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La Métropole va-t-elle basculer à gauche ?

Les élections municipales ayant rendu leur verdict dans les 22 communes qui composent Tours Métropole, les femmes et hommes figurant sur la liste des 87 conseillers métropolitains élus jouent désormais le fameux « 3e tour » qui doit déterminer celle ou celui qui doit présider à l’intercommunalité dans les 6 prochaines années.  

Ces derniers jours, les discussions s’activent en coulisses et les calculatrices sont de sorties. Car l’équilibre politique de la métropole n’est pas clairement défini à l’issue des élections municipales dans les 22 communes qui la composent. L’élection de la liste d’Emmanuel Denis à Tours pourrait en effet faire basculer l’intercommunalité avec 29 élus communautaires. 29 élus qui viennent s’ajouter aux autres élus de gauche. Selon les calculs faits, la gauche devient majoritaire. Sur 87 élus, on compte une fourchette allant de 44 à 46 élus de sensibilité de gauche, la difficulté d’un comptage précis reposant sur le positionnement des maires des petites communes non encartés et/ou politisés.

Tours peut-elle récupérer la présidence ?

Ce basculement politique de la Métropole pourrait avoir son importance. Car c’est devenu un secret de polichinelle, plusieurs élus de gauche ont manifesté ces derniers mois une volonté de revoir le fonctionnement actuel de l’institution et reprendre la gestion de l’intercommunalité. Parmi les prétendants à la présidence, on retrouve Jean-Patrick Gille, l’ancien député, élu à Tours sur la liste d’Emmanuel Denis, qui a fait part de son intérêt pour le poste. A moins que l’on assiste à une candidature d’un écologiste tourangeau ? On pense dès lors à Christophe Boulanger que l’on a vu près d’Emmanuel Denis au long de la soirée de dimanche. Ce dernier a pour lui l’expérience politique en tant qu’ancien conseiller général et également une image d’un homme politique consensuel.

Emmanuel Denis et Christophe Boulanger dimanche soir.

Oui mais les autres communes laisseront elles la présidence à Tours ? Pas sûr. La mandature 2014-2020 a créé un précédent en instaurant une dualité entre la ville-centre et une Métropole venant d’une autre commune, ce qui a renforcé l’appétence des villes voisines dans leur volonté de ne pas se laisser dicter les choses par la grande sœur tourangelle.

C’est pourquoi la recherche de maintien des équilibres établis pourrait amener le maire de La Riche Wilfried Schwartz à devenir président, ce dernier n’ayant jamais réellement caché ses ambitions. Autres personnalités parfois citées car jugées moins clivantes que le maire de La Riche : celui de Chambray-lès-Tours Christian Gatard ou encore son adjoint Didier Vallée qui a pour lui l’argument de venir d’EELV, comme le nouveau maire de Tours, avec qui il a composé un binôme important durant la mandature précédente… Ces trois derniers ont également l’avantage d’avoir passé le dernier mandat en se glissant dans le consensus général et peuvent donc se montrer rassurants pour les élus de droite mais aussi pour les élus des plus petites communes qui pourraient voir d’un mauvais œil un chamboulement dans le fonctionnement de l’intercommunalité.

Car même avec une majorité d’élus sur le papier la gauche locale n’est pas assurée d’avoir les coudées franches. Surtout qu’il n’est pas garanti que tous aient les mêmes intérêts et donc votent unanimement pour une ou un président. Les ambitions des uns et des autres pourraient également devenir autant de grains de sable pour une éventuelle union. La droite et ceux voulant garder les équilibres actuels peuvent-ils dès lors en profiter ? Pour cela ils devront présenter une candidature suffisamment forte pour fédérer. Évidemment, le nom qui ressort est celui de Philippe Briand, l’actuel président. Oui, mais il se murmure que ce dernier ne souhaiterait prolonger sa présidence qu’en cas d’une large adhésion à celle-ci, peu désireux de ferrailler pour son dernier mandat d’élu local, puisqu’il a annoncé qu’il ne se représenterait pas en 2026 dans sa commune de Saint-Cyr-sur-Loire…

Tout dépendra donc du choix des élus métropolitains : maintien de la concorde territoriale actuelle avec ses limites comme le saupoudrage financier pour convenir à toutes les communes ou nouvelle vision avec un projet de territoire  plus global mais à l’orientation politique plus affirmée…

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