La réforme des retraites mobilise massivement contre elle

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Au premier jour de la mobilisation contre la réforme des retraites, les syndicats ont réussi à rassembler beaucoup de monde à Tours. Entre 11 600 (selon la police) et 15 000 (selon les syndicats) personnes ont en effet défilé dans les rues de Tours. Une mobilisation historique à l’échelle tourangelle, tant il est rare qu’une manifestation atteigne de tels chiffres.

Pour retrouver trace d’un tel rassemblement, il faut remonter à 2010. A l’époque les syndicats étaient mobilisés contre la réforme des retraites du gouvernement Fillon. La mobilisation avait duré deux mois, ponctuée par une petite dizaine de manifestations et des blocages… Malgré tout, le gouvernement Fillon n’avait pas flanché et la réforme était passée.

Plus près de nous, la réforme de la retraites prévue fin 2019-début 2020 par Emmanuel Macron avait mobilisé également contre elle avec plusieurs rassemblements d’ampleur, notamment en décembre 2019. Une réforme qui cette fois avait été abandonnée sur fond de crise du Covid naissante au printemps 2020.

Cette fois, personne ne peut prédire quelle sera l’issue de ce mouvement social et de cette réforme. Si le gouvernement parait bien décidé à la passer, l’ampleur de cette première journée de mobilisation promet de son côté une opposition forte. C’est tout l’enjeu pour les syndicats. Si ces derniers se montraient évidemment satisfaits de ce premier round, ils étaient également conscients que le marathon ne fait que commencer.

Ce jeudi matin, dans le défilé qui a remonté l’avenue Grammont et la rue Nationale avant d’emprunter le pont Wilson pour rejoindre la place Choiseul et la rive Nord de la Loire avant de retraverser le fleuve via le pont Napoléon pour se diriger vers les Halles puis la place Jean Jaurès, point d’arrivée du cortège, les manifestants se montraient en tout cas déterminés, bien qu’un peu résignés pour certains : « On a l’impression que c’est toujours pareil, il faut qu’on redescendre dans la rue tous les 3 ans car il y a toujours une réforme pour repousser encore et encore l’âge légal de départ à la retraite » pestait ainsi une tourangelle.

Pour beaucoup, c’est aussi un sentiment de régression sociale constante qui se fait : « On vit une période où les dirigeants du pays ne cessent de créer de la régression sociale, on ne cherche plus à améliorer la vie des gens, mais au contraire, on les presse au profit de l’argent » s’agaçait ainsi Pierre, salarié dans un groupe industriel : « J’ai 54 ans, je vais prendre deux ans de plus, alors que je suis déjà cassé de partout. Le travail c’est quelque-chose qui doit permettre de vivre, mais la vie ne doit pas être que le travail. »

A ses côtés, Aline, employée commerciale dans la même tranche d’âge nous évoque également ses difficultés : « je fais de la mise en rayon avec une ceinture pour mon dos, comment je vais finir dans 10 ans ? Surtout que l’on sait bien qu’à partir de 50 ans, le marché du travail n’est pas optimal. Cela va conduire à une plus grande précarité encore. »

Des manifestants qui nous certifiaient qu’ils étaient prêts à revenir pour ne « pas de laisser bouffer sans rien faire ». Nul doute qu’ils seront présents le 31 janvier prochain, date de la nouvelle journée de mobilisation intersyndicale.

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