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La remontée de la Loire d’un marin à contre-courant

C’est le genre d’aventure insolite qui marque une vie. Une de celles, empruntent d’une certaine poésie. Anthony Gorius s’est lancé un challenge, celui de remonter la Loire à contre-courant, sur plus de 400 kilomètres, avec un petit bateau uniquement équipé d’une voile. Un véritable périple entamé à Ancenis le 08 janvier dernier. Nous avons profité de son passage dans la Loire tourangelle pour aller à sa rencontre.

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Nous retrouvons Anthony Gorius au niveau de Luynes, posé sur les bords du fleuve royal, ce dernier profite du soleil en compagnie de Nina, sa chienne d’un an-et-demi qui l’accompagne dans ce voyage. « Elle adore ça » nous dit cet homme à la bonne humeur naturelle. Il faut dire qu’en cet après-midi ensoleillé, la vie paraît belle en bords de Loire, et pour un peu on se dirait qu’il en a de la chance notre « marin d’eau douce » comme il le dit lui même.

Mais au-delà de ce moment agréable, le regard sur « La Janjan », son bateau à voile de 6,20m de long, Anthony prend en réalité son mal en patience faute de vent suffisant. Ce dernier s’est lancé dans une véritable aventure humaine, celle de remonter la Loire jusqu’à Nevers, avec pour seul élément moteur, une voile carrée de type viking, fixée sur son mat de 12 mètres de haut. « Cela fait 10 ans que j’avais cela en tête, depuis l’acquisition de mon premier bateau » explique le marin amateur.

Anthony et Nina (c) Mathieu Giua
Anthony et Nina (c) Mathieu Giua

L’envie de faire comme les anciens mariniers

Pour réaliser ce rêve, Anthony Gorius a d’abord acheté une plate en ferraille d’occasion, grâce à l’aide d’un copain, « c’est pour ça que le bateau s’appelle la JanJan, parce que c’est son surnom ». Par la suite, Anthony a réalisé tous les aménagements, ceux en bois comme le mât, la petite cabane de 2m de long sur 1,30m de haut dans laquelle il a aménagé un lit rabattable, un petit poêle pour se chauffer… mais aussi un panneau solaire pour pouvoir brancher son téléphone et être joignable. Des aménagements sommaires mais nécessaires.

Avec cette petite embarcation, Anthony est ainsi parti d’Ancenis en Loire-Atlantique le 08 janvier dernier, pour un périple de 450 km sur le fleuve royal. « Je suis parti sur le principe de faire comme les anciens qui partaient quand la Loire était haute à une saison où les vents d’ouest sont porteurs ». Le marin avait alors tablé sur un mois-et-demi pour faire la remontée jusqu’au but final. Un laps de temps qui lui aura finalement permis de ne remonter que jusqu’à Luynes, soit le tiers du trajet. « Cette année les vents sont surtout de Nord et de l’Est, c’est un signe que le climat change également » analyse-t-il. En ce moment, les vents sont même absents et « La Janjan » se retrouve coincé sur les bords de Loire de Touraine : « C’est long de se dire qu’on est coincé depuis 15 jours, mais le quotidien passe vite, il y a toujours des choses à bricoler. »

Et s’il va devoir s’éloigner de son bateau quelques jours pour raisons familiales, Anthony ne souhaite pas abandonner pour autant, « je garde le moral et ma chérie m’encourage » dit-il, « Je pourrais rentrer chez moi et attendre que le vent revienne mais j’ai envie de vivre pleinement l’aventure et donc de faire avec les jours sans vents. »

Et puis « la Loire est tellement changeante, elle offre tous les paysages du monde » poursuit cet amoureux du fleuve royal. Beauté du paysage et chaleur des rencontres faites également qui aident à prendre son mal en patience. Au quotidien, Anthony communique sur son périple, via une page Facebook. Chaque jour il y publie des vidéos en direct et a trouvé une communauté qui le suit. « Sans les réseaux sociaux, le voyage n’aurait pas été le même » dit-il. « Au départ l’idée était d’aller frapper aux portes, mais finalement, les gens viennent à ma rencontre ». Certains lui apportent de la nourriture, d’autres lui proposent une douche salutaire :« Sur un bateau on est sale tout le temps » poursuit celui qui se dit surpris par l’engouement suscité par son voyage.

Un voyage qui sera par ailleurs immortalisé, puisque Anthony est suivi par deux vidéastes, qui viennent le voir régulièrement, en vue d’un documentaire pour France 3 qui devrait être diffusé à l’automne prochain.

Un degré en plus :

> Pour en savoir plus sur Anthony, regardez le reportage réalisé par Xavier Selva et l’équipe de « Vies sur Loire » :

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