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L’avenir de l’éco-mobilité passe par Modulo

Département à la pointe en ce qui concerne l’électromobilité, l’Indre-et-Loire via son syndicat d’énergie, le SIEIL, s’associe au Loir-et-Cher pour créer une nouvelle société : Modulo. Son but : poursuivre le développement des infrastructures liées aux mobilités durables à une échelle plus grande.

Près de 7 ans après avoir pris le dossier de l’électromobilité en main, le SIEIL (Syndicat Intercommunal d’Energie d’Indre-et-Loire) peut s’enorgueillir de résultats probants. Avec 70 points de charges pour 100 000 habitants, et une borne tous les 15 km en moyenne, l’Indre-et-Loire a en effet le taux d’installation le plus élevé de France Métropolitaine, hors Ile de France.

Relire notre sujet paru l’an dernier : Le 37, locomotive nationale de l’électromobilité !

De bons résultats qu’il convient aujourd’hui de poursuivre en élargissant le champ de réflexion. Depuis 2012 les choses ont évolué à vitesse grand V en effet et pour poursuivre les efforts entamés, l’Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher s’associent via leurs syndicats respectifs pour créer Modulo, une société publique locale dédiée exclusivement à l’écomobilité.

Une nouvelle société pour quoi faire ?

C’est une aide pour les collectivités rappelle Jean-Luc Dupont, le président du SIEIL. Pour ce dernier, « si on veut réussir la transition énergétique, il faut développer les infrastructures nécessaires et s’en donner les moyens ». En clair si on veut que la population se mette aux véhicules électriques il faut équiper le territoire de points de charge. CQFD.

L’intérêt de mutualiser les moyens et les savoirs-faire par le biais de Modulo doit donc permettre de penser à une autre échelle les besoins et les installations afin de mailler correctement le territoire à une échelle plus large. « Le but n’est pas de mettre des bornes partout » reconnaît Jean-Luc Dupont qui évoque la meilleure autonomie des voitures électriques : « aujourd’hui on peut faire 300, 400 km pour certains modèles et cela évolue sans cesse. Les besoins d’aujourd’hui ne sont donc pas forcément les mêmes que ceux d’hier ». Une autonomie qui devrait encore s’améliorer en effet, d’autant plus avec l’arrivée probable demain de véhicules à hydrogène, un système vanté par tous comme celui d’avenir.

Lire à ce sujet notre article « quand la Touraine expérimente l’hydrogène »

Le déploiement de points de charges dans un schéma directeur est donc un enjeu clé de Modulo. Une société appelée à s’ouvrir à d’autres départements avec comme second enjeu l’amélioration de l’intéropérabilité entre les territoires. En clair, l’harmonisation des compatibilités entre les différents systèmes présents, et donc à terme de permettre aux utilisateurs de se promener partout en France avec son véhicule électrique sans que cela pose de problème de compatibilité au niveau des charges, ce qui n’est pas encore forcément le cas aujourd’hui même si les choses s’améliorent suite à un décret européen publié en janvier 2017.

L’enjeu de la mobilité durable globale

« Le but de Modulo c’est de déployer les infrastructures de recharge pour tout type de véhicules utilisant une énergie durable (électricité, gaz, hydrogène, hybride…) et en assurer la maintenance et l’exploitation ainsi que l’intéropérabilité sur le territoire des membres partenaires de la société » explique ainsi de son côté Philippe Behaegel, le président de Modulo.

La création de Modulo s’inscrit également dans une ouverture à la notion plus globale de mobilité durable avec la prise en compte de moyens de transports alternatifs comme les vélos et trottinettes électriques, ou encore la question des nouvelles sources d’énergie, hydrogène nous le disions ci-dessus ou encore le bio-gaz.

Un enjeu d’avenir pour lequel il reste beaucoup à faire. Si l’objectif national fixé par le « Grenelle 2 » est de 7 millions de points de charge (publics et privés) d’ici 2030, aujourd’hui on en compte en effet que 25 000 (pour moitié venant du public) dans l’hexagone.

 

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