Le baromètre politique de l’année 2020

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L’année 2020 a rebattu les cartes des équilibres politiques en Indre-et-Loire. De nouveaux élus ont émergé et doivent maintenant faire leurs preuves, tandis qu’à l’inverse, certains ont perdu gros. Retour sur les tops et les flops de l’année, à la sauce 37°…

  • A la bonne température :

Emmanuel Denis ↗ :

Faire l’union à gauche et remporter la première ville du département passée à droite en 2014, ce n’était pas gagné d’avance mais Emmanuel Denis a réussi son pari électoral, préparé depuis 2017. A l’époque, l’écologiste est élu d’opposition au Conseil Municipal de Tours et s’affirme depuis 2014 comme une figure montante de la politique tourangelle. Préparant le coup d’après, il construit patiemment son projet et sa stratégie au sein des Cogitations Citoyennes puis sous la liste d’union « Pour Demain » allant des Insoumis aux Socialistes, en passant par les communistes, écologistes et aussi des militants associatifs implantés. La promesse d’un renouveau des pratiques politiques, le boom des questions écologiques dans l’opinion publique ont fait le reste et Emmanuel Denis s’est installé dans le fauteuil de maire début juillet après avoir remporté l’élection avec plus de 10 points d’avance sur le maire sortant Christophe Bouchet, emmenant dans son sillage une nouvelle génération d’élus. Comme souvent, les promesses de changement amènent des espoirs, mais aussi des oppositions farouches. Le nouveau maire de Tours en est conscient et compte bien garder le cap qu’il s’est fixé en impulsant rapidement une nouvelle dynamique pour réussir la transition énergétique et sociale qu’il souhaite, quitte à brusquer une partie de l’opinion publique. Le premier budget de son mandat qui sera dévoilé en février prochain constituera à ce titre le premier grand repère qui donnera le « La » pour son mandat.

Wilfried Schwartz ↗ :

Réélu à La Riche aisément, Wilfried Schwartz est devenu en cette année 2020, le nouvel homme fort de Tours Métropole, dont il a pris la présidence à la faveur des dernières élections municipales qui ont donné une légère majorité à la gauche. Un sacré challenge pour cet élu trentenaire, qui prend la suite de Jean Germain et Philippe Briand à la tête d’une intercommunalité qui doit encore s’affirmer dans le territoire. Un challenge d’autant plus difficile que les équilibres sont parfois minces et que les réflexes privilégiant parfois les intérêts communaux au détriment de ceux intercommunaux sont encore bien présents. Wilfried Schwartz promet un schéma métropolitain dans les prochains mois pour donner un cap clair à la Métropole. Avec la deuxième ligne de tramway prévu en 2025, ce sera certainement le plus grand défi de son mandat.

 

Emmanuel François ↗ :

Nouveau venu en politique, Emmanuel François aura réussi le test dès son premier essai. Sa victoire fait même figure d’un véritable séisme, puisque le nouveau maire, classé divers droite par la Préfecture bien qu’il se défende de toute étiquette politique, aura réussi à faire tomber l’un des plus vieux bastions communistes de France. Depuis 1920, les habitants de Saint-Pierre-des-Corps avaient en effet élu un maire issu du Parti Communiste. Il aura fallu attendre 2020, année du centenaire du parti au marteau et à la faucille, pour voir les communistes perdre la ville cheminote. Emmanuel François a certes bénéficié d’une désunion de la gauche, mais il a aussi surtout réalisé une campagne de terrain efficace lui permettant de basculer en tête au premier tour puis de garder l’avantage au deuxième. Place désormais à l’action et à la réalisation des promesses de changements.

Les maires réélus ↗ :

A l’heure où la période est à un électorat de plus en plus versatile, un peu perdu face à l’absence de visions et de repères politiques clairs, la prime au sortant est de moins en moins évidente. Pourtant, de nombreux maires ont réussi cet examen de passage, validant leur bilan mais aussi leurs projets futurs. Outre Wilfried Schwartz à La Riche, citons Frédéric Augis, réélu au premier tour à Joué-lès-Tours, malgré un premier mandat agité. Citons encore Laurent Raymond à Saint-Avertin, devenu maire en cours de mandat suite à une crise interne à la majorité et qui a su en deux ans s’imposer à la tête de la commune du sud de l’agglomération. Christian Gatard à Chambray a validé lui aussi un nouveau mandat, tout comme Cédric de Oliveira à Fondettes qui a aussi conservé son mandat de président de l’association des maires d’Indre-et-Loire ou encore Jean-Luc Dupont à Chinon, après une belle bataille politique face à Fabienne Colboc mais surtout Laurent Baumel, l’ancien député socialiste qui faisait là son come-back politique mais qui n’a pas réussi à gagner la mairie de Chinon.


  • Grosse fièvre :

Christophe Bouchet ↘ :

Elu maire de Tours en 2017, à la faveur d’une élection interne au Conseil Municipal suite au départ de Serge Babary pour le Sénat, Christophe Bouchet ne sera finalement resté que deux ans et demi à la tête de la ville de Tours. Un laps de temps court, trop, pour réussir à imprimer sa vision et sa patte politique au cours d’une fin de mandat où les procès en légitimité ne l’auront pas épargné. Au cours d’une campagne municipale où il aura tenté d’abord en vain d’avoir l’investiture LREM, Christophe Bouchet s’est finalement appuyé sur sa majorité sortante de droite, avant d’opérer une fusion avec la liste de Benoist Pierre, le candidat LREM, dans l’entre-deux-tours. Il reste une impression de cap peu clair dans lequel les électeurs ne se seront pas retrouvés : ni ceux de droite n’ayant pas digéré le départ de Serge Babary en 2017, ni ceux du centre ne se reconnaissant finalement pas dans cette liste et ligne politique. 

Marie-France Beaufils ↘ :

Certes Marie-France Beaufils s’est retirée elle-même de la vie politique après 37 ans à la tête de la ville de Saint-Pierre-des-Corps. Une retraite méritée diront certains que l’ancienne maire corpopétrussienne n’aura pas su préparer correctement en revanche. Malgré son soutien officiel à Michel Soulas, le candidat du PCF, le départ de Marie-France Beaufils aura entraîné avec lui celui du PCF de la tête de la ville. Un symbole d’une époque révolue, mais une impression de gâchis politique néanmoins, car la gauche aurait pu conserver la ville à la lecture des résultats…

La République En Marche ↘ :

En juin 2019, La République En Marche réussissait à arriver en tête aux élections européennes dans le département. Un succès confirmant alors ceux depuis 2017. Un an plus tard, c’est la grimace du côté du parti présidentiel. Les espoirs de s’ancrer localement à la faveur des municipales se sont vite envolés en effet au cours des campagnes municipales où les listes LREM ou soutenues par LREM n’ont finalement jamais donné l’impression qu’elles étaient en mesure de l’emporter et de peser. C’est donc au mieux dans l’opposition comme à Tours ou Joué-lès-Tours, que les élus LREM existeront durant les 6 prochaines années.

Le Rassemblement National ↘ :

En 2014, le Front National créait la sensation en réussissant à faire entrer aux conseils municipaux de Joué-lès-Tours et Tours des élus. 6 ans plus tard, l’échec est d’autant plus grand puisque aucun élu du Rassemblement National ne siège plus dans ces conseils.

A Tours, parce que le parti d’extrême-droite n’a pas réussi à franchir les 10%. A Joué-lès-Tours, parce qu’il n’a tout simplement pas réussi à constituer une liste. Un échec cinglant qui montre que si au niveau national, le RN garde une dynamique électorale, essentiellement sur le rejet des autres partis, en local, il peine à exister et à se structurer…

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