travail des élus pour une meilleure valorisation des lieux de baignade existants… voire la création de sites supplémentaires sur la Loire et le Cher (c’est à l’étude, malgré les interdictions).

« On n’a pas la mer, on n’a pas la montagne, notre sujet c’est l’hospitalité » clame Henri Poignet pour vanter les points forts du territoire. Selon lui c’est par exemple grâce au bon bouche-à-oreille que la destination Touraine est devenue populaire auprès des Belges ces derniers temps. « Les gens qui veulent aller au Club Med ne viendront pas ici. Nous, on doit miser sur le partage, avec en tête le slogan soyez chez vous chez nous. » Un axe de communication qui sera notamment testé avec la clientèle irlandaise, quasiment absente aujourd’hui mais courtisée en vue de l’accueil de son équipe de rugby à Tours pendant la Coupe du Monde 2023. Un entraînement grandeur nature avant le rush des JO de Paris 2024 (et là c’est la clientèle parisienne souhaitant fuir la capitale surchargée qui sera visée).

Viser les touristes en télétravail

Pour la clientèle étrangère, en attendant les asiatiques qui souffrent toujours des restrictions sanitaires, l’enjeu est de faire venir les Italiens, qui brillent par leur absence depuis le Covid. En revanche Allemands et Américains sont bien présents. La clientèle des Etats-Unis est notamment en hausse de 12% cette année. Et les réservations 2023 sont déjà au niveau de tout ce qui a été fait ces 12 derniers mois, garantissant déjà une progression supplémentaire. La clientèle qui visite en travaillant fait aussi partie des cibles, c’est-à-dire celle qui arrive dès le vendredi ou reste jusqu’au lundi en passant quelques heures en télétravail. Enfin, en s’associant avec Orléans, l’Office du Tourisme de Tours tente de développer la marque Val de Loire. Une alliance entre les deux villes « rivales » qu’Henri Poignet assume : « Je préfère que mon meilleur concurrent soit parmi mes copains. »

La prochaine étape pourrait être de travailler avec Blois ou Angers pour des offres encore plus complètes, car si la durée moyenne des séjours tourangeaux est autour de 2 jours, elle est plus élevée sur l’ensemble du territoire ligérien.

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